La commission d’enquête déposera son rapport d’ici le 2 juin

L’audience publique du BAPE à Sainte-Julienne. (Photo Médialo – Élise Brouillette)
L’audience publique du BAPE à Sainte-Julienne. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

Projet de contournement à Sainte-Julienne

La commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), composée de Georges Lanmafankpotin, président, et de Pierre Benoit, commissaire, dresse un bilan positif de l’audience sur le projet de contournement du noyau urbain de Sainte-Julienne par la route 125. Elle poursuit maintenant son travail d’analyse et procédera à la rédaction de son rapport qui sera déposé au ministre responsable de l’Environnement au plus tard le 2 juin.

Rappelons que la première partie de l’audience était consacrée aux questions des participants et de la commission. Les 3 et 4 février, trois séances publiques ont été tenues, auxquelles plus de 150 personnes ont assisté. Plusieurs thèmes y ont été abordés tels que la déforestation, la justification du tracé proposé, la circulation, ainsi que les différentes mesures d’atténuation, de compensation et d’évitement prévues.

La deuxième partie, qui a eu lieu les 3 et 4 mars, était dédiée exclusivement à l’audition des mémoires, des opinions verbales et des suggestions des personnes, des municipalités, des organismes et des groupes désirant faire valoir leur point de vue. Lors de cette séance, 9 des 19 mémoires reçus ont été présentés en plus de 6 communications verbales et d’une intervention spontanée. Environ 185 personnes y ont assisté, en salle ou en ligne.

Le milieu municipal est unanime

Mobilité 125, qui regroupe les municipalités concernées par ce projet, a déposé son mémoire, fruit de cinq années de travail, de consultations et de concertation. Ce dernier exprime la position unanime des huit municipalités membres de la coalition au sujet de l’importance et de l’urgence de procéder sans délai aux travaux de contournement.

Le mémoire rappelle que le contournement par l’emprise du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) n’est pas le résultat d’un choix politique, mais bien la conclusion d’un processus d’analyse rigoureux et complet. « Après l’examen de tous les tracés alternatifs, écartés précisément en raison de leurs impacts environnementaux plus importants, la solution retenue s’impose parce qu’elle répond à la fois aux critères de sécurité routière, de protection de l’environnement et de faisabilité financière. Aucune étude technique n’est venue contredire cette conclusion. Le contournement est la seule solution viable et nous demandons à la commission d’en recommander la réalisation dans son rapport », a déclaré Germain Majeau, maire de Saint-Esprit et porte-parole de Mobilité 125.

Mobilité 125 brosse un portrait préoccupant de la sécurité sur l’ensemble du corridor. La coalition souligne que la majorité des accidents recensés sont directement liés à la densité du trafic et à la configuration de la route et que la solution doit donc être une infrastructure améliorée.

Le regroupement insiste sur la nécessité de réaliser le plan d’intervention dans sa totalité. « Les améliorations complémentaires prévues ailleurs sur le corridor, soit les voies de virage, la correction des intersections A-25/158 et 125/337 ainsi que la sécurisation des approches, font partie d’un même ensemble avec le contournement. Mettre en œuvre le projet sans ces correctifs, ce serait régler le problème le plus visible sans s’attaquer aux autres points faibles du corridor qui, laissés sans intervention, pourraient réduire les bénéfices du projet principal. »

Pour traduire ses positions en actions concrètes, Mobilité 125 formule huit recommandations à la commission. Sa recommandation phare porte sur l’ajout d’un carrefour giratoire au raccordement sud du contournement. Le regroupement estime que cette bonification est essentielle, qu’elle améliorerait considérablement la sécurité aux points de conflit, préserverait l’accès au secteur commercial de Sainte-Julienne et limiterait les empiètements sur les terres agricoles avoisinantes.

 

Des enjeux environnementaux

Parmi les organisations qui ont présenté un mémoire, en plus des municipalités concernées, on retrouve plusieurs organismes ou mouvements environnementaux, tels que Sauvons la forêt du prolongement de l’autoroute 25!

Dans son mémoire, le mouvement souligne qu’il ne s’oppose pas par principe au développement ou à la sécurité routière.  Toutefois, il demande l’annulation du projet de voie de contournement et de plutôt modifier et sécuriser la route 125 existante. Il souhaite l’étude sérieuse d’alternatives moins destructrices, la mise en place d’actions intégrées pour résoudre les problèmes de circulation et demande la protection intégrale des milieux naturels et hydriques concernés.

De son côté, au sein du mémoire qu’il a déposé à la commission, le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière rappelle les impacts du projet au niveau des milieux hydriques et forestiers, dont les pertes de 6,3 hectares de milieux humides, de 15,74 hectares de couvert forestier, de 8,7 hectares d’érablières à potentiel acéricole et de 1,9 hectare de terres agricoles protégées.

L’organisme avance que dans une perspective d’aménagement responsable, le principe d’évitement devrait primer sur la compensation : « À cet égard, il apparaît pertinent que soient analysés en profondeur : des scénarios de réaménagement sécuritaire du tracé existant; l’amélioration ciblée des intersections problématiques ; des mesures d’apaisement de la circulation; la gestion dynamique des pointes de trafic; la bonification du transport collectif régional de même que des interventions modulaires et réversibles. Ces options pourraient répondre aux enjeux de sécurité tout en limitant les pertes écologiques permanentes. »

L’Organisme de bassins versants (OBV) L’Assomption a, quant à lui, émis plusieurs recommandations, notamment dans le but de limiter les risques d’introduction et de propagation d’espèces exotiques envahissantes au cours des travaux. Plusieurs éléments concernent aussi le réaménagement du cours d’eau #13 et la préservation de la biodiversité locale. Dans la conclusion de son mémoire, l’OBV mentionne que le projet de contournement constitue une intervention structurante pour le territoire, mais que son implantation dans un contexte hydrologique et écologique sensible exige une approche rigoureuse, intégrée et cohérente avec les engagements territoriaux en matière de gestion de l’eau.

Perte d’un sentier de motoneige

Le Club Auto-Neige de Sainte-Julienne 1973 inc. est aussi intervenu lors de l’audience et a partagé, via un mémoire, ses préoccupations. En effet, le projet engendrera la perte d’un sentier de motoneige local. « Le sentier ne peut pas être déplacé ailleurs et se retrouve coupé du réseau complètement. Les pistes de solutions à ce jour ne sont pas garanties et ont de fortes chances de ne pas être viables. »

Le club a expliqué que bien que le tronçon perdu soit local, il devait faire partie d’un sentier de motoneige régional ayant une grande importance pour le réseau. « Ce nouveau sentier permettrait d’éviter le passage sur des terrains privés et d’assurer la pérennité des sentiers. »

Le club souhaite ainsi obtenir une nouvelle rencontre avec le MTMD, une fois les plans d’avant-projet terminés, afin d’évaluer la faisabilité de construire un sentier multifonctionnel incluant les vélos l’été et les VHR l’hiver. « Ce sentier permettrait de conserver ces activités au cœur de Sainte-Julienne sans nuire au projet de contournement. Le sentier se situerait à l’extérieur du mur de son, du côté ouest de la nouvelle route 125. »

Le rapport de la commission sera rendu public au plus tard 15 jours après le dépôt au ministre. Pour consulter l’ensemble des informations et des documents en lien avec le projet et l’audience publique : https://www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/sainte-julienne-route125/.

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