Lucien DeBlois, de Joliette à la Coupe Stanley

Photo Médialo - Mélissa Blouin
Photo Médialo – Mélissa Blouin

Pendant 15 ans, Lucien DeBlois a fièrement représenté Joliette au sein de la Ligue nationale de hockey. Un parcours au cours duquel il a notamment remporté la Coupe Stanley avec les Canadiens de Montréal en 1986, en plus d’être désigné capitaine des Jets de Winnipeg lors de deux saisons. En entrevue avec L’Action, l’ancien hockeyeur est revenu sur les moments marquants de sa carrière et sur l’importance qu’occupe toujours la région à ses yeux.  

« Ce qui me rend le plus fier, c’est le fait que j’aie persévéré. J’aurais pu arrêter avant, mais j’ai continué malgré certaines blessures et des années plus difficiles. Il faut de la persévérance et un peu de chance pour pouvoir jouer 993 parties dans la LNH! »             

C’est le 14 juin 1977 que Lucien DeBlois a été repêché par les Rangers de New York. « J’avais 19 ans, j’étais chez moi et j’attendais que le téléphone sonne! » Il n’a pas eu à patienter trop longtemps puisqu’il a été sélectionné au huitième rang de la première ronde. « Ça a été une surprise de partir aussi rapidement. Il y avait des rumeurs, mais on ne sait jamais, jusqu’à ce que ça arrive! » 

Il a reçu l’appel de John Ferguson et a ensuite dû s’adresser aux journalistes de New York. « Disons que j’ai eu pas mal plus de troubles à parler anglais qu’à jouer au hockey! » Malgré une période d’adaptation à son arrivée dans la LNH, Lucien DeBlois a connu une bonne première saison, au cours de laquelle il a inscrit 22 buts. Il se souvient d’ailleurs de son tout premier, marqué le 2 novembre 1977 contre les Rockies du Colorado. Le Joliettain avait alors déjoué Doug Favell avec un bon lancer sous la barre horizontale.  

Une escapade avec la Coupe Stanley 

Au cours de sa carrière, Lucien DeBlois a évolué au sein de six formations de la LNH et côtoyé des légendes comme Phil Esposito, Dale Hawerchuk, Larry Robinson et Guy Lafleur. Il a connu ses trois meilleures saisons avec les Jets de Winnipeg, mais son passage avec les Canadiens de Montréal demeure, pour lui, l’un des plus marquants.  

« Ça a été vraiment spécial, c’est le club de mon enfance! » Il a également eu la chance de remporter la Coupe Stanley avec l’équipe. « J’ai été blessé pendant la série, je n’ai pas joué tous les matchs, mais j’ai contribué le plus que je pouvais! » Il se souvient notamment que Patrick Roy, qui était son colocataire à l’époque, et Claude Lemieux avaient été phénoménaux lors de cette série.  

Remporter ce prestigieux trophée a été un moment mémorable pour Lucien DeBlois, qui a aussitôt eu une pensée pour tous ses entraîneurs de Joliette ainsi que pour sa famille, qui a dû faire énormément de sacrifices pour lui permettre d’atteindre ce niveau.  

Le Joliettain a d’ailleurs raconté, le sourire aux lèvres, avoir quelque peu contourné les règles afin de montrer la Coupe Stanley à son père. À l’époque, les joueurs ne pouvaient pas ramener le trophée à leur domicile. Or, dans le cadre d’une promotion organisée cette année-là, la Coupe Stanley était de passage à Joliette. « Après quatre heures à signer des autographes et à prendre des photos, mon grand ami Chris Nilan et moi avons décidé « d’emprunter » la Coupe Stanley pour aller la montrer à mon père dans une résidence de Saint-Gabriel-de-Brandon », a-t-il rigolé.  

La disparition du trophée avait causé tout un émoi et l’organisation des Canadiens n’en avait pas été particulièrement heureuse, mais Lucien DeBlois ne regrette rien. « J’ai pu prendre des photos avec mes frères et mon père. C’est un souvenir inoubliable que je n’aurais pas eu la chance de vivre sans cette petite aventure! » 

Fier de ses racines 

En 1986, Lucien DeBlois est ainsi devenu le deuxième Joliettain à gagner la Coupe Stanley, après Marcel Bonin. Ce dernier a d’ailleurs toujours été un modèle et une source d’inspiration pour lui. « Je suis trop jeune pour l’avoir vu performer dans la LNH, mais il m’a coaché à quelques reprises dans des tournois et j’allais aussi le voir jouer le dimanche midi à l’aréna de Joliette. Il n’était pas toujours présent, car il avait des blessures au dos, mais quand il était là, on voyait comment il était bon comparativement aux autres! » 

En 2025, AJ Greer est devenu le troisième Joliettain à réaliser l’exploit et à soulever la Coupe Stanley. « C’est déjà bon, mais j’aimerais qu’il y en ait encore plus, il y a toujours eu de bons joueurs dans la région », a ajouté Lucien DeBlois. Ce dernier a d’ailleurs organisé des camps de hockey pendant 25 ans afin d’aider les jeunes à se développer.  

Même s’il habite maintenant à Montréal, Lucien DeBlois a toujours tenu à conserver un lien étroit avec sa région natale. « J’essaie de m’impliquer le plus possible. En 45 ans, je n’ai presque pas manqué d’édition de l’Omnium de golf André Chalut et je participe à d’autres événements communautaires. C’est important, je vais toujours rester Joliettain. J’aime la région, j’ai encore mes frères ici et plein d’amis d’enfance! » 

Après sa carrière dans la Ligue nationale, Lucien DeBlois a été recruteur professionnel pendant plus de 15 ans, notamment pour les Canucks de Vancouver. Il observait les joueurs afin d’évaluer leur talent, leur caractère, leur sens du hockey, leur engagement et leur passion. Il conseille d’ailleurs aux jeunes joueurs de la région de continuer de rêver et de persévérer. « Ce n’est pas grave si tu te fais couper du AAA la première fois, ce ne sont pas tous les joueurs qui se développent au même niveau. Il faut être patient, travailler fort et avoir du plaisir, car sans plaisir, on n’avance pas! » 

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