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17 septembre 2019

Steven Lafortune - slafortune@lexismedia.ca

Grève rotative pour les chauffeurs de Taxi Monaco

Taxi Monaco

©(Photo L'Action - Steven Lafortune)

Plusieurs chauffeurs de taxi ont manifesté le lundi 9 septembre concernant la loi 17.

TAXI. L’industrie du taxi vit de grands chamboulements avec l’annonce du projet de loi 17 sur le transport rémunéré de personnes par automobile. La situation inquiète, mais le vice-président de Taxi Monaco, Dhaou Messaieb, estime qu’il a espoir de voir le conflit se régler, tout en se demandant ce qui va se passer si elle plonge dans une autre période creuse.

L’un des points centraux de ce litige se trouve au niveau du permis. Pour la majorité des chauffeurs, celui-ci était leur plan de retraite. Toutefois, l’arrivée du projet de loi 17 a changé leur futur. 

« Auparavant, on pouvait prendre une hypothèque, parce que le permis avait une valeur, explique-t-il. Plusieurs sont sous le choc de savoir que maintenant, malgré toutes ces années de travail, il ne vaut plus rien. »  

Le gouvernement s’est engagé à verser des compensations financières aux chauffeurs, mais selon son mode de remboursement, cela pourrait prendre du temps. « Si par exemple le gouvernement décide de donner 1 $ la course, cela va prendre combien de courses avant d’être payé ? », s’enquit-il. 

Il ajoute que la méthode de paiement pourrait avoir une incidence importante. « Il y a une différence entre être payé à la course et recevoir un montant. Avec ce dernier, tu peux faire de la planification, rembourser ton permis… si on me donne 1 $ pour chaque course jusqu’à une certaine somme, je vais le dépenser. » 

La problématique Uber 

Outre la valeur du permis qui a chuté de manière drastique, les applications de compagnies de transport sont également un point litigieux. De ce qu’il a compris, la loi 17 donnera la possibilité à n’importe quelle personne de s’improviser chauffeur de taxi.  

Avec l’arrivée d’applications telles que Uber et Lyft, elles scinderont les revenus des utilisateurs. « On peut se ramasser demain avec 200 taxis dans Joliette. À long terme, ces 200 chauffeurs se partageront l’argent des 30 taxis habituels », explique Dhaou Messaieb. 

D’ailleurs, ces applications dénaturent la relation avec le client. « Les chauffeurs de taxi se sentent privilégiés de servir la population. Ils le font avec une approche professionnelle. C’est vraiment un métier, un mode de vie. Les applications n’ont pas cette approche humaine; elles n’ont pas d’obligation envers le client, elles ont simplement besoin de l’amener à une destination », fait-il savoir. 

Et l’avenir? 

Dhaou Messaieb ne s’en cache pas : l’avenir est inquiétant. Alors que l’incertitude plane toujours au-dessus de leur tête, les enjeux vont au-delà de leur profession. 

« Les gens sont tannés. Le jour où les négociations seront fermées et que nous n’aurons pas le choix d’accepter les termes, je ne sais pas ce qui va arriver. C’est beaucoup d’argent et de familles sur la table, » confie-t-il. 

À ses yeux, l’industrie devrait être davantage respectée. « C’est un métier comme un autre, au même titre qu’un médecin. Je ne prodiguerai pas des cours pour concurrencer un enseignant, alors pourquoi des gens qui ont déjà un emploi décident de faire 2-3 heures de Uber pour passer leur soirée ? Il y a des gens que c’est leur métier et ils aiment ça. » 

Selon lui, ces nouvelles mesures mises en place viennent protéger les intérêts d’une entité. « Cela vaut-il davantage que toutes les familles des chauffeurs ? Quand les règlements changent au profit d’autres, c’est au départ pour le bien de quelqu’un. C’est soit pour ceux qui en bénéficient, c’est-à-dire nous, soit c’est pour une autre personne » poursuit-il. 

Au fil des ans, l’industrie s’est modernisée en raison des demandes de la population ainsi que du gouvernement. Elle a intégré le paiement par carte ainsi que les GPS. « On parle souvent du taxi comme traditionnel, mais un traditionnel démodé, appartenant au passé. Si on ne respecte pas les traditions, il n’y a pas de futur. » 

En plus d’une grève de deux heures le lundi 9 septembre dernier, le vice-président de Taxi Monaco a laissé entendre que d’autres grèves seront prévues selon un horaire rotatif. Il conclut en indiquant que la population sera mise au courant en temps et lieu. 

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