Vox pop : Le rêve de devenir propriétaire s’éloigne pour plusieurs jeunes de Lanaudière

(Photo Adobe Stock)
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Par Émile Beauséjour

Devenir propriétaire demeure un objectif pour plusieurs jeunes adultes de Lanaudière, mais l’accès à une première maison semble de plus en plus difficile. Entre la hausse du prix des habitations et du coût de la vie, plusieurs estiment que le rêve de la propriété est moins accessible qu’il ne l’était pour les générations précédentes.

Un vox pop réalisé à Joliette auprès de personnes de la région révèle d’ailleurs un constat largement partagé : acheter une première maison est encore possible, mais les obstacles sont nombreux.

« Oui, mais c’est beaucoup plus difficile qu’avant. Il faut souvent acheter en couple parce qu’avec un seul revenu, les prix sont trop élevés », affirme Mathieu, 27 ans, de Joliette. Un avis qui rejoint celui de plusieurs répondants. Comme pour Sarah, 26 ans, de Notre-Dame-des-Prairies, la situation est encore plus préoccupante. « Même avec un emploi à temps plein, les maisons coûtent tellement cher que ça semble hors de prix », soutient-elle.

Ces impressions s’inscrivent dans une réalité observée à l’échelle provinciale. Selon l’Observatoire du développement économique du Québec, le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec se situait autour de 485 000 $ au premier trimestre de 2025, une hausse d’environ 10 % par rapport à l’année précédente. Dans Lanaudière, la progression des prix suit également cette tendance qui ne fait que monter.

Cette réalité n’échappe pas aux générations plus âgées. Rencontré au centre-ville de Joliette, un homme de 63 ans estime que les jeunes font face à un marché beaucoup plus difficile que celui qu’il a connu. Selon lui, les prix des maisons ont augmenté à un rythme qui dépasse largement celui des salaires, ce qui rend l’accès à la propriété plus complexe pour les premiers acheteurs d’aujourd’hui.

Au-delà du coût, plusieurs jeunes soulignent les difficultés liées à l’épargne. Pour certains, accumuler assez pour une mise de fonds représente un défi majeur. « Réussir à économiser plusieurs dizaines de milliers de dollars, c’est vraiment le plus gros défi », explique Mathieu.

D’autres pointent plutôt du doigt l’ensemble des dépenses du quotidien. « Quand tu paies déjà le loyer, l’épicerie et l’essence, il reste peu d’argent pour épargner », fait remarquer Émilie, 32 ans, de Rawdon. Selon elle, accéder à la propriété demande aujourd’hui beaucoup plus de planification qu’à l’époque de ses parents.

Certains demeurent néanmoins optimistes. Alexandre, rencontré près des Galeries Joliette, croit qu’il est encore possible d’acheter une maison à condition d’accepter certains compromis. « Souvent, il faut acheter plus loin ou choisir une maison plus petite que ce qu’on souhaitait », dit-il.

Si les réalités diffèrent d’une personne à l’autre, les témoignages recueillis à Joliette démontrent bien que l’accès à une première propriété demeure une préoccupation réelle pour plusieurs jeunes adultes partout au Québec. Pour beaucoup, devenir propriétaire reste un objectif important pour s’épanouir dans leur vie, mais il s’agit maintenant d’un but qui semble demander davantage de temps, d’épargne et de compromis que pour les générations précédentes.

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