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01 janvier 2021

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

Joyce Echaquan et la redécouverte de la difficile réalité autochtone

Actualité

Joyce Echaquan

©(Photo - gracieuseté) - L'Action

Joyce Echaquan.

Le décès tragique de Joyce Echaquan a marqué les esprits dans les derniers mois de 2020. Dépassant les frontières de la région et ayant résonné à l’échelle du pays, la mort de cette mère de famille originaire de Manawan, dont les derniers instants ont été captés sur vidéo, a remis à l’avant-plan le racisme et la discrimination dont sont trop souvent victimes les Autochtones. Présent auprès de la famille de Joyce, le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) fut le pilier de la vaste mobilisation citoyenne qui a suivi cette tragédie. C’est pourquoi ils furent choisis personnalités de l’année 2020 de L’Action.  

Décédée dans des circonstances nébuleuses le 28 septembre dernier au CHDL à Joliette et victime d’insultes à caractère raciste par des membres du personnel de l’hôpital peu de temps avant sa mort, Joyce Echaquan est apparue à l’automne 2020 comme le symbole du racisme systémique vécu par les Autochtones dans leurs relations avec l’État et plus particulièrement dans la prestation des services de santé. Cette tragédie a également réveillé de sombres souvenirs vécus par de nombreux Atikamekw lors de leur passage au CHDL. Ces témoignages, dont plusieurs étaient déjà documentés dans le rapport de la Commission Viens, ont mis en lumière de nombreux cas de discrimination dont sont victimes les Atikamekw dans leurs relations avec le CISSS de Lanaudière.  

Cette tragédie a profondément ébranlé les colonnes du temple en poussant de nombreux acteurs sociaux et politiques, dont le maire de Joliette, Alain Beaudry, à se positionner ou à clarifier leur perception à l’égard de la présence du racisme dans la région. Plus directement, elle a entraîné le départ de PDG du CISSS de Lanaudière, Daniel Castonguay, et forcé l’institution à revoir son approche et la formation de son personnel à l’égard de la communauté atikamekw. Elle fut également le catalyseur d’une volonté de la Nation atikamekw d’affirmer le droit pour les membres de la communauté à recevoir des services équitables dans le milieu de la santé avec la création du Principe de Joyce.  

Pour beaucoup de non autochtones, cet événement a également amené une vive prise de conscience sur les réalités quotidiennes vécues par cette communauté.  

Continuer de porter la voix de Joyce  

Pour Jennifer Brazeau, directrice du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière, cet événement a démontré toute la violence du racisme où on enlève à une personne toute son humanité. Selon elle, il est important que cette tragédie ne soit pas survenue en vain et il est primordial de maintenir vivante la mémoire, mais également la voix de Joyce Echaquan. « Sa voix et sa détresse resteront gravées dans ma mémoire. Joyce a eu le courage, quelques heures avant sa mort, de dénoncer ce qu’elle vivait et de le partager. Ça serait justement une insulte à sa mémoire que de ne pas porter sa voix et de ne pas la garder vivante », souligne-t-elle. Bien que la notion de racisme systémique ne soit toujours pas reconnue officiellement par Québec, Mme Brazeau se dit confiante pour la suite des choses et constate une évolution positive sur la question au cours des derniers mois où de nombreux élus et acteurs de la société ont dénoncé et reconnu la gravité de la situation. Selon elle, la mort de Joyce a eu pour effet de raviver l’intérêt des gens pour la question du racisme et de pousser de nombreuses personnes à s’éduquer sur cet enjeu. « L’enjeu du racisme est pris de plus en plus au sérieux et j’ai l’espoir qu’on va pouvoir avancer. » 

Paul-Émile Ottawa, chef de la Communauté Atikamekw de Manawan, qui dit garder de Joyce le souvenir d’une femme enjouée et aimante de ses enfants, estime qu’elle représente le symbole de la lutte au racisme, mais également celui de la réconciliation. « J’ai beaucoup écouté et parlé avec Carol Dubé (conjoint de Joyce) et il ne souhaite pas dépenser ses énergies à des choses négatives. Il souhaite passer à autre chose, même si c'est très difficile, et se concentrer sur ses enfants, mais bien sûr, c’est un long processus de guérison. » M. Ottawa souligne également qu’au-delà des événements tragiques de septembre, dans le contexte de la pandémie, la majorité du personnel du CHDL fait un travail exceptionnel. 

Jennifer Brazeau

©(Photo Christian Belhumeur-Gross) - L'Action

Jennifer Brazeau, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière

Le Centre d’amitié autochtone : un moteur d’initiatives 

Parallèlement à Joyce Echaquan, L’Action a également choisi de reconnaître les réalisations et l’implication sociale du Centre d’amitié autochtone au cours de la dernière année. En plus d’avoir été l’élément central de la mobilisation populaire à l’échelle de la région suite aux événements de septembre dernier, dont l’instigateur de la vigie en l’honneur de Joyce devant le CHDL, l’organisme situé à Joliette et qui soulignera l’an prochain ses 20 ans a mis de l’avant de nombreuses initiatives visant à offrir des services aux Autochtones vivant hors réserve, à valoriser la culture des Premières Nations et à lutter contre le racisme et la discrimination.  

Parmi ses réalisations, le Centre d’amitié autochtone a mis de l’avant un projet de clinique de proximité fondée sur une approche holistique et respectueuse des coutumes et des traditions autochtones. Située dans les locaux de l’organisme et avec peu de moyens et des ressources humaines limitées, la clinique a ouvert ses portes en octobre dernier, un mois après le décès de Mme Echaquan. Selon Mme Brazeau, ce projet a permis d’offrir aux Autochtones de la région un espace de services de santé sécuritaires.  

Finalistes 

Mobilisation Matawinie 

La gestion du territoire forestier en Haute Matawinie a retenu l’attention de l’actualité cette année. Ce printemps, un groupe de citoyens inquiets par les planifications de coupes forestières dans le nord de la région se sont regroupés et ont formé le mouvement Mobilisation Matawinie. Durant l’été et l’automne, ce groupe a organisé plusieurs manifestations à Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints afin de réclamer la protection de certains territoires et écosystèmes, la mise en place d’une gestion durable des Forêts et également une meilleure concertation avec la communauté autochtone de Manawan. Les actions de Mobilisation Matawinie ont favorisé une remise en question de la gestion forestière et de la valorisation des écosystèmes chez de nombreux acteurs politiques et économiques de la région.  

Mobilisation Matawinie

©Photo gracieuseté - Jessica Lambert - L'Action

Des participants à une manifestation de Mobilisation Matawinie en juin dernier

École secondaire l'Érablière

©(Photo - gracieuseté) - L'Action

L’École secondaire l’Érablière a reçu 20 000$ de la part de Bureau en Gros.

L’École secondaire l’Érablière 

Cette année, l’école secondaire de Saint-Félix-de-Valois s’est démarquée par ses initiatives écoresponsables et s’est vu remettre une bourse de 20 000$ pour l’achat de matériel technologique. L’Érablière a fait partie des 10 écoles choisies au Canada par Bureau en Gros dans le cadre de son concours Donne des Supers pouvoirs à ton école qui vise à récompenser les établissements scolaires qui font leur part en matière d’environnement. L’école s’est démarquée par diverses initiatives mises de l’avant par les élèves du programme POM, dont l’installation de poubelles « 3 voies » (déchets, recyclage, compost), la mise sur pied d’un projet d’entrepreneuriat ayant comme objectif de créer et de vendre des produits ménagers naturels bons pour l’environnement ainsi que les démarches étudiantes auprès de municipalités de la région afin qu’elles deviennent des communautés bleues.  

Julie Gagnon 

Étudiante en soins infirmiers, Julie Gagnon s’est fait connaître le printemps dernier par sa volonté de faire bouger les choses. La résidente de Saint-Jacques, qui était en voie de compléter ses études au Centre d’excellence en Santé à Joliette, est sortie sur la place publique afin de demander la reprise des cours et surtout, la reconnaissance du travail effectuer par les étudiants dans le milieu hospitalier dans le cadre de la pandémie. Alors que sa formation était complétée à près de 70% au moment où la pandémie a commencé, elle a vu sa diplomation être retardée vu la suspension des cours. Alors que l’enseignement dans la formation professionnelle a repris graduellement au printemps, la formation en santé a été reportée en septembre alors qu’étudiants et enseignants étaient déployés dans le réseau de la santé. Irritée par la situation, Mme Gagnon a formé un regroupement et lancé une pétition réclamant un plan de relance de la formation afin de permettre la diplomation de sa cohorte et surtout, la reconnaissance académique des heures de travail effectué par les étudiants dans le réseau. La sortie de Mme Gagnon a attiré l’attention de la députée de Joliette, Véronique Hivon, et du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge qui s’est alors montré ouvert à la reprise de la formation.  

Julie Gagnon

©Photo gracieuseté - L'Action

Julie Gagnon.

Commentaires

2 janvier 2021

George henry

Ben oui pis il va y avoir autant d'indien sur la go a Joliette. J'ai quitté Arthur normand a cause des indiens sur la brosse. Il ne savent pas vivre et ce n'est pas du racisme.

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