Projet ÉLAN: Miser sur l’inclusion pour répondre aux besoins de main-d’œuvre  

Karine Boisjoli, Stéphane Toustou, Sipi Flamand, Jonathan Fontaine, Diane Vallée, Marcel Paradis, Samuel St-Georges et Jean Lortie. Photo Médialo – Mélissa Blouin 
Karine Boisjoli, Stéphane Toustou, Sipi Flamand, Jonathan Fontaine, Diane Vallée, Marcel Paradis, Samuel St-Georges et Jean Lortie. Photo Médialo – Mélissa Blouin 

Le Service aux entreprises (SAE) du Centre multiservice et du Centre de services scolaire des Samares a lancé le projet ÉLAN. Cette initiative régionale vise à rapprocher les employeurs et les personnes éloignées du marché du travail afin de favoriser une intégration durable tout en répondant aux importants besoins de main-d’œuvre des entreprises du territoire.  

« Des personnes peinent à trouver leur place sur le marché du travail malgré leurs compétences et leur motivation. Parallèlement, les défis de recrutement et de rétention sont bien présents et les employeurs recherchent activement des talents tout en ayant besoin d’accompagnement pour faciliter leur développement », a expliqué le directeur adjoint du SAE et initiateur du projet, Stéphane Toustou. 

Le projet vise donc à développer des parcours de formation qui seront adaptés aux besoins de cette clientèle sous-représentée. Ceux-ci seront élaborés avec la collaboration des entreprises et des partenaires du milieu.  

Parmi ces derniers se trouve le Conseil des Atikamekw de Manawan, qui travaille déjà en partenariat avec le Centre multiservice des Samares depuis plusieurs années. Pour le chef du Conseil, Sipi Flamand, il s’agit bien plus que d’un programme de formation. « C’est un espace d’apprentissage, de développement et d’espoir pour de nombreuses personnes qui souhaitent bâtir leur avenir professionnel. Cela viendra renforcer leur confiance, leur autonomie et leur capacité à participer au développement de leur communauté. Ce projet contribuera à transformer positivement le visage de la main-d’œuvre de notre région. » 

M. Toustou a ajouté que ce projet unique fera de l’inclusion un véritable levier de développement économique pour Lanaudière.

Les étapes du projet 

Au cours des prochains mois, l’équipe du SAE ira à la rencontre des entreprises afin de mieux comprendre leur réalité et leurs défis en matière de formation. « Nous voulons partir de vrais besoins pour ne pas élaborer des solutions déconnectées de la réalité », a commenté M. Toustou. 

Comme seconde étape, les clientèles concernées seront consultées afin de recueillir leur perception et d’identifier les obstacles qui peuvent freiner le développement de leurs compétences. Ces groupes sous-représentés et éloignés du marché du travail ont été ciblés comme étant: les personnes en situation de handicap, les personnes immigrantes, les membres des Premières Nations et les Inuits au Québec, les femmes dans des secteurs non traditionnels ainsi que les travailleurs de 45 ans et plus.  

L’initiative accorde également une attention particulière au développement de la relève en soutenant les jeunes sans expérience professionnelle, les élèves issus des parcours menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé (FMS) ou à la formation préparatoire au travail (FPT), ainsi que les jeunes en situation de décrochage ou faiblement scolarisés.  

« Nous croyons profondément que chaque personne possède un potentiel à développer et qu’une région forte est une région qui donne sa place à tous les talents. Ce projet démontre que nous sommes capables de nous unir et de créer une véritable synergie éducation/marché du travail », a ajouté le directeur général adjoint du Centre de services scolaire des Samares, Jonathan Fontaine.  

Finalement, le SAE partira des constats recueillis pour adapter son offre de services et développer des continuums de formation répondant aux besoins du milieu. Un premier bilan pourrait être dressé, d’ici un an et demi, grâce aux données qui seront recueillies.  

Des ambassadeurs essentiels 

Au cœur du déploiement, des ambassadeurs agiront comme agents de liaison entre les entreprises, les partenaires régionaux et le service aux entreprises. Ce sont eux qui seront les mieux placés pour comprendre les besoins et les traduire en solutions concrètes. Il s’agit donc du début d’un vaste travail de collaboration sur le terrain.  

« L’inclusion professionnelle ne peut pas reposer sur une seule organisation, elle doit devenir une responsabilité collective et je crois que les entreprises de Lanaudière sont prêtes à faire partie de cette transformation. Plusieurs démontrent déjà le désir d’innover dans leurs pratiques de recrutement, de formation et d’intégration », a commenté la directrice du Centre multiservice des Samares, Diane Vallée. 

La démarche se fera à l’échelle des MRC de D’Autray, de Joliette, de Matawinie et de Montcalm. Elle sera réalisée en complémentarité avec les acteurs déjà engagés sur le territoire. « Ce projet s’aligne directement avec la mission de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) et nous sommes très enthousiastes d’y contribuer financièrement. C’est une initiative coup de cœur qui servira d’exemples pour d’autres régions », a stipulé le président de la CPMT, Jean Lortie.  

L’initiative est rendue possible grâce au financement du gouvernement du Québec dans le cadre de l’appel de projets régionaux du programme Évolution-Compétences – volet Innovation et connaissance.

 

É: Équité – favoriser un accès juste et adapté au marché du travail.  

L: Lien – renforcer la connexion entre les personnes et les entreprises.  

A: Accompagnement – offrir un soutien allant de la formation au maintien en emploi.  

N: Nouveau départ – permettre de véritables parcours de transformation professionnelle.  

 

« Former autrement, là où le métier se vit » 

Le président et cofondateur de TAP Mécanique, Samuel St-Georges, a livré un témoignage révélateur sur les retombées de la collaboration avec le Service aux entreprises (SAE) du Centre multiservice des Samares. Pour son entreprise, l’élaboration de formations adaptées et l’accompagnement dans le développement d’une main-d’œuvre qualifiée font toute la différence. 

« Quand j’ai cofondé TAP Mécanique en 2011, l’un des plus grands défis était de trouver des mécaniciens industriels compétents. Les grandes entreprises recrutent principalement la main-d’œuvre déjà qualifiée. Il faut donc que d’autres employeurs acceptent de former les débutants, car les travailleurs expérimentés ne se créent pas par magie. » 

TAP Mécanique se qualifie donc comme l’une de ces entreprises tremplin qui donne la chance à des gens laissés à l’écart. « Un de nos employés est arrivé chez nous sans diplôme et sans expérience en mécanique industrielle, mais avec la volonté d’apprendre. Huit ans plus tard, il est devenu l’un de nos contremaîtres les plus fiables. » 

Pour M. St-Georges, il s’agit de la mission de son entreprise de former, d’accompagner et de voir évoluer ses travailleurs. « Cependant, nous ne pourrons pas le faire seuls indéfiniment et c’est là que l’apport du SAE est devenu déterminant. » 

Afin de contrer cette pénurie de main-d’œuvre, TAP Mécanique et le SAE ont imaginé ensemble une solution : un programme d’attestation d’études professionnelles (AEP) en mécanique industrielle qui serait réalisé au sein même de l’entreprise. « Ce programme chemine au ministère de l’Éducation et nous attendons sa signature. Son élaboration prouve qu’il est possible de former autrement, sur le terrain, là où le métier se vit. » 

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