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04 décembre 2018

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

Un nouveau programme de justice réparatrice s’implante à Joliette

Justice réparatrice

©(Photo l'Action - Christian Belhumeur-Gross) - L'Action

Guylaine Martel, Raoul Lincourt, Nadine Bernatchez et l’équipe du CSJR à Joliette en compagnie de June Petre, une victime ayant eu recours à la justice réparatrice.

COMMUNAUTÉ. Le Centre de Services de Justice réparatrice du Québec (CSJR), en collaboration avec l’organisme Équijustice, prépare l’implantation d’un programme de justice réparatrice dans Lanaudière pour les victimes d’actes criminels. 

C’est le 27 novembre dernier, à Joliette, que Guylaine Martel, agente de développement pour le CSJR, en compagnie de Raoul Lincourt, président du C.A. de l’organisme, et de Nadine Bernatchez, coordonnatrice à Équijustice, a présenté le programme qui sera mis en place dans la région sous peu.  

Dans sa présentation, M. Lincourt a exposé la vision du CSJR en matière de justice réparatrice qui consiste à permettre à des victimes d’amorcer un processus de guérison au moyen de rencontres encadrées entre victimes et agresseurs. Selon M. Lincourt, ce type de justice réparatrice, qui se veut complémentaire au système de justice, permet à des victimes qui souhaitent obtenir des réponses, être écoutées ou qui n’ont simplement pu profiter du système de justice pour diverses raisons d’entreprendre un processus de guérison.  

Le processus de justice réparatrice mis de l’avant par le CSJR consiste en des rencontres entre une victime et un agresseur ayant commis un crime similaire à celui vécu par la victime, un membre de la communauté et un intervenant spécialisé. Pendant ces rencontres, d’une durée maximale de trois heures, les personnes impliquées reprennent le fil des évènements, les conséquences dans leur vie et les gestes de réparation qui peuvent être posés. « Le fait pour une victime de participer à ce type de rencontre, d’être écoutée, et surtout d’être crue, cela fait toute une différence» souligne M. Lincourt. La démarche comprend deux à trois rencontres.  

Les détenus ou agresseurs qui participent à ce programme le font sur une base volontaire. Le processus leur permet selon M. Lincourt de se responsabiliser par rapport à ce qu’ils ont fait et de préparer leur retour en société par la réalisation de gestes réparateurs. 

Le service sera offert dans la région 

L’organisme est déjà présent à Montréal et dans cinq régions au Québec. Un comité d’implantation a été formé dans la région il y a quelques mois afin d’offrir le service avec des intervenants de la communauté. Après plusieurs mois de travail, le service est maintenant offert avec des intervenants de la région. L’organisme Équijustice, qui œuvre dans la justice réparatrice auprès des jeunes contrevenants, offre d’ailleurs ses locaux aux intervenants du CSJR.  

Des résultats probants 

L’objectif premier de la démarche n’est pas d’aider à la réinsertion sociale d’une personne ayant commis un acte criminel, bien que cela y contribue, mais de permettre à la victime de mieux cheminer vers la guérison précise M. Lincourt. Selon ce dernier, de nombreuses victimes qui ont recours à ce service soulignent une amélioration de leur qualité de vie. Ces rencontres auraient permis de réduire l’anxiété, des cauchemars et d’atténuer un sentiment d’insécurité chez de nombreuses victimes.  

L’organisme est reconnu par les divers paliers de gouvernement et reçoit du financement de Québec. Une part importante de son financement vient cependant des cotisations et dons de ses membres ainsi que de diverses fondations.  

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