Les histoires cachées derrière les noms de rues de Lanaudière

  • Publié le 10 juill. 2026 (Mis à jour le 10 juill. 2026)
  • Lecture : 3 minutes
(Photo gracieuseté - Benoit Dupont)
(Photo gracieuseté – Benoit Dupont)

Par Émile Beauséjour

Dans la MRC de Joliette et ses environs, les noms de rues reflètent des réalités très variées. Certains rappellent des personnages historiques marquants, d’autres font référence à des communautés religieuses ou à d’anciennes divisions du territoire. On y trouve aussi des appellations plus modernes, parfois étonnantes. Ensemble, ils forment un réseau de noms qui témoigne de l’évolution du secteur, entre héritage et développement urbain.

La rue des Sittelles

Derrière le nom de la rue des Sittelles, rien de mystérieux ou de complexe. On fait plutôt référence à un petit oiseau bien présent dans les forêts québécoises : la sittelle.

Cet oiseau est facile à reconnaître. Il a cette particularité étonnante de pouvoir grimper le long des troncs d’arbres, parfois même la tête en bas, à la recherche d’insectes et de graines. Il s’agit littéralement d’un petit acrobate discret du monde forestier.

Comme plusieurs rues dans des quartiers résidentiels du Québec, le nom s’inscrit dans une thématique précise. Dans ce cas-ci, le nom de la rue vient du thème de la nature. Ici, ce sont les oiseaux qui ont inspiré les promoteurs ou les instances de toponymie locale. Une façon simple de rappeler la faune qui habite encore les environs.

La rue Salaberry

En plein cœur de Joliette, la rue Salaberry rend hommage à une grande figure militaire de l’histoire du Québec, Charles-Michel de Salaberry.

Né en 1778, Charles-Michel de Salaberry s’illustre pendant la guerre de 1812, plus particulièrement lors de la bataille de Châteauguay. À la tête des Voltigeurs canadiens, il parvient à repousser une force américaine pourtant largement supérieure en nombre. Cette victoire est aujourd’hui considérée comme un moment marquant de l’histoire militaire canadienne, puisqu’elle contribue à protéger Montréal d’une invasion de nos voisins du sud.

À Joliette, la rue Salaberry s’inscrit dans une tradition où plusieurs voies de communication portent le nom de personnages ayant marqué l’histoire du Québec. Plus qu’un simple nom de rue, elle rappelle le parcours d’un homme dont les actions ont laissé une empreinte durable dans le patrimoine canadien.

L’avenue des Carmélites

Située dans un secteur résidentiel de Joliette près de Saint-Ambroise-de-Kildare, l’avenue des Carmélites rappelle le riche patrimoine religieux qui a façonné le développement de la ville au cours des derniers siècles.

Son nom rend hommage à l’Ordre des Carmélites, une communauté religieuse présente à Joliette pendant plusieurs décennies. Les Carmélites, dont la mission est principalement consacrée à la prière et à la vie cloîtrée, ont occupé un monastère qui a longtemps fait partie du paysage de la ville.

Bien que leur présence soit aujourd’hui moins visible, leur héritage demeure inscrit dans la toponymie locale. L’avenue des Carmélites fait ainsi partie des nombreuses rues joliettaines qui rappellent l’influence des communautés religieuses sur l’histoire et le développement de la municipalité. À travers ce nom, c’est une partie du passé de Joliette qui continue d’être évoquée auprès des citoyens.

La rue du Paradis-Mobile

À première vue, le nom de la rue du Paradis-Mobile, située à Notre-Dame-de-Lourdes, dans la MRC de Joliette, attire immédiatement l’attention. Son appellation sort de l’ordinaire et suscite la curiosité. Pourtant, son origine demeure encore aujourd’hui un véritable mystère.

Selon la Commission de toponymie du Québec, l’origine et la signification du nom « Paradis-Mobile » n’ont pu être déterminées. La fiche officielle précise même que toute personne possédant des renseignements à ce sujet est invitée à communiquer avec la Commission afin d’enrichir les connaissances sur ce toponyme.

Bien que plusieurs citoyens associent spontanément le mot « mobile » au parc de maisons mobiles de la rue, aucune source officielle ne confirme cette hypothèse. En l’absence de documents historiques, la rue du Paradis-Mobile conserve donc son caractère énigmatique, ce qui en fait sans doute l’un des noms de rues les plus intrigants de la région de Joliette.

La rue D’Ailleboust

À Saint-Charles-Borromée, la rue D’Ailleboust rappelle un chapitre important de l’histoire seigneuriale de la région de Joliette. Si ce nom peut sembler peu familier aujourd’hui, il est directement lié aux origines du territoire.

La rue est située à proximité de l’ancienne seigneurie d’Ailleboust, concédée le 6 octobre 1736 par le gouverneur Charles de Beauharnois à Jean d’Ailleboust d’Argenteuil. C’est cette seigneurie qui a inspiré le nom de la voie de communication.

Aujourd’hui, peu d’indices rappellent encore cette ancienne concession. Pourtant, chaque panneau de la rue D’Ailleboust témoigne d’un héritage qui remonte à près de trois siècles. Ce toponyme constitue un rappel des premiers découpages du territoire lanaudois et de l’influence qu’a exercé le régime seigneurial sur le développement de la région.

Bien souvent, on emprunte ces rues sans se demander pourquoi elles portent ce nom. Pourtant, chacune possède sa propre histoire, qu’elle soit liée à un personnage, à un événement ou à une époque précise. De quoi rappeler qu’un simple nom de rue peut parfois en dire long sur le passé de la région.

 

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