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Ma famille, ma communauté se déploie dans la MRC de Montcalm

Philippe Ethier; Alexandra Hébert, spécialiste en activité clinique pour Ma famille, ma communauté; Isabelle Sawyer; Kim Aubin; Éric Richard; les animatrices pour l’Association Carrefour Famille Montcalm Valérie Martin et Vanessa Crousset-Tremblay, ainsi que Samantha Hébert. (Photo Médialo – Jason Joly)
Philippe Ethier; Alexandra Hébert, spécialiste en activité clinique pour Ma famille, ma communauté; Isabelle Sawyer; Kim Aubin; Éric Richard; les animatrices pour l’Association Carrefour Famille Montcalm Valérie Martin et Vanessa Crousset-Tremblay, ainsi que Samantha Hébert. (Photo Médialo – Jason Joly)

Prenant exemple sur celles de Joliette et de la Matawinie, la MRC de Montcalm a déployé le programme Ma famille, ma communauté sur son territoire. Cette initiative vise à soutenir les familles qui vivent des situations difficiles en mobilisant différents partenaires afin de trouver collectivement la meilleure solution pour le bien des enfants.

Piloté par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière, Ma famille, ma communauté met un point d’honneur à créer un filet social autour de jeunes, âgés de 0 à 17 ans, qui font face à diverses problématiques, qu’il s’agisse de négligence, d’abus physiques ou sexuels ainsi que de troubles du comportement. Le programme s’adresse donc à des enfants qui sont à risque de placements, soit d’être retirés de leur milieu parental. Le président-directeur général du CISSS de Lanaudière, Philippe Éthier, évoque que l’initiative a été pensée pour réduire le plus possible ces interventions : « Les placements sont des mesures d’exception que nous voulons garder exceptionnelles. »

Le programme consiste en des discussions réunissant les membres de la famille et des représentants de la communauté au sein d’une procédure appelée un processus décisionnel en équipe (PDÉ). Ces rencontres sont qualifiées par la coordonnatrice régionale du projet, Isabelle Sawyer, comme le « cœur » de Ma famille, ma communauté et permettent à toutes les personnes autour de la table de commenter et d’analyser les options possibles pour déterminer le milieu de vie à favoriser pour l’enfant. « C’est en groupe que l’on peut trouver les meilleures solutions », soutient Mme Sawyer. Cette dernière note des retombées positives des PDÉ : « Une rencontre réussie pour les parents est de se sentir écoutés et respectés. Ils ont l’impression d’avoir fait partie de la décision. » La coordonnatrice remarque même que cette approche aide parfois à renforcer les liens familiaux.

Ainsi, avec les efforts de chacun, des procédures peuvent être entreprises dans le but de garder le jeune dans son milieu de vie. Même si cette option n’est pas toujours possible, une attention sera portée afin de permettre à l’enfant d’être pris en charge par d’autres membres de sa famille ou par des voisins, évitant un déracinement de sa communauté.

Les résultats du projet sont d’ailleurs très encourageants selon l’équipe en place alors que 139 enfants ont jusqu’à présent été accompagnés à l’échelle de la région. Entre avril 2024 et mars 2026, ce sont 78 jeunes qui ont été maintenus dans leur milieu. En revanche, Isabelle Sawyer confie qu’il lui est pour l’instant impossible de fournir les chiffres précis pour Montcalm alors que la démarche est encore trop récente.

Expériences marquantes

Des personnes issues de différents milieux ou ressources sont appelées à prendre part aux PDÉ. Peu importe leur provenance, l’avis des intervenants est unanime : il s’agit d’une expérience marquante. Éric Richard raconte avoir lui-même assisté à une telle rencontre au cours de ses premières journées en tant que Directeur de la protection de la jeunesse et directeur provincial pour le CISSS de Lanaudière. « Avoir la chance de participer à cette démarche, c’est l’adopter », reconnait-il.

Bien qu’elle n’ait pas eu l’occasion de collaborer à un PDÉ, Samantha Hébert, de Réussite Éducative Montcalm, indique que son organisme et elle approuvent totalement cette approche. « C’est un programme qui répond à un besoin essentiel pour nous, qui est d’entourer les enfants et leur famille dans des moments fragiles. » Selon Mme Hébert, le programme aide à créer un « cercle de bienveillance » et contribue à unir les forces des ressources pour faire une différence dans la vie du jeune. « On dit qu’il faut un village pour élever un enfant, alors s’impliquer montre que nous avons tous un rôle à jouer », ajoute l’intervenante.

De son côté, Kim Aubin, qui fait partie de l’équipe de l’Association Carrefour Famille Montcalm, a collaboré à un processus décisionnel en équipe. Elle souhaite que tous puissent vivre cette expérience afin de voir les actions concrètes qui en résultent. « Parfois, en tant qu’intervenants, nous devons faire des choses qui ne sont pas toujours plaisantes comme des signalements, mais, de cette façon, nous nous assoyons vraiment avec la famille et nous nous sentons impliqués », relate-t-elle. Elle reconnait que les parents sont parfois hésitants à participer à la démarche, mais qu’ils sont ensuite agréablement surpris et soulagés de constater toutes les ressources mobilisées pour apporter leur support.

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