Des propos ordinaires par la mère ordinaire

  • Publié le 12 avr. 2022 (Mis à jour le 8 avr. 2025)
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« Lors de l’embauche, demander à une femme s’il est possible d’assurer un suivi plus de 2 mois ça se fait-tu? Genre si tu penses partir en maternité peut être juste pas prendre des groupes de petits. » Voici les paroles de Bianca Longpré, aussi connue au nom de la mère ordinaire sur les réseaux sociaux, au sujet des enseignantes qui quittent leurs élèves dû à une grossesse. Des propos tout autant insensibles qu’insensés.

Mentionnons tout d’abord qu’il est complètement illégal en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne de questionner les femmes, lors d’une embauche, sur leur projet de grossesse. En réalité, ce sont des événements qui peuvent parfois être imprévisibles mais aussi et, surtout, cela mènerait tout droit vers de la discrimination. Si un homme et une femme se retrouvent en compétition pour l’obtention d’un poste, qui allons-nous prioriser? L’homme, bien sûr. Les employeurs voudront-ils réellement engager une femme qui désire tomber enceinte dans la prochaine année? Non.

Il est tout autant primordial de se rappeler les enjeux que vivent les femmes au travail, encore en 2022. La grossesse est encore tout un défi pour ces dernières. Des propos remplis de jugements comme ceux-là ramènent la société à une époque révolue. Ils poussent, non seulement les enseignantes, mais toutes les femmes au travail à choisir soit la carrière ou la famille. Ils les font sentir mal de quitter leur emploi pour s’occuper dignement de leur nouveau-né. Ils créent des différences entre les hommes et les femmes. Ils rendent les travailleuses vulnérables. Ils discriminent, ils sont loin d’être féministes. En somme, il s’agit de propos totalement inacceptable dans une société qui valorise et encourage la contribution active des femmes sur le marché du travail.

Josie Gareau

Étudiante en sciences humaines, Cégep régional de Lanaudière à Joliette.

Admise en enseignement du primaire à l’Université de Sherbrooke.

 

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