Les élèves célèbrent la diversité culturelle à Barthélemy-Joliette

  • Publié le 3 juin 2026 (Mis à jour le 12 juin 2026)
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Photo gracieuseté
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Une semaine interculturelle riche en découvertes et en fierté s’est tenue, du 19 au 22 mai, à l’école secondaire Barthélemy-Joliette. Dans le cadre de celle-ci, une cinquantaine d’élèves se sont surpassés afin de partager leurs origines et de les faire rayonner. À travers différentes activités, ce sont 45 pays qui ont été représentés, mettant ainsi de l’avant toute la richesse culturelle et la diversité de l’établissement scolaire. 

« J’aime parler de mes origines et de mon parcours de vie. Ça me permet de renforcer mes liens avec mes amis et mes professeurs, parce qu’ils peuvent mieux comprendre mes émotions, comment j’ai grandi et vécu en plus des différences entre eux et moi », a commenté Ali Levlek.  

Ce dernier a dû quitter la Syrie en raison de la guerre à l’âge de trois ans. Sa famille et lui se sont installés en Turquie et sont ensuite venus s’établir au Canada en 2021. Tout au long de la semaine interculturelle, Ali souhaitait faire ressortir l’énergie positive des habitants de ses pays d’origine et démontrer à quel point ils sont accueillants. « Je veux aussi transmettre le côté culturel et culinaire, car nous avons plusieurs bons plats! » 

Un midi dégustation s’est d’ailleurs tenu lors de cette semaine. Les élèves ont préparé 18 recettes typiques de leur pays respectif pour les faire goûter à l’ensemble des élèves et du personnel de l’école. « Ils sont même venus pendant leur journée pédagogique pour cuisiner, ils étaient vraiment fiers de leurs réalisations », a commenté l’enseignante en francisation Megane Paquin. 

Parmi les plats proposés, il y avait notamment du çiğ köfte (des boulettes de viande turques), des mandazi (un beignet sucré de la Tanzanie), du Bniwen (un petit gâteau de l’Algérie), du Shawarma (une sorte de Kebab) et également un gâteau renversé aux ananas d’Haïti. « C’est une grande chance de pouvoir découvrir ces mets que nous n’avons pas dans la région! Ceux qui y goûtaient n’avaient que de bons commentaires! C’était un beau mélange de cultures », a ajouté celle qui a chapeauté l’organisation de cette semaine.  

Montrer une autre facette de leur pays 

Les élèves des classes de francisation ont aussi peint des flèches de façon artistique afin d’indiquer la distance qui sépare leurs pays de Joliette. Ils ont également réalisé des fiches informatives qui ont été mises en valeur dans l’école. Leurs créations ont ensuite été regroupées dans un livre collectif.  

« Sur mon affiche, j’ai mis des photos de paysages de la Syrie, car, quand tu vas sur Google, tout ce que tu vois, ce sont des images de guerre. J’aime être Syrienne et je veux montrer les beaux côtés de mon pays », a déclaré Hala Diham. Cette dernière a un parcours semblable à celui d’Ali. Elle a fui la Syrie vers la Turquie lorsqu’elle était enfant et s’est installée au Québec plus tard.  

Il s’agissait du même objectif pour Orchidée Cator, qui évoque que ce sont souvent les côtés négatifs d’Haïti qui sont dépeints. « Avant, j’avais même un peu peur de parler de mes origines. Quand j’étais aux États-Unis, personne ne savait que j’étais Haïtienne, mais maintenant, je peux le crier haut et fort parce que j’aime mon pays! Je le trouve beau et je veux que tous le voient de la même façon que moi! » 

Les étudiants ont pu exprimer cette grande fierté lors du défilé interculturel qui a clôturé la semaine. Ce sont 33 pays qui ont paradé lors de celui-ci. À tour de rôle, un pays était appelé et les élèves qui le représentaient montaient sur la scène de l’agora avec la chanson de leur choix, ainsi que leur drapeau et leurs habits traditionnels.  

Pour Ngalia Kabiona, il s’agissait du moment clé de cette semaine! Originaire de la Tanzanie ainsi que de la République démocratique du Congo, elle avait hâte de montrer sa culture et ses origines. Il en était de même pour Hadjer Hafida Trache, « si des gens critiquent mon pays devant moi ou qu’ils se montrent racistes, je leur tiens tête et je dis que je suis fière d’être Algérienne! C’est un beau pays riche de multiples traditions! » 

Hala Diham, Hadjer Hafida Trache, Ali Levlek, Ngalia Kabiona, Megane Paquin et Orchidée Cator. Photo Médialo – Mélissa Blouin

 

L’impact des enseignants  

Lorsque des élèves arrivent au Québec et qu’ils ne parlent pas français, ils entament leur parcours dans des classes de francisation à temps plein et ne sont pas notés dans les autres matières. Au fur et à mesure qu’ils progressent dans leur apprentissage de la langue, la mention « francisation » est retirée de leur bulletin et ils peuvent peu à peu intégrer les matières au régulier.  

 « Au début, je ne pensais jamais que je serais capable de me rendre en secondaire 5 et d’avoir mon diplôme! Mais, grâce à mon enseignante de francisation [Megane Paquin], qui m’a vraiment aidée, j’ai passé toutes mes matières et il ne me reste qu’à réussir mon français au régulier! », a commenté Hala Diham.  

Sa collègue de classe Orchidée Cator a aussi mentionné que l’enseignante avait fait une grande différence dans son cheminement académique depuis son arrivée en 2024. « Elle ne nous explique pas de la même façon que les autres professeurs et elle me dit toujours de croire en moi! Sans elle, je ne serais pas rendue si loin dans mon apprentissage! » 

Pour certains, l’intégration dans leur nouveau milieu s’est également avérée ardue et, dans ces cas, l’enseignante a eu un impact qui va bien au-delà des notions académiques. « J’ai trouvé ça difficile à mon arrivée, je me trouvais très différente. Je voyais tout le monde avoir des amis et moi, je n’en avais pas. La première amie que je me suis faite, c’est Hala et ensuite ça a été Megane. Il y a des journées où j’ai pleuré et où ça n’allait pas, mais Megane était avec moi et m’a beaucoup aidée », a terminé Hadjer Hafida Trache.  

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