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01 juin 2020

Élise Brouillette - ebrouillette@lexismedia.ca

Mobilisation pour la préservation d’une maison ancestrale

Saint-Ambroise-de-Kildare

Maison ancestrale

©Photo gracieuseté - L'Action

Une photo de la propriété en date d'aujourd'hui.

Une maison ancestrale située sur la rue Principale (au 421) à Saint-Ambroise-de-Kildare risque la démolition. Une pétition afin de l'empêcher de disparaître du paysage vient d'ailleurs d'être lancée.

« Je viens d’apprendre que la maison de mes arrière-grands-parents, une belle maison blanche aux volets jaunes, construite en 1900, entourée de vieux arbres, a été achetée par une société de développement immobilier qui compte la démolir sous peu », a écrit Mélissa Grégoire, dont la famille était jusqu’à récemment propriétaire de la maison, à L’Action.

Mme Grégoire a contacté la Municipalité de Saint-Ambroise-de-Kildare, qui lui a confirmé qu’aucune protection n’est associée à cette maison.

Toutefois, Mme Grégoire souligne qu’il est pourtant écrit dans le rapport de la Loi sur la protection du patrimoine au Québec que : « les municipalités peuvent, elles aussi, protéger des immeubles ou des lieux en vertu de la Loi sur les biens culturels. Elles peuvent, de leur propre initiative ou à la demande des citoyens, identifier et protéger des biens présentant un intérêt patrimonial à l’échelle locale ou régionale. »

Parmi les critères d’évaluation pour protéger un bâtiment, on retrouve : la rareté relative du bien, la valeur d’art ou d’architecture, l’intérêt historique, l’état de conservation physique du bien et son degré d’authenticité, la relation du bien avec son environnement et la qualité de celui-ci ou la valeur que la société québécoise reconnaît au bien.

« Il m’apparait assez évident que la maison de mes arrière-grands-parents répond à tous ces critères et qu’elle mérite d’être protégée par la municipalité. Pourquoi la société de développement immobilier n’est-elle pas contrainte de respecter un plan d’intervention et d’intégration architecturale dans la construction de son projet immobilier? Pourquoi la municipalité de Saint-Ambroise-de-Kildare ne protège-t-elle pas son patrimoine? Lorsqu’on jette à terre une si belle maison pour la remplacer par un immeuble moderne, sans âme, c’est tout le village et ses habitants qui en paient le prix, puisque c’est une partie de leur histoire et la beauté du paysage qui disparaissent avec elle », regrette Mélissa Grégoire.

D’ailleurs, preuve de sa valeur pour la communauté, lors d’un événement dédié au patrimoine organisé par Saint-Ambroise-de-Kildare à l’occasion des Journées de la culture en 2013, la maison ancestrale dont il est question faisait partie d’un rallye patrimonial.

Besoin de balises et de subventions

En entrevue, Mélissa Grégoire mentionne que la résidence a été longtemps en vente sans trouver preneur. La famille espérait trouver un acheteur qui aurait pris soin de la restaurer tout respectant l’architecture d’origine, mais cet acheteur idéal ne s’est jamais présenté.

Depuis que ce dossier a été rendu public, il a fait réagir plusieurs intervenants du milieu, dont la députée de Joliette Véronique Hivon. La ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy s’est également engagée à s’en occuper sur les réseaux sociaux.

Mme Grégoire se désole que Saint-Ambroise-de-Kildare semble mal outillée pour protéger son patrimoine. « Je ne suis même pas sûre qu'il y ait une volonté politique pour s'opposer à la triste réalité du marché. Pourtant, la municipalité devrait prendre ses responsabilités, se prévaloir de ses pouvoirs qui sont prévus dans la loi sur le patrimoine pour donner un statut de protection à de tels bâtiments. Bien sûr, la municipalité ne peut pas faire cela toute seule; il devrait y avoir des subventions et des balises claires fixées par le ministère de la Culture lorsque quelqu'un devient propriétaire d'une telle maison. Ce dernier devrait être contraint de la rénover en respectant non seulement l'architecture et les matériaux d'origine, mais aussi l'esprit des lieux, la nature qui l'entoure. Si on détruit toutes ces belles maisons qui ont un charme ancien, les unes après les autres, que va-t-il rester de nos villages? A-t-on vraiment envie de vivre dans un lieu rempli de béton et d'immeubles à condos? Il me semble que cette défense de la beauté devrait aller de soi. »

Mme Grégoire espère que le ministère de la Culture agira rapidement dans ce dossier.

Une pétition pour empêcher la démolition

Natacha Parent, résidente de Saint-Ambroise-de-Kildare, a été mise au fait il y a un an que cette maison risquait de disparaître du paysage de la municipalité. Elle s’est rendue à l’hôtel de ville afin de dénoncer cette situation. « Je ne comprenais pas pourquoi on ne la protégeait pas, j’étais attristée », raconte-t-elle en entrevue avec L’Action.

Toutefois, lorsqu’elle a été informée du peu de recours possible, elle a cessé ses démarches.

Informée de la mobilisation actuelle autour de la propriété, elle a lancé une pétition au cours de la fin de semaine dans le but d’empêcher les promoteurs immobiliers d’acheter les maisons ancestrales et patrimoniales de la municipalité en vue de les démolir. « Nous croyons que cette maison [située au 421 rue Principale] ainsi que le lieu où elle se trouve devraient être considérés comme bien patrimonial donc être protégés de démolition ou de modification majeure. Cette maison fait partie du paysage, de l'histoire et des racines de la municipalité de Saint-Ambroise-de-Kildare et elle est ainsi une fierté », peut-on lire dans la pétition.

Au moment de publier, la pétition avait recueillie 369 signatures. L’instigatrice invite les gens de partout à la signer, soulignant qu’il s’agit du « patrimoine du Québec ».

Mme Parent insiste sur le fait que l’objectif n’est pas de mettre des bâtons dans les roues du promoteur, mais de trouver un terrain d’entente.

Elle croit aussi qu’une instance indépendante devrait exister pour trancher dans de tels dossiers, étant donné les revenus de taxation que représentent les projets immobiliers pour les municipalités.

La pétition intitulée « Contre la démolition de la maison blanche de St-Ambroise-de-Kildare » est en ligne sur le site www.petitionenligne.net. La pétition sera remise sous peu à la députée de Joliette, Véronique Hivon et à la ministre de la Culture Nathalie Roy.

Tout est en règle

Le maire de Saint-Ambroise-de-Kildare, François Desrochers, a affirmé à L’Action qu’aucun permis de démolition n’a encore été délivré au promoteur.

Il explique aussi que la propriété, qui se trouve en zone commerciale, a été à vendre pendant deux ans avant d’être achetée par des promoteurs immobiliers. « Tout le monde qui l’aurait souhaité a eu la chance de l’acheter. »

Le maire mentionne que la municipalité ne possède pas de Plan d’implantation et d’intégration architecturale, qu’elle juge contraignant et onéreux pour les propriétaires. Saint-Ambroise-de-Kildare a plutôt décidé de mettre en place en 1998 un Comité du patrimoine afin d’inciter les citoyens à préserver l’architecture du village et de leur donner des conseils. « Ça fonctionne bien. Nous avons toujours tout fait pour protéger les vieilles maisons. Nous en avons de 35 à 40 encore plus anciennes que celle dont il est question. »

M. Desrochers souligne qu’au niveau légal, la Municipalité ne pouvait intervenir dans cette transaction, pas plus que dans n’importe quelle vente de maison privée. Le zonage permet un projet multilogement.

Le promoteur veut collaborer

Joint par L’Action, le promoteur Nicolas St-Cyr n’avait pas encore eu la chance de s’entretenir avec les différents intervenants, mais il se dit tout à fait prêt à collaborer dans un processus de réflexion. « Je ne suis pas du tout fermé, mettons-nous en contact et regardons ce qu’on peut faire. »

 

 

 

 

 

Maison ancestrale

©Photo gracieuseté - L'Action

La maison date du début du 20e siècle.

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Commentaires

1 juin 2020

Francine Paquette

"... Mélissa Grégoire, dont la famille était jusqu’à récemment propriétaire de la maison". Si la famille Grégoire était propriétaire de cette superbe maison, pourquoi l'ont-ils vendue et à qui? Pourquoi ne pas avoir fait les démarches auprès de la municipalité? Je ne porte aucun jugement, je ne fais que poser des questions. Merci.

1 juin 2020

Francine Lacharité

On ne détruit pas l'histoire on prend soins de l'histoire on la regarde et on l'enseigne

2 juin 2020

Guy Belanger

J'ai vécu pendant 30 ans à Saint-Ambroise-de-Kildare et c'est un Conseil Municipal qui n'a jamais fait grand chose pour améliorer le village. Un des maires qui fut là pendant 25 ans ne voulait jamais rien faire pour pas que les taxes augmentent (pensant à sa réélection je suppose). Lorsque le gouvernement provincial donnait des subventions pour remettre le patrimoine urbain religieux dans leur état original on avait organiser une petit comité pour faire remplacer les portes métalliques de l'Église par des portes de bois avec le même design que les portes originales; ce fameux maire qui était président de la fabrique à l'époque avait refuser et avait donner comme raison que les gens arrêteraient d'aller à la messe si on remplaçait ces portes de Steinberg. D'après de ce que je lis aux présentes, plus ça change plus c'est pareil.

3 juin 2020

Jessie dupuis

Je crois que pour nous et nos futur générations on se.doit de garder des endroit.et des histoires maison.église etch pour leur faire connaître d ou on.viens

4 juin 2020

Brigitte Blais

Dommage que ce ne sois pas rester dans la famille descend elle est vraiment belle cette demeure très agréable dans ce decord immédiat

4 juin 2020

Yolande Laporte

Il y a de quoi faire avec cette résidence... Elle fait partie de l'histoire de St-Ambroise. À vouloir que récolter les taxes... le village prend une tournure de n'importe quoi... où sont les Urbanistes? À petits pas... on n'a enlevé le cachet de ce village... grand manque de vision!

5 juin 2020

Clémemt Locat

Curieux dilemme ! Pourquoi chercher un nouveau terrain pour cette maison et non un autre terrain pour la construction de multi-logements. En termes juridiques, on dirait que la maison profite d’un droit acquis de 120 ans sur ce terrain paysager. Il en va de la valeur architecturale de la maison, mais aussi de l’environnement naturel, un patrimoine qui contribue à la richesse de ce milieu villageois. Rappelons que le patrimoine n’est pas une ressource renouvelable et que la banalisation de nos milieux ne représentera jamais un progrès.

13 juin 2020

Claire Lepage

J’appuie tout ce qui est dit précédemment, je ne veux pas répéter qu’elle désolation de perdre cette maison et son terrain qui en fait son charme, son environnement! Ça fait 5 ans que je visite des tours à condos, toutes pareilles, cheap et sans intérêt, sans âme. Ce que je trouve important de dire en ce moment, c’est qu’il y a un réveil dû au confinement au télétravail et à l’achat de propriétés à l’extérieur de Montréal. Il faut remettre en perspective cette nouvelle avenue d’acheteurs de ces belles maisons et surtout de ce magnifique terrain et environnement. Les nouveaux propriétaires cherchent aussi de beaux lieux où vivre et... travailler.

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