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23 juillet 2019

Mélissa Blouin - mblouin@lexismedia.ca

Ils s’investissent pour des fonds marins moins pollués

Deux scaphandriers développent une expertise unique

LVL Marine

©(Photo gracieuseté)

PLONGÉE. Le Joliettain Louis-Philippe Lizée et son partenaire d’affaires Laurence Vinet-Lavoie ont créé LVL Marine. Une entreprise qui se spécialise en travaux immergés et qui se démarque par le désir de ses fondateurs de s’investir dans la pêche expérimentale afin que les fonds marins soient moins pollués et que la vie puisse y persister. Ils sont sur le point de développer une expertise unique au Québec.    

En effet, ils souhaitent accompagner les pêcheurs de concombres de mer vers une transition écoresponsable, puisque leur méthode actuelle est destructive. « La seule façon que cette pêche se faisait, c’était à la drague. C’est un gros filet super destructeur qui entre dans le sol et qui enlève tout sur son passage», a expliqué Louis-Philippe.  

Quand lui et Laurence ont fait de la plongée sportive dans la Baie-des-Chaleurs, ils ont pu constater les dégâts que cette pratique cause. « Notre ami biologiste nous a dit qu’ici, c’était une forêt aquatique il y a environ vingt ans. Nous avions du mal à le croire, car tout était mort, c’était un désert sous-marin. Les fonds marins sont tellement pollués, mais personne ne le voit», a déploré Laurence.  

Les entrepreneurs ont expliqué que peu à peu, le ministère des Pêches et Océans (MPO) oblige ceux qui ont un permis de pêche à la drague à engager des plongeurs comme alternative. « Avec la drague, tu détruis l’habitat et ça ne se régénère pas, tandis qu’un plongeur prend les concombres de mer et c’est tout, il ne détruit rien. » 

Afin de gérer cette pratique expérimentale, certains pêcheurs étaient à la recherche d’un chargé de projet et c’est le rôle que les deux scaphandriers veulent endosser. Ils sont partis le 8 juillet vers la Gaspésie pour effectuer leur tout premier contrat. Ils prendront en charge le projet et rempliront tous les rapports en plus de diriger l’équipe de plongée.  

« Notre objectif est de prouver au MPO que son projet de pêche en plongée est rentable et d’inciter d’autres clients à faire la transition. Plusieurs n’osent pas l’essayer, parce qu’ils ne savent pas comment s’y prendre, mais en voyant qu’il y a une compagnie qui a l’expertise pour prendre le projet en charge ça va peut-être les encourager. » 

Les jeunes entrepreneurs sont conscients que la pêche à la drague ne sera pas totalement éradiquée, car l’industrie est trop établie, mais souhaitent que le MPO baisse le quota à la drague et monte celui à la plongée pour répandre la pratique et sauver la vie marine. 

« Nous sommes vraiment les seuls qui se spécialisent dans la pêche scientifique, nous sommes en train de développer une expertise qui n’existe pas au Québec, les autres compagnies ne font que du commercial et je crois que ça sera vraiment long avant qu’il y ait quelqu’un d’autre qui se lance dans cette branche. »  

Ils ajoutent qu’il est important pour les pêcheurs de faire affaire avec des professionnels et non des amateurs de plongée pour ce type de projet. « Quand on plonge trop souvent, trop profondément avec de l’air normal, comme il y a beaucoup d’azote, ça devient très dangereux, voire mortel.» Les scaphandriers s’occuperont donc aussi de faire des mélanges et d’ajouter de l’oxygène dans l’air pour rendre la pratique sécuritaire.   

LVL Marine

©(Photo gracieuseté)

Un métier particulier 

La pêche scientifique n’est que l’un des volets de l’entreprise LVL Marine qui fera également de la plongée commerciale et qui pourra toucher à tout ce qui se passe sous l’eau, « ça peut vraiment aller de la construction à la transplantation d’algues!» 

L’entreprise peut réaliser des inspections, remplacer de l’équipement et pourra même faire de la construction dès la saison prochaine selon les objectifs des scaphandriers. La compagnie est présentement incorporée et en revenant de leur premier contrat, les entrepreneurs monteront leur unité mobile de plongée. 

Au Québec, environ une dizaine d’entreprises font de la plongée commerciale et la demande est très grande. Une équipe de plongée comporte quatre scaphandriers, mais un seul est sous l’eau. Laurence et Louis-Philippe travailleront sur leurs contrats, ils n’auront donc qu’à trouver deux autres employés, ce qui devrait être assez simple puisqu’ils connaissent la majorité des quelque 120 scaphandriers du Québec.  

Ils concèdent que c’est un métier qui comporte plusieurs risques, mais assurent que la profession est tellement réglementée que les accidents graves arrivent très rarement. Un seul accident mortel serait arrivé depuis 20 ans en plongée commerciale au Québec.  

Malgré tout, le métier vient avec des difficultés. « Il y a tellement de stimulis sous l’eau et tu dois oublier qu’il y a de l’eau dans ton casque, que tu ne sens plus ton pied, que tu as froid ou que ça te pique! En plus, tu ne vois pas vraiment ce que tu fais», a rigolé Laurence en se souvenant d’un chantier où il ne voyait même pas sa main.  

« Un plongeur sportif flotte, ne touche à rien, est calme, mais nous on fait du soudage, on coule du béton ou on en détruit avec des barrières anti-sédiments autour. On ne peut pas faire attention et ne pas trop brasser l’eau pour pouvoir voir, sinon on ne réussira jamais à travailler», a complété Louis-Philippe.  

De plus, avec leur casque, les scaphandriers ont tellement une vision tunnel qu’une simple tâche peut devenir complexe. « Poser un 2x4 en surface, c’est facile, mais dans l’eau tu n’as pas de vue d’ensemble. Tu vois un bout et après tu vois l’autre bout. Tu penses qu’il est droit et finalement il est tout croche, ça peut te prendre une heure pour réussir! C’est ce qui fait qu’on aime ça, c’est le challenge et c’est tellement un beau feeling d’être dans l’eau, c’est vraiment le fun comme job!» 

LVL Marine

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Louis-Philippe Lizée et Laurence Vinet-Lavoie.

Création d’entreprise 

Laurence Vinet-Lavoie, 29 ans, et Louis-Philippe Lizée, 25 ans, se sont rencontrés quand ils ont commencé leur cours de scaphandrier à l’Institut maritime du Québec (IMQ). Par la suite, tous les deux ont travaillé dans des volets très différents, Laurence a fait davantage de la construction et Louis-Philippe de l’inspection et de la pêche scientifique. C’est l’été dernier que l’idée de créer leur compagnie a germé dans leur esprit. « On s’est dit s’il y a des entreprises qui réussissent même avec des façons de faire super désuètes, pourquoi nous on ne serait pas capables ?» Après plusieurs démarches, la compagnie a été incorporée le 14 novembre 2018. «C’est comme dans un couple, la communication c’est la clé», a rigolé Louis-Philippe. Même si certaines journées sont plus difficiles, les entrepreneurs ne regrettent en rien leur choix. Ils ont d’ailleurs été récompensés pour leurs efforts lors du gala national du Défi OSEntreprendre, où ils ont remporté le deuxième prix de la catégorie Services aux entreprises et étaient en nomination pour le grand prix national de l'entrepreneuriat jeunesse. 

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