Un garde-manger vivant germera au cœur de Joliette

Ginette Gagnon est la co-instigatrice du projet de forêt nourricière dans le parc de la Chèvrerie-des-Berges. (Photo Médialo – Jason Joly)
Ginette Gagnon est la co-instigatrice du projet de forêt nourricière dans le parc de la Chèvrerie-des-Berges. (Photo Médialo – Jason Joly)

La Ville de Joliette s’est associée à une initiative locale imaginée par deux citoyennes, Ginette Gagnon et Isabelle Rousseau, afin de transformer, dès cet automne, une partie du parc de la Chèvrerie-des-Berges en véritable garde-manger vivant. La population pourra ainsi bénéficier de l’apport en aliments des divers arbres fruitiers, plantes vivaces comestibles et herbes médicinales qui y seront aménagés, et ce gratuitement.

En entrevue avec L’Action, Ginette Gagnon raconte que cette idée de forêt nourricière est venue d’une intention d’agir pour la sécurité alimentaire des Joliettains, tout comme pour la lutte aux changements climatiques. Le parc de la Chèvrerie-des-Berges n’a pas été choisi par hasard alors que sa proximité avec le centre-ville, le cégep et PAX Habitat contribue à sa mission communautaire. « C’est un terrain qui a un potentiel social intéressant », indique Mme Gagnon.

La résidence, le collège et le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de D’Autray-Joliette sont d’ailleurs des collaborateurs du projet alors qu’ils s’impliqueront chacun à leur manière dans l’entretien ou l’utilisation de la forêt. Les étudiants du département de production horticole du cégep profiteront notamment des lieux pour leur apprentissage. « Quant au CJE, il fait partie des partenaires puisqu’il a une sensibilité à la sécurité alimentaire et l’une des fonctions de la forêt nourricière est d’apporter des denrées supplémentaires à la population », souligne Ginette Gagnon.

Comme le dit la citoyenne, la forêt appartiendra à tout un chacun et les aliments qu’elle produira serviront pour toutes les occasions : « Si quelqu’un veut faire une tarte aux pommes, cueillir des framboises ou juste pour grignoter en passant, c’est possible! »

Bruno Ayotte, directeur général du CJE de D’Autray-Joliette; Isabelle Rousseau; Pierre-Luc Bellerose, maire de Joliette; Céline Besnier, coordonnatrice administrative chez PAX Habitat, et Sophie Ducharme. (Photo gracieuseté)

Quatre-vingt arbres

Une section du parc sera garnie d’arbustes et de plantes de toutes sortes, choisis par les instigatrices du projet et des bénévoles qui les assisteront dans l’aménagement du terrain. La Ville de Joliette se chargera plutôt de l’implantation des 80 arbres. Sophie Ducharme, horticultrice pour le Service des Travaux publics et services techniques, a eu le mandat de rechercher les espèces les plus intéressantes et accessibles en vue de l’initiative. « Je n’avais pas de demandes précises, on m’a donné carte blanche. Je les ai choisies selon la disponibilité et il fallait que ce soit simple au niveau de l’entretien. »

Les visiteurs verront donc pousser une panoplie d’essences, telles que des pommiers, des pruniers, des poiriers, des noisetiers, du tilleul ou encore des noyers. Les équipes procéderont aussi à la plantation de pins de Corée, mais Mme Ducharme précise que la patience sera de mise puisque cela peut prendre une vingtaine d’années avant de voir germer leurs premiers fruits. Le site accueillera finalement des arbres de type salix qui permettront non seulement de fabriquer de la vannerie, mais aussi de décorer le parc. « Nous pouvons travailler l’arbre pour concevoir des ombrelles ou des tonnelles », imagine l’horticultrice à la Ville de Joliette.

Bénévoles et collaborateurs recherchés

De leur côté, Ginette Gagnon et Isabelle Rousseau procéderont, dès cet été, aux choix des arbustes fruitiers et des plantes médicinales. Pour les aider dans leur tâche, et celles à venir, elles sont à la recherche de bénévoles. Toute personne qui souhaiterait contribuer à l’organisation des lieux ou qui voudrait mettre la main à la terre peut s’inscrire. « Même si vous n’avez pas de connaissances en horticulture, ce n’est pas grave. C’est un projet à participation citoyenne! », mentionne Mme Gagnon. Les personnes intéressées peuvent transmettre leur nom et leur numéro de téléphone au foretnourricierejoliette@gmail.com.

Les instigatrices de la forêt nourricière sollicitent également l’appui de collaborateurs pour acquérir les essences et les outils dont elles ont besoin, en plus du cabanon qu’elles prévoient aménager. La contribution de pépinières ou de quincailleries est donc demandée afin de fournir du financement ainsi que des végétaux et des matériaux. Les entreprises voulant contribuer peuvent le faire en communiquant via l’adresse courriel citée précédemment.

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