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03 février 2020

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

La première partie des audiences publiques complétée

BAPE sur le projet minier à Saint-Michel-des-Saints

BAPE

©(Photo l'Action - Christian Belhumeur-Gross) - L'Action

De nombreux citoyens étaient présents lors de l'ouverture de la première séance publique du BAPE à Saint-Michel-des-Saints

Le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) a débuté son mandat le 27 janvier dernier et la première partie des audiences publiques s’est tenue les 28, 29 et 30 janvier dans la communauté à Saint-Michel-des-Saints. De nombreux citoyens ont ainsi pu questionner les promoteurs, mais également la Municipalité et les divers ministères concernés sur les tenants et aboutissants du projet minier de Nouveau Monde Graphite. L’Action a assisté à la séance d’ouverture, le 28 janvier 

Ce sont près d’une centaine de personnes qui étaient présentes lors de l’ouverture des audiences le 28 janvier en soirée au chalet Mont-Trinité à Saint-Michel-des-Saints. Lors de cette première partie des audiences, les citoyens étaient invités à adresser des questions à la commission concernant les divers aspects du projet de même que sur son impact socio-économique dans la région. Outre les commissaires Julie Forget et Jacques Locat, des fonctionnaires de divers ministères, de la MRC et de la Municipalité, de même que l’équipe technique de Nouveau Monde Graphite étaient présents pour répondre aux diverses questions.  

Un projet favorisant la diversification économique 

La séance a d’abord débuté par une brève présentation du projet de la part du président de Nouveau Monde Graphite, Éric Desaulniers. Ce dernier, tout en réaffirmant les principaux engagements de son projet, c’est-à-dire une mine 100 % électrique, un remblaiement progressif de la fausse et des impacts négligeables au-delà d’un rayon d’un kilomètre de la mine, a souligné que le projet Nouveau Monde graphite s’inscrivait dans un modèle d’affaire durable. Selon le président de l’entreprise, Nouveau Monde Graphite contribuera à créer de la richesse en Matawinie et à diversifier l’économie de la MRC. 

BAPE

©(Photo l'Action- Christian Belhumeur-Gross) - L'Action

Éric Desaulniers et l'équipe technique de NMG.

La mine carboneutre et la gestion des résidus miniers aux cœurs des questionnements citoyens 

À la suite de la présentation de M. Desaulniers, ce sont près d’une vingtaine de citoyens qui ont défilé au micro, dont plusieurs étaient rattachés aux deux principaux groupes d’opposition, l’Association pour la protection du Lac-Taureau (APLT) et la Coalition des opposants au projet minier en Matawinie. La question de l’électrification à 100 % de la mine, de même que la gestion des résidus miniers, ont occupé une large part des discussions. 

Daniel Tokatéloff de l’APLT a réitéré les inquiétudes de son organisme quant au fait que les cellules expérimentales de co-disposition des déchets prévue dans l’étude de faisabilité ne sont toujours pas prêtes et que le résultat sur l’efficacité de ce procédé ne sera connu que bien après les audiences du BAPE. L’entreprise confirme que les cellules seront prêtes dès le printemps et que des analyses seront effectuées par la suite, mais des résultats concrets ne seront pas disponibles avant plusieurs années. Les représentants du ministère de l’Environnement soulignent pour leur part que le procédé de co-disposition est reconnu comme une méthode acceptable de gestion des résidus miniers, ils souhaitent tout de même obtenir des données supplémentaires via modélisation afin de confirmer certaines hypothèses sur les risques de contaminations du sol. L’engagement de l’entreprise à fournir ces données serait suffisant pour juger de la recevabilité du projet à ce stade-ci. Ces données seront par la suite analysées dans l’étude d’impact environnemental faite en parallèle du BAPE, étude qui est nécessaire pour l’obtention du décret autorisant le projet. 

Des citoyens ont également exprimé des doutes sur la faisabilité de l’électrification complète de la mine d’ici la 5e année d’opération.  Selon eux, il y a risque, vu les coûts d’une telle opération, que l’électrification complète ne soit réellement possible. Un citoyen a d’ailleurs demandé si le non respect de cet engagement pouvait compromettre la poursuite du projet. Le ministère de l’Environnement souligne qu’il s’agit d’un engagement et qu’il devra être respecté. Si ce n’est pas le cas, une demande de modification au décret devra être effectuée. M. Desaulniers assure pour sa part que cet engagement sera respecté, que la technologie est au rendez-vous et que des partenariats avec différents fabricants seront annoncés dans les prochains mois.  

D’autres aspects du projet ont été également abordés par les citoyens, dont l’intégration du projet minier au sein de la vocation touristique de la région, les problématiques liées à la main-d’œuvre de même que l’impact du projet sur la qualité de l’eau, de l’air et les nuisances occasionnées par le bruit. La représentante du ministère de la Santé a d’ailleurs souligné certains risques possibles de dégradation de la qualité de l’air.  

La méthodologie des sondages présentés par l’entreprise pour démontrer l’acceptabilité du projet a également été critiquée vu le faible échantillonnage de villégiateurs alors qu’ils représentent, selon les données de la MRC de Matawinie et de la Municipalité de Saint-Michel-des-Saints, près de 50 % de la population. Les commissaires ont d’ailleurs demandé à l’entreprise que cette réalité soit mieux tenue en compte lors de prochains sondages. 

Les audiences se sont poursuivies les deux jours suivants lors desquels les citoyens ont pu continuer à poser des questions. L’entreprise, mais également les différents experts des ministères, ont également déposé divers rapports et effectué des présentations plus approfondies sur les différents aspects du projet. 

BAPE

©(Photo l'Action - Christian Belhumeur-Gross) - L'Action

Gilles Cartier, président de l'Association pour la protection du lac Taureau.

Les préoccupations demeurent 

Questionnés à la suite de la première soirée d’audiences publiques, les représentants de la COPH et de l’APLT se sont dit confiants du processus mis en place par le BAPE. Toutefois, selon eux, les réponses de l’entreprise sont restées évasives et les doutes sur la viabilité environnementale et sociale du projet demeurent. « Cette mine énorme comme celle de Malartic aurait, selon ses promoteurs, un impact faible sur la pollution des eaux, sur l’air, sur le bruit, bref c’est faible partout, mais tout ça, c’est basé sur des modalisations numériques. On a donc un doute qui persiste» souligne M. Tokatéllof en entrevue avec L’Action.  

Questionné sur l’acceptabilité possible d’un tel projet, les deux organismes sont catégoriques, d’aucune façon ce projet ne pourrait leur apparaître acceptable dans un milieu comme celui de Saint-Michel-des-Saints. « On ne conçoit pas qu’une industrie minière puisse venir s’installer dans un milieu aussi sensible que celui-ci. Alors que l’industrie touristique prend un essor sans précédent depuis les 15 dernières années, comment peut-on y juxtaposer deux économies aussi diamétralement opposées? Le risque est énorme » souligne May Dagher de la COPH.  

L’entreprise se dit confiante 

Éric Desaulniers s’est dit ravi de voir autant de citoyens participer au processus, il y voit l’occasion pour ces derniers d’obtenir des réponses claires provenant de différents experts. En entrevue avec L’Action, il a tenu à clarifier certains éléments liés aux capsules expérimentales. Selon lui, le processus de co-disposition n’est en rien expérimental, ce processus fonctionne déjà et l’objectif de la capsule est d’améliorer les paramètres d’opérations avant les premières années d’exploitation de la mine. «Notre objectif, ce n’est pas pour prouver que ça marche, on le sait que ça fonctionne. Ce que nous souhaitons faire avec la cellule expérimentale, en travaillant avec différents experts à travers le monde, c’est de bâtir une méthode gestion des résidus la plus solide qui soit et qui peut s’appliquer le plus efficacement possible sur notre produit» a-t-il précisé.  

M. Desaulniers s’est également dit confiant pour le déroulement de l’ensemble du processus et y voit une opportunité d’améliorer le projet. « Les questions et échanges avec le public, la commission et les organismes ressources nous ont également permis d’identifier certaines pistes pour améliorer et mieux communiquer le projet afin qu’il s’implante de manière harmonieuse et bénéfique dans son milieu » a-t-il souligné par courriel suite a la conclusion de cette première partie.  

La prochaine étape du BAPE sera le dépôt des mémoires des citoyens et des différents groupes concernés. À cette occasion, les citoyens pourront émettre leur opinion sur le projet. Les prochaines séances publiques, qui seront consacrées à la présentation des mémoires, auront lieu les 25, 26 et 27 février prochains.  

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