Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique Rabaischocs.com

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Sports

Retour

18 décembre 2019

Mélissa Blouin - mblouin@lexismedia.ca

Développer la confiance et l’estime des jeunes par la boxe

Ariane Fortin forme des enseignants lanaudois

Box'éduc

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Une dizaine d’enseignants ont participé à la formation.

Une dizaine d'enseignants d’éducation physique, du primaire et du secondaire, de la Commission scolaire des Samares se sont rassemblés à Barthélemy-Joliette afin d’assister à une formation donnée par la double championne du monde en boxe, Ariane Fortin. Cette dernière a récemment mis sur pied Box’éduc, le seul programme de boxe au Québec conçu selon les exigences du ministère de l’Éducation. 

«Souvent, quand on parle de boxe, les gens ont peur, mais les jeunes ne se frappent pas et n’en viendront pas au combat», a précisé celle qui a représenté le Canada aux Jeux olympiques de Rio. L’objectif est plutôt que les jeunes apprennent les mouvements, et qu’ils tirent les bienfaits que ce sport peut amener.  

«Quand tu fais de la boxe, ça vient chercher quelque chose d’inexplicable en toi qui te donne un grand sentiment de pouvoir. Ça amène de la confiance en soi, de l’estime, de la concentration et ça permet de se défouler et de se dépenser.» Elle a ajouté que cela demande un grand travail mental et que les jeunes distinguent très rapidement l’agressivité de la combativité.  

Que ce soit en raison de préjugés ou par manque de formation et de matériel, peu d’écoles incluent ce sport à leur cours, mais les professeurs présents à la formation étaient bien déterminés à remédier à ce manque.  

« L’objectif est de faire découvrir de nouvelles choses à nos étudiants et je crois que cela aidera à développer leur coordination. De plus, ça ne demande pas beaucoup de matériel», a mentionné l’enseignante au primaire à Rawdon, Agathe Pagé.   

En effet, le programme a été bâti pour qu’un minimum de matériel soit nécessaire, mais aussi pour outiller les professeurs qui ne connaissent rien du tout à la boxe. « Il y a des tutoriels, où des athlètes de l’équipe nationale montrent bien l’exécution des mouvements, un plan de cours sur neuf séances, un cahier de l’élève et une grille d’évaluation selon les compétences du ministère, c’est vraiment un clé en main», a ajouté Ariane Fortin.    

C’est aussi une façon pour cette dernière de transmettre la passion de son sport et de le faire connaître. « Souvent, les gymnastes super athlétiques elles trippent au bout avec la boxe, mais elles n’auraient peut-être pas été portées à aller vers ce sport s’il n’avait pas été dans le plan de cours. C’est ça le rôle d’un prof d’éduc, ce n’est pas d’être un expert dans tout, mais de faire expérimenter plusieurs sports. »  

De son côté, Marc Lauzon, enseignant au primaire à Saint-Esprit et à Sainte-Marie-Salomé, trouvait important de connaître les bonnes techniques avant d’enseigner ce sport et c’est pourquoi il s’est inscrit à la formation. «Il ne s’en donne pas vraiment dans mon coin et je crois que cette activité va permettre à des jeunes qui ont des niveaux de colère qui montent très rapidement de dépenser sainement cette énergie en trop. » 

Comme évaluation, les jeunes devront élaborer une combinaison de trois coups de poing incluant un mouvement défensif et l’enchainer de façon fluide.   

Ariane Fortin

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

La double championne du monde en boxe Ariane Fortin.

Une transition difficile 

Le programme Box’éduc est tout nouveau, il s’agit de la troisième année qu’il est présenté au congrès de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FÉÉPEQ). Ariane Fortin a profité de sa retraite, après 16 ans sur le circuit, pour cofonder ce programme avec l’étudiant en enseignement de l’éducation physique Antonin Chevalier et l’enseignante en éducation physique Virginie Bacon-Thibeault.  

«Ce que j’aime, c’est le haut niveau, l’aspect psychologique et les stratégies. Je n’aurais jamais pensé travailler dans la boxe récréative, mais quand je vois l’impact que cela a chez les jeunes et que certains reprennent confiance en eux je me dis wow! C’est vraiment gratifiant», a expliqué Ariane Fortin.  

Elle a ajouté que la retraite est toujours très difficile pour les athlètes de haut niveau, qu’il s’agit d’une restructuration complète du rythme de vie et que cela demande beaucoup de travail sur soi. « Tu perds une partie de ton identité, mais le fait de trouver ce programme-là et de sentir que je faisais une différence a tout changé. » 

De plus, elle trouve agréable de pouvoir travailler avec la crème des professeurs d’éducation physique, puisque ceux qui s’inscrivent à la formation sont toujours les plus ouverts et les plus motivés. Il s’agissait de la première fois qu’elle donnait une formation au sein de la Commission scolaire des Samares et elle mentionne que c’est en grande partie grâce au conseiller pédagogique Jean-Maxime Robillard que cela a eu lieu.    

« Dès qu’il a entendu parler de Box’éduc il a embarqué tout de suite et a envoyé l’invitation à toutes les écoles. Il était super motivé et ouvert. » 

L’année dernière, elle a donné sept formations à travers le Québec et a rejoint 55 enseignants. Cette année, elle en est déjà à sa sixième. «De pouvoir partager cette passion et de vivre encore d’elle, c’est juste tellement positif. » 

Box'éduc

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web Joliette - Caméléon Média