Un premier 135 km et des rêves encore plus grands

Photo gracieuseté
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En juillet, Félix Lamontagne a repoussé ses limites en parcourant 135 km et en gravissant près de 6000 mètres de dénivelé lors du Québec Mega Trail. Après environ 25 heures d’effort continu, l’athlète de Sainte-Béatrix a franchi la ligne d’arrivée de cette prestigieuse épreuve. Bien qu’imposante, cette course ne représentait qu’une étape pour le Lanaudois qui nourrit des ambitions encore plus démesurées.   

« Tout au long des 135 km, je me répétais d’y aller un pas à la fois et qu’éventuellement, j’allais atteindre la ligne d’arrivée. Ça n’a jamais été une option d’arrêter. Quand j’ai terminé, je suis tombé en larmes! De franchir la ligne et d’entendre mon nom au haut-parleur, je m’en souviendrai toujours! » 

Félix Lamontagne a commencé à courir en septembre dernier. Depuis, sa progression a été fulgurante. Dès le mois de décembre, il parcourait déjà plus de 160 km par semaine. En juin dernier, il a pris part à son premier événement, la Clinique du Coureur 50 km, avant de compléter le Québec Mega Trail 135 km le 3 juillet.  

« C’était un challenge extraordinaire avec des hauts et beaucoup de bas! Tout s’est bien déroulé jusqu’au kilomètre 65, où j’ai commencé à éprouver des problèmes liés à ma nutrition, mais d’avoir accès à mon équipe de soutien m’a vraiment aidé. »  

Le fait de constater qu’il courait depuis onze heures sans avoir franchi la moitié du parcours l’a également ébranlé. Il a néanmoins poursuivi sa route et a repris des forces vers le kilomètre 80, juste à temps pour affronter l’une des sections les plus difficiles et techniques du parcours. « Ce n’était même plus de la course à ce point, c’était presque juste de l’escalade tellement il y avait de roches! » 

Il s’agissait non seulement de la plus longue distance parcourue pour le coureur, mais aussi d’une première nuit blanche. La fatigue était telle qu’il raconte avoir eu quelques hallucinations sur le parcours, tout comme d’autres participants. Il a notamment souri à un tronc d’arbre en croyant qu’il s’agissait d’un photographe et a confondu un bouleau avec un lama. « Ça a été assez rocambolesque », a-t-il rigolé.  

À partir du 100e kilomètre, il a finalement pu être accompagné de son « pacer », c’est-à-dire un autre coureur autorisé à terminer le parcours à ses côtés. « Sans lui, je n’aurais pas réussi à finir sous la barre des 25 heures. Il me forçait à courir même si je n’en avais plus envie, c’est ce que je lui avais demandé! » 

Grâce à sa préparation physique, Félix a récupéré étonnamment rapidement de cet exploit. Dès le lendemain, il avait déjà recommencé à courir. 

 Plus de 1500 km en huit mois 

En constatant à quel point son corps récupérait rapidement, Félix a commencé à envisager un défi encore plus ambitieux, le Grand Chelem des 200 miles. Celui-ci consiste à compléter quatre courses de plus de 200 miles au cours d’une même année. « Je me suis dit: pourquoi ne pas être le premier Québécois de moins de 30 ans à réaliser cet exploit! » 

Celui-ci comprend l’Arizona Monster (483 km) en mars, la Tahoe 200 en Californie (322 km), en juin, la Bigfoot 200, dans l’état de Washington (322 km), en août, ainsi que la Moab 240 en Utah (386 km), en octobre.  

« Le plus difficile sera d’enchaîner les courses, puisque, généralement, un coureur peut prendre plusieurs mois à se remettre d’un tel effort tellement le corps est abattu. La première risque d’être particulièrement ardue, car elle se déroule dans le désert et que 483 km, c’est énorme! Ce n’est même pas une distance qu’on veut faire en voiture! » 

Actuellement âgé de 24 ans, Félix se donne environ quatre ans avant de se lancer dans ce grand défi. D’ici là, il souhaite peaufiner sa stratégie de nutrition et continuer d’habituer son corps à encaisser les longues distances. Il participera d’ailleurs au Bromont Ultra 160 km en octobre ainsi qu’au The Divide 200 miles, en août 2027. 

« Je veux me prouver que je suis capable de réaliser des défis extrêmes. En le faisant, j’ai l’impression que ça m’aide dans ma vie quotidienne. Je vois les courses comme une façon de renforcer mon mental et de me préparer aux différents défis de la vie auxquels je devrai faire face! Ça prend de la patience, de la résilience et beaucoup de courage. » 

La naissance d’une passion  

Avant de se mettre à la course, Félix a longtemps pratiqué le soccer. Toutefois, il avait envie de se dépasser et n’arrivait pas à voir des améliorations concrètes et mesurables dans ce sport. Après avoir fait beaucoup de musculation, il a décidé de se lancer un nouveau défi en constatant que son endurance était sa faiblesse. « C’est parti d’une mentalité de toujours vouloir en faire plus et j’ai commencé la course par de petites distances sur tapis roulant. » 

Kinésiologue de profession, Félix a également été préparateur physique d’une équipe de première division de futsal en France. C’est cette expérience qui lui a notamment permis de progresser rapidement tout en évitant les blessures.  

Il s’est ensuite équipé et a délaissé son tapis roulant pour courir à l’extérieur. « J’aime bouger et être dans la nature avec seulement moi-même, c’est ce qui me passionne! La course, c’est simplement un défi de plus! En ajoutant à cela l’aspect nutrition, je trouve que c’est le meilleur sport au monde! » 

En regardant le chemin parcouru, Félix est particulièrement fier de constater qu’il a progressé mois après mois depuis qu’il s’est consacré à cette nouvelle passion.  

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