À 17 ans, il gravit le Kilimanjaro

  • Publié le 12 févr. 2026 (Mis à jour le 12 févr. 2026)
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Photo gracieuseté
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Après un difficile périple en altitude, Jimmy-James Bouchard a atteint le sommet du Kilimanjaro le 11 janvier. Perché sur le toit de l’Afrique, à près de 5 900 mètres, le jeune homme de Chertsey a vécu un moment qu’il n’oubliera jamais. « La seule chose à laquelle je pouvais penser, c’est que j’avais tenu ma promesse pour ma grand-mère. » 

Jimmy-James songeait à réaliser ce grand défi depuis un moment déjà, mais c’est en septembre dernier, lorsque sa grand-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, est décédée, qu’il a choisi de foncer. « Elle aimait beaucoup les sports à risque et je voulais accomplir cela pour elle, qui n’a jamais eu la chance de le faire ! » 

Certains ont tenté de l’en dissuader, soulignant les risques d’une telle aventure, mais rien n’aurait pu faire changer d’idée l’adolescent de 17 ans. Il était déterminé à aller jusqu’au bout. Aujourd’hui, il est fier d’avoir suivi son instinct, puisque cela a été la plus belle expérience de sa vie.  

« J’ai rencontré des personnes extraordinaires, vu de beaux paysages et découvert une facette de moi que je ne savais même pas qui existait ! J’ai réalisé que j’étais beaucoup plus fort que je pensais, ça a changé ma vie. » 

De compléter cette ascension de sept jours, qui représente une montée totale d’environ 64 km, lui a prouvé que rien ne pouvait l’arrêter. Il souhaite d’ailleurs en inspirer d’autres à réaliser leurs rêves, aussi fous soient-ils. « Je suis la preuve que rien n’est impossible ! Je faisais énormément d’anxiété par le passé et j’ai aussi eu des problèmes cardiaques. Si on m’avait dit, l’an dernier, que j’allais gravir le Kilimanjaro, je ne l’aurais jamais cru ! » 

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Lutter contre les effets de l’altitude 

À partir du moment où sa décision a été prise, Jimmy-James, qui était déjà actif, a mis les bouchées doubles. Avec l’aide d’un coach, il a établi un plan alimentaire et a ciblé ses entraînements sur l’aspect cardiovasculaire. Il s’est préparé, de façon intensive, autant physiquement que psychologiquement.  

Il est parti seul le 31 décembre pour la Tanzanie et est arrivé après 35 heures de voyagement. « Quand tu te retrouves devant le Kilimanjaro, il y a une énergie presque spirituelle. Tu te rends compte à quel point tu es minuscule ! » 

La première journée du périple, le 6 janvier, représentait une marche vers le premier camp, situé à 2 720 m. Déjà, le Lanaudois ressentait des nausées et des maux de tête, ce qui l’a inquiété pour la suite. « C’est censé être une étape facile ! Si je ne me sentais pas bien à cette altitude, je me demandais ce que c’était pour être à 5000 m ! » 

Finalement, ses symptômes se sont résorbés les jours suivants. Les grimpeurs prenaient des médicaments afin de contrer les effets de l’altitude, mais Jimmy-James évoque que la meilleure façon de combattre celle-ci réside dans l’acclimatation progressive, le sommeil, l’alimentation et l’hydratation.  

Les longues journées de marche laissaient amplement le temps au Lanaudois de tomber dans ses pensées. « Tu en viens à te parler à toi-même et à douter. Est-ce que je suis vraiment capable de faire ça ? Il faut une grande force mentale pour tenir jusqu’au bout! » Plus la fatigue s’accumule, plus le moral est affecté. Vient également le stress de savoir que l’aventure peut se terminer à tout moment. « Le terrain est accidenté et, avec le brouillard, tu ne vois pas toujours tes pieds. Je me suis tordu la cheville deux fois, mais ça ne m’a pas empêché de continuer! » 

Dans les moments difficiles, Jimmy-James entendait les encouragements de sa mère et pensait à sa famille et ses proches. « Tous ces gens croyaient en moi et j’y croyais aussi, alors je me disais qu’il n’y avait aucune raison que je n’y arrive pas! » Les porteurs et les guides africains qui les accompagnaient ont également fait toute la différence. « L’énergie qu’ils amènent, c’est malade! Ils sont toujours en train de chanter et danser! Ça crée des moments inoubliables et ça aide à te sortir de ta tête! »  

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Le toit de l’Afrique 

Les deuxième et troisième camps étaient situés à environ 3 700 m et 4 700 m. Puis, l’ascension finale, du dernier camp vers le sommet (5 895 m), se faisait d’un seul coup. « Nous sommes partis à minuit avec moins de deux heures de sommeil! Je ne m’attendais jamais à ce que ce soit autant difficile! Je dormais en marchant et à la fin, j’avais mal à la tête comme si quelqu’un effectuait une énorme pression sur celle-ci. » 

Le 11 janvier, à 6h28 précisément, Jimmy-James a atteint le sommet. « J’étais avec un autre grimpeur et la première chose que nous avons faite, quand nous avons vu la fameuse pancarte, a été de pleurer! Je me sentais comme le roi du monde ! » Derrière lui, certains grimpeurs ont été beaucoup plus affectés par l’altitude. Certains ont perdu connaissance, ont eu des problèmes de vision ou même, des hallucinations.  

Pour Jimmy-James, c’est la descente, souvent sous-estimée, qui a été la partie la plus difficile. « J’étais sonné et je respirais difficilement! » Un autre moment éprouvant pour lui a été de devoir quitter les 13 autres grimpeurs avec lesquels il a partagé l’expérience. « Nous étions toujours ensemble et dans des conditions pas évidentes! Nous n’avions pas le choix de nous serrer les coudes et de nous faire confiance. C’est rapidement devenu une famille! Je ne pourrai jamais les oublier, notre connexion est indescriptible. » 

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Une source d’inspiration 

C’est un jeune homme transformé qui est revenu à Chertsey. « Sa maturité, la façon dont il s’exprime, sa confiance, ce n’était pas du tout comme ça avant. Toute sa vie, il a toujours été très anxieux », a raconté sa mère, Julie Leclerc. Elle a mentionné que son fils est un bel exemple pour ceux qui vivent aussi avec cette peur qui les empêche de bien respirer, « c’est possible de surmonter cela ». 

Malgré la grande inquiétude qui vient avec la nouvelle passion de son fils, Mme Leclerc est heureuse de voir qu’il a trouvé sa voie. « J’aime mieux le savoir heureux là-bas, même si ça vient avec des risques, que de le voir malheureux ici! » 

De son côté, Jimmy-James a ajouté que s’il avait rencontré, lorsqu’il avait huit ans, le jeune homme qu’il est aujourd’hui, il aurait été fier du chemin parcouru. « Je sais que je peux en inspirer d’autres! » Il a aussi tenu à encourager tous ceux qui ont une passion à persévérer. « Si ça te rend heureux, vas-y, fonce! C’est ta vie et, si toi tu penses que c’est possible, c’est tout ce qui compte! » 

Pour le Lanaudois, le Kilimanjaro n’était que le commencement. Il aimerait notamment se rendre au Népal, avant ses 19 ans, pour gravir des monts de 8000 m et souhaiterait faire sa prochaine ascension pour une cause qui lui tient à cœur.  

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