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17 novembre 2021

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Quand la cyberintimidation décourage les élus municipaux

Politique municipale

Martin Rondeau (maire)

©(Photo l'Action - archives) - L'Action

Martin Rondeau, l’ancien maire de Saint-Jean-de-Matha, a été confronté à plusieurs commentaires désagréables durant son mandat.

L’ancien maire de Saint-Jean-de-Matha, Martin Rondeau, a pu constater le lot de commentaires désobligeants que peuvent apporter les réseaux sociaux. Au cours de son mandat, il a reçu une formation et des conseils pour l’aider à mieux gérer les impacts de ces messages. En entrevue avec L’Action, il a accepté de partager son expérience.

Même s’il dit ne pas avoir été visé personnellement, l’ancien maire avoue avoir vu des propos hargneux en lien avec des dossiers sur lesquels il a travaillé. Pour lui, une surveillance des réseaux sociaux devrait être envisagée puisqu’une grande quantité de personnes exploitent l’anonymat que permettent ces plateformes pour faire de vives critiques. « Il n’y a pas de limite et puisqu’il n’y a personne en face de lui, l’individu croit qu’il peut se permettre de dire n’importe quoi. C’est là que je trouve qu’il faut qu’il y ait une forme de régulation parce que ça dégénère », suggère M. Rondeau.

L’ancien maire trouve particulièrement désolant de voir que des citoyens s’attaquent aux familles des élus. Martin Rondeau raconte avoir eu beaucoup de difficultés à trouver quelqu’un pour lui succéder. Plusieurs personnes auraient refusé de s’impliquer dans la politique municipale parce qu’elles craignaient que leurs proches ou encore que leurs enfants n’entendent des propos désobligeants à leur égard.

Un manque d’informations

M. Rondeau reconnait que les citoyens qui propagent des commentaires plus violents ne sont pas nombreux, mais ils ont une voix forte. « Ça ne représente pas la majorité de la population, mais les mots qu’ils utilisent et leurs façons d’interpréter les propos qu’ils reçoivent mènent à de la désinformation et à de la frustration », explique M. Rondeau.

Lors de son mandat, il a reçu plusieurs critiques en lien avec deux dossiers en particulier, soit les relocalisations du CRAPO et du comptoir vestimentaire. Ces affaires ont grandement été questionnées par la population et M. Rondeau a tenté de répondre à ces inquiétudes pour remettre les pendules à l’heure. Cependant, des remarques ont continué d’affluer sur les pages Facebook « Spotted Saint-Jean-de-Matha » et « ça se passe à Saint-Jean-de-Matha », provenant toujours de mêmes personnes faisant beaucoup appel aux émotions dans leurs commentaires. L’ancien maire précise que ces quelques individus expriment leur avis sans avoir fouillé profondément le dossier : « En politique, la vérité est facile à trouver parce qu’une municipalité parle par des résolutions, par des règlements, des procès-verbaux ou des ordres du jour. Tout ce qui se fait dans un dossier municipal, il y a un écrit quelque part. »

Conseils

Martin Rondeau réitère ne pas avoir vraiment été intimidé par les citoyens de sa Municipalité, mais il comprend l’impact que cela peut avoir sur le moral d’un élu. « L’une des raisons pour lesquelles quelqu’un veut travailler au municipal, c’est pour se donner à sa collectivité et non pour faire un trip d’argent. Alors c’est dur quand tu vois des gens dire que tu as vraiment été une mauvaise personne et qui t’attaquent dans ton intégrité », déclare-t-il.

Ainsi, M. Rondeau a suivi une formation au cours de laquelle il a reçu plusieurs conseils afin de bien gérer les commentaires désobligeants qui lui étaient envoyés. L’une de ces suggestions était de regrouper les dossiers et les sujets plus controversés et de produire des textes afin d’y inscrire toutes les informations que les citoyens ont besoin pour bien comprendre le sujet.

En outre, il lui a été fortement recommandé de répondre aux messages des citoyens que sur un site officiel comme celui de la Municipalité. La suggestion lui a aussi été faite de ne pas répondre aux propos d’un seul citoyen, mais de tenter plutôt de présenter des explications qui répondront à plusieurs questionnements en même temps. L’ancien maire a appliqué ces indications en écrivant des textes et en enregistrant des vidéos informatives pour la population.

Selon Martin Rondeau, la recommandation qui revient souvent aux oreilles des politiciens est tout simplement d’ignorer ces messages. « Il ne faut surtout pas lire tous les commentaires, il y a une personne aux communications qui est chargée de ça », conclut-il

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Commentaires

20 novembre 2021

Robert Morin

Triste incohérence! À mes yeux, le traitement méprisant réservé par M. Rondeau au Centre régional d'animation du patrimoine oral (CRAPO) est aussi triste que le sort qu'a réservé la municipalité de St-Élie-de-Caxton à Fred Pellerin. Un vrai post-mortem détaillé s'imposerait pour assurer une vraie réconciliation. Par ailleurs, je n'ai jamais compris que M. Rondeau puisse à la fois reconnaitre et condamner le rôle néfaste des réseaux sociaux dans la vie démocratique, tout en étant celui dont l'administration a décidé de boycotter les médias régionaux (dont l'Action) comme moyen de communication avec les électeurs, préférant s'en remettre au «tout à l'Internet». Il y a là une incohérence fondamentale, quand on sait que les médias régionaux, essentiels à une vraie démocratie et à de l'information fiable, sont menacés de disparition. M. Rondeau aurait au moins pu continuer d'y publier les avis publics municipaux.

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