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01 janvier 2019

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

Nathalie Coutu et la Coop Mobile : le combat pour la sauvegarde du Paradis Mobile

ACTUALITÉ. Pour les résidents du mythique Paradis Mobile à Notre-Dame-de-Lourdes, 2018 marque la conclusion heureuse de plusieurs années de combat pour conserver leur maison et leur milieu de vie. Nathalie Coutu, l’un des piliers derrière la toute nouvelle Coop Mobile, est la personnalité de l’année de L’Action en actualité.  

En novembre dernier, la Coop Mobile, qui regroupe les résidents du parc de maisons mobiles, annonçait avoir complété les travaux de mise à niveau des installations septiques exigés par le ministère de l’Environnement et la Municipalité. Après huit ans d’incertitude, l’éviction était définitivement évitée et la pérennité de ce milieu de vie était assuré. Nathalie Coutu, résidente depuis plus de 20 ans et factrice de métier, fut une actrice majeure dans le long cheminement ayant mené au dénouement heureux de cette longue saga.  

Rappel des faits 

En 2010, l’entreprise Majori Construction de Paul Perreault, propriétaire du Paradis Mobile, est condamnée à verser 9 000$ d’amende pour non-conformité dans le traitement des eaux usées. Quelques années plus tard, en 2014, c’est la Municipalité de Notre-Dame-de-Lourdes qui poursuit l’entreprise pour des motifs similaires. Les résidents sont alors menacés d’être évincés de leurs résidences et de tout perdre.  

Face à l’incapacité financière de l’entreprise à assumer des travaux de mise à niveau et devant la possibilité grandissante d’être évincés, les résidents se sont regroupés en coopérative et ont acheté le terrain à l’hiver 2017. Une entente fut conclue avec la Municipalité et la coopérative avait jusqu’à novembre pour réaliser les travaux de conformité demandés.  

S’impliquer pour soutenir les gens d’ici 

Lorsque la coopérative fut formée en mars, Mme Coutu a tout de suite décidé de s’impliquer. « C’était important de faire quelque chose, ça faisait plusieurs années qu’on vivait du stress et qu’on ne savait pas ce qui allait se passer. On n’avait pas beaucoup d’information et on se faisait souvent dire qu’on serait évincés. Beaucoup de nos résidents sont âgés et n’ont pas nécessairement l’énergie pour s’impliquer. C’est en partie pour eux que je suis impliquée et que je m’implique encore » souligne-t-elle. Durant les huit dernières années, le stress fut d’ailleurs omniprésent pour les résidents. « Vous savez, nous n’étions pas propriétaires de nos terrains, mais seulement de notre maison. En cas d’éviction, nous perdions tout, nos maisons ne sont plus vraiment mobiles et les déplacer aurait coûté une fortune. On risquait vraiment de tout perdre », précise-t-elle. «C’était important qu’on fasse quelque chose».  

Des hauts et des bas 

L’implication de Mme Coutu ne fut pas de tout repos. C’est à titre de responsable des finances qu’elle a œuvré, avec quatre autres résidents, sur le conseil d’administration de la coop fondée en mars 2017. «Ce n’était pas facile, on devait trouver le financement pour acheter, mais aussi pour réaliser les travaux, en plus d’assurer la gestion au quotidien du terrain. On devait également rassurer les résidents et vivre avec le stress permanent. Le téléphone sonnait souvent le soir, les gens voulaient savoir où on en était, qu’est-ce qui allait se passer. Dison qu’on y a mis beaucoup de temps et d’énergie. »  

Prendre son destin en main  

Avec l’aide d’Évan Murray de la Coopérative de développement régional du Québec et de Julie Thériault, organisatrice communautaire au Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Mme Coutu et le CA de la Coop Mobile ont été aiguillés et soutenus dans les différentes démarches pour obtenir du financement et réaliser le projet de traitement des eaux usées, mais également dans la gestion au quotidien de la coopérative. Avec l’aide de ses collègues, Mme Coutu s’est d’ailleurs occupée d’une bonne partie du travail administratif et de la préparation des divers documents et demandes pour l’obtention du financement et des autorisations pour la réalisation des travaux.  

Mme Coutu souligne que les résidents ont maintenant sur les épaules plus de responsabilités, mais ils sont entièrement chez eux et l’avenir est assuré. Devenus propriétaires, les résidents ont dû d’ailleurs prendre de nombreuses décisions, parfois difficiles, comme celle de doubler les loyers afin d’assurer la viabilité financière de la coopérative. 

Malgré la fatigue et le stress, Mme Coutu ne regrette rien de son expérience. «C’était une façon pour moi de sauver ma maison, mais aussi de soutenir mes voisins. On s’est battu pour les gens d’ici, tout le monde est satisfait et je suis fière du résultat», conclut-elle.  

Chloé Toutant 

L’Action désire décerner une mention honorable à Chloé Toutant qui, à seulement 11 ans, a fait passer un règlement sur la survie des monarques. Ainsi, le 21 août, la Ville de Joliette est devenue « Ville amie des monarques » de la Fondation David Suzuki. Parmi les mesures adoptées, la Ville s’est engagée à encourager ses citoyens à planter de l’asclépiade, organiser ou soutenir une vente ou une distribution gratuite d’asclépiade et de plantes indigènes, ainsi qu’à créer un jardin de démonstration propice au monarque dans un endroit public symbolique. Rappelons que la population a chuté à un creux historique d’à peine 33,5 millions en 2013, alors que leur moyenne annuelle a été de 350 millions au cours des 15 dernières années. La Ville fait maintenant partie d’un groupe sélect de 25 villes et municipalités ayant entériné le projet. 

Julie Bertrand 

Le service de garde privé de Julie Bertrand, situé à Notre-Dame-des-Prairies, a dû fermer à la suite d'un avis du ministère de la Famille. « Notre rôle est d'accueillir les élèves le midi pour leur offrir des repas chauds et de les recevoir après les classes pour les aider avec leurs devoirs, mais le ministère de la Famille a décidé de nous imposer les mêmes normes qu'à un CPE 0-5 ans», avait déploré Mme Bertrand. Cette dernière a fait plusieurs démarches avec l'aide de la ville et de son avocat afin de se conformer, mais il s’agissait d’un investissement de plus de 100 000$. Son établissement a finalement fermé le 5 mars, puis, le 14 mars, ce sont quatre autres services de garde privés de la même ville qui ont été visités et qui ont reçu un avis de conformité menaçant ainsi de rompre la routine de 160 enfants et de leur famille. Pour avoir mené ce dossier de front, L’Action décerne une mention spéciale à Julie Bertrand.  

Alexandre Deslauriers St-Jean 

Alexandre Deslauriers St-Jean, directeur du Centre Mihawoso à Manawan, a déployé de nombreux efforts au cours de la dernière année afin de mettre sur pied un centre de sociale pour les Atikamekw. Le projet de Centre de pédiatrie sociale au sein de la communauté Atikamekw, parrainé par la Fondation du Docteur Julien, se veut une première au Québec. Bien que bénéficiant de nombreux appuis, le projet a fait face à de nombreuses embûches. Situé en territoire autochtone, il s’est retrouvé au cœur d’un litige entre Québec et Ottawa concernant le financement. Bien que relevant de la santé, le gouvernement du Québec s’est montré réticent à offrir un financement au projet, prétextant la responsabilité du Fédéral. Malgré tout, M. Deslauriers St-Jean et les gens de la communauté continuent à aller de l’avant avec ce projet. Le centre a pour objectif d’offrir des services de médecine sociale pour les enfants Atikamekw et leur famille.  

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