Des élevages d’animaux peu communs à découvrir dans Lanaudière

  • Publié le 9 juill. 2026 (Mis à jour le 9 juill. 2026)
  • Lecture : 4 minutes
« Nous avons beaucoup à apprendre de l’âne » - Lucie Landry. (Photo Médialo – Jason Joly)
« Nous avons beaucoup à apprendre de l’âne » – Lucie Landry. (Photo Médialo – Jason Joly)

Réputée entre autres pour ses fermes laitières, porcines ou de volailles, la région héberge également des élevages étonnants, qui s’occupent de bêtes peu communes. L’Action est allé à la rencontre de trois entrepreneurs passionnés par les animaux qu’ils élèvent comme s’ils faisaient partie de leur famille.

L’asinerie l’Âne gardien

À même le rang du Pied de la Montagne, à Sainte-Mélanie, vivent des résidents inusités : une vingtaine d’ânes et un mulet. Le troupeau est sous les soins de Lucie Landry, mais la propriétaire affirme que ses animaux lui apportent autant d’amour qu’elle leur en procure : « Il n’y a pas un matin où je n’ai pas envie de m’occuper d’eux. Ils me le remettent amplement. »

Mme Landry s’occupe d’ânes depuis plus de 20 ans et a été charmée dès le premier jour par leur tempérament. Elle en a adopté au fil du temps, provenant de milieux défavorisés ou de saisies. Elle informe que l’âne est loin d’être idiot, comme la croyance populaire porte à le penser. Ils sont plutôt très sociaux, doux et calmes. « Les ânes ne ruent pas, nous pouvons passer en arrière d’eux sans risque. » De plus, la propriétaire nuance que ces animaux ne sont pas têtus, mais qu’ils réfléchissent beaucoup afin de ne pas prendre d’actions qui entrainent un risque pour leurs congénères. « Ils sont très gardiens par rapport à leur troupeau. Lorsqu’ils sont dans l’analyse et la réflexion, ils s’immobilisent », relate Lucie Landry.

L’asinerie offre une expérience relaxante aux visiteurs, qui en ressortent transformés par des rencontres marquantes. « Je dis aux gens que les ânes vont les choisir. C’est beau de voir ça parce que chacun a son histoire, tout comme chaque humain a la sienne. Des connexions se font », observe Mme Landry.

À travers son entreprise, elle souhaite partager son amour pour les ânes avec les visiteurs : « Nous avons beaucoup à apprendre des ânes. Quand nous avons un contact avec eux, nous les aimons automatiquement. Ils sont trop fins! »

L’asinerie l’Âne gardien se situe au 541 rang du Pied de la Montagne à Sainte-Mélanie.

La Terre des Bisons

En bordure de Rawdon pâture l’une des espèces les plus emblématiques d’Amérique du Nord : le bison. Implantée il y a plus de 30 ans, la Terre des Bisons accueille désormais une harde d’une centaine de ces animaux majestueux. C’est en 1992 que Josée Toupin et son mari ont acquis leur ferme avec pour objectif d’y élever des animaux robustes, peu importe la saison. « En allant visiter une ferme de bisons, nous sommes tombés en amour avec ces bêtes », se rappelle Mme Toupin. Les propriétaires ont été particulièrement marqués par la ténacité de ces animaux qui étaient présents en même temps que les mammouths et qui ont frôlé la disparition.

Jean-Philippe Demontigny s’occupe d’un troupeau d’une centaine de bisons, en plus d’une vingtaine de wapitis. (Photo Médialo – Jason Joly)

La gestion de l’établissement est désormais entre les mains de leur fils, Jean-Philippe Demontigny, qui assistait déjà ses parents. Ce dernier est lui aussi fasciné par le bison, mais il concède que ce n’est pas une bête facile à manipuler. « Ça reste un animal sauvage », rappelle-t-il. « Ça fait à peine 150 ans qu’il a été mis en captivité, alors c’est très récent dans son histoire. » Sa mère ajoute que considérant la grosseur de l’animal, il est impossible de le pousser ou de le tirer avec une laisse. Ainsi, il est nécessaire d’utiliser des installations pour les trier ou les diriger d’un parc à l’autre.

M. Demontigny précise également que les bisons sont très territoriaux et respectent une hiérarchie stricte : « Chacun a son rang dans le troupeau, mais, toute leur vie, ils vont essayer de se confronter. » Son tempérament en témoigne puisqu’il n’est pas très à l’aise avec l’humain. Malgré tout, la famille parvient à offrir une terre agréable pour ces bovidés en qui elle a le plus grand respect et elle se fait un devoir de contribuer à faire perdurer cette espèce. « C’est comme si nous faisions partie de la survie de cet animal qui s’est presque éteint », évoque Josée Toupin.

La Terre des Bisons se trouve au 6855 chemin Parkinson à Rawdon.

Rustik Alpaga

C’est en désirant un projet en parallèle de son travail qu’a germé l’envie pour Sophie Lachance de développer son élevage. « Je me cherchais un petit hobby! Quelque chose de bien relax », dit-elle en riant. Voulant d’une entreprise qu’elle allait pouvoir gérer par elle-même, elle a jeté son dévolu sur la récolte de fibres naturelles. À la suite d’une recherche approfondie, l’alpaga s’est présenté comme le candidat idéal : « Je me suis rendu compte qu’il cochait toutes mes cases! »

L’alpaga était l’animal d’élevage tout indiqué pour le projet de Sophie Lachance. (Photo Médialo – Jason Joly)

Ne possédant que quelques bêtes au départ, Sophie Lachance en compte maintenant 36. Au fil de ces acquisitions, elle a pu découvrir le comportement des alpagas. Malgré leur petite taille pour un camélidé, ils sont très protecteurs et vivent selon une hiérarchie déterminée. Cela se voit surtout du côté des mâles. Alors que les femelles sont plus sociales avec leurs congénères, la situation est tout autre pour les mâles. « Tout le monde sait le numéro de chacun dans la hiérarchie, mais quand un nouveau arrive, ils veulent savoir son numéro. Alors ça se chicane et ça se bat », illustre Mme Lachance.

Au-delà de ces accrocs, les alpagas demeurent des animaux grégaires, qui se sentent mieux en troupeau. Puisqu’ils sont des proies dans la nature, ils ont développé un tempérament anxieux. « Ce sont vraiment leurs amis qui leur procurent un sentiment de bien-être », remarque l’éleveuse. Un lien de confiance s’est formé entre cette dernière et ses bêtes, les rendant moins nerveuses avec elle, mais Sophie Lachance avoue que la tonte n’est pas leur moment préféré alors qu’elles n’apprécient pas de se faire manipuler ou toucher. Elle ne regrette toutefois pas son choix et est très fière du troupeau qu’elle a réussi à former : « Mes alpagas, ce sont mes bébés. Ils sont des membres de ma famille! »

Rustik Alpaga se situe au 610 montée Sainte-Marie à L’Assomption.

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