Faire sa part pour contribuer à la conservation

  • Publié le 13 avr. 2026 (Mis à jour le 13 avr. 2026)
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Jean Baril est un militant écologiste de longue date. (Photo gracieuseté)
Jean Baril est un militant écologiste de longue date. (Photo gracieuseté)

Il y a quelques années, les frères Jean et Réal Baril ont fait don à la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière (FiCEL) d’une propriété de 88,2 hectares, située à cheval entre Saint-Côme et Chertsey. En entrevue avec L’Action, Jean Baril confie aujourd’hui que c’est le geste dont il est le plus fier.

Les frères Baril ont acheté le vaste terrain il y a 20 ans, lors du démantèlement de la pourvoirie La Détente. La terre est voisine du Parc régional de la Forêt Ouareau.

Militant écologiste de longue date et ancien professeur en droit de l’environnement à l’université, Jean Baril connaissait la possibilité de donner une terre pour la conservation. « J’ai eu une chance énorme d’acquérir une grande terre et avec mon frère, nous savions que nous allions éventuellement la donner. Je connaissais aussi la réputation de Michel Leboeuf et son arrivée à la direction générale de la Fiducie a été déterminante dans notre décision. »

Jean Baril explique que la démarche est encadrée par les deux paliers de gouvernement. « La terre doit être évaluée au niveau écologique et il existe un crédit d’impôt de 50 % de sa juste valeur marchande. C’est non négligeable. »

Pour M. Baril, le don de cette terre est le geste environnemental le plus significatif qu’il ait posé. « J’ai lutté pour différentes causes, comme le projet d’oléoduc Énergie Est ou les gaz de schiste, mais le don, il est là à perpétuité et pour les générations futures. J’en suis très fier. »

Au cours de la procédure, le terrain a fait l’objet d’une caractérisation écologique. Onze communautés végétales principales ont été identifiées sur la propriété et 87 espèces animales ont été notées. Jean Baril a été étonné des résultats. Alors qu’il pensait qu’il n’y avait plus de chauve-souris sur place, les analyses ont permis d’en trouver trois qui sont sur la liste des espèces menacées ou en voie de disparition.

Il ajoute qu’une fois le don complété, la Fiducie continue de réaliser des suivis de l’inventaire, de l’évolution et de l’apparition de nouvelles espèces. « C’est un aspect très intéressant et une belle richesse. »

 

Faire boule de neige

En entrevue, Jean Baril dénote que le nord de Lanaudière possède beaucoup de terres privées. Ainsi, si la région veut atteindre la cible gouvernementale de 30 % d’aires protégées d’ici 2030, les propriétaires privés doivent faire leur part. « La FiCEL a un rôle très important et de nombreux projets sont aussi en développement. »

Il souligne que faire d’une terre publique une aire protégée peut être fastidieux en raison, notamment, des droits miniers ou de coupes forestières. « Pour un propriétaire privé, c’est plus simple. Il suffit de prendre la décision de faire le don et d’entamer le processus. C’est possible de contribuer à la conservation des écosystèmes. Le développement a explosé ces dernières années dans la région et la nature rétrécit. C’est important de faire notre part. »

Jean Baril raconte que ses proches n’ont pas été surpris de sa décision et de celle de son frère et qu’ils en ont surtout été fiers. « Si on avait voulu, il y avait des millions de dollars en potentiel de villégiature. Mais nous avons eu le privilège d’acquérir ce terrain et nous aimerions que d’autres puissent en profiter. C’est sûr que ça prend une sensibilité environnementale au sujet de ce qu’on va léguer. »

Le Lanaudois encourage les personnes qui veulent agir pour la conservation à joindre la Fiducie pour s’informer car il existe aussi de nombreuses possibilités autres que le don, comme le fait d’établir une servitude.

Et de tels gestes font ensuite boule de neige! M. Baril dévoile d’ailleurs que l’un de ses voisins fera un don de terrain en 2030. « C’est stimulant et encourageant quand on voit des citoyens faire des dons, ça incite à emboîter le pas. » Celui qui agit maintenant aussi à titre de fiduciaire sera présent le 9 mai, lors de l’événement Saint-Côme s’enracine, afin d’informer les visiteurs au sujet des activités de la FiCEL.

En terminant, Jean Baril souligne l’importante croissance de la Fiducie depuis 10 ans. « Nous en sommes à quelque 700 hectares de protégés et nous allons certainement atteindre l’objectif de 1000 hectares pour 2030! »

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