Des futurs électeurs allumés et curieux

  • Publié le 25 sept. 2026 (Mis à jour le 29 sept. 2026)
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Photo Médialo - Mélissa Blouin
Photo Médialo – Mélissa Blouin

Six des candidats en lice pour l’élection dans la circonscription de Joliette ont accepté de participer à un panel politique devant les élèves de Barthélemy-Joliette. Il s’agit de la seule école secondaire de la région à avoir accueilli un tel événement.   

« C’est un projet qui me tenait énormément à cœur. Je souhaitais rendre la politique plus accessible aux élèves et les encourager à s’engager et à prendre part, plus tard, au vote », a commenté l’instigatrice de l’activité et enseignante d’histoire, Mylène Morin. 

Les six candidats se sont adressés aux élèves de secondaire 3, 4 et 5 le 15 septembre dernier. Ils ont d’abord eu l’occasion de se présenter, de mentionner les raisons pour lesquelles ils se sont lancés en politique et d’expliquer pourquoi ils seraient de bons députés. Les animateurs du panel, Mylène Morin et Médéric Lavallée, ont ensuite demandé aux candidats quel dossier local ils défendraient en priorité s’ils étaient élus.  

Véronique Venne du Parti québécois ainsi que Rémi Lafrenière du Parti conservateur ont abordé le problème de l’itinérance dans la région. Flavie Trudel de Québec solidaire a, quant à elle, évoqué la crise du logement, alors que Guillaume Tremblay de Présence Québec et Sana Arfaoui du Parti libéral ont mentionné l’éducation. De son côté, Clodine Desrochers de la CAQ a indiqué que sa priorité serait de soutenir les entreprises locales.  

Chacun des candidats a été chaudement applaudi par les élèves, qui se sont montrés des plus respectueux et enthousiastes tout au long de l’activité. Les questions ont ensuite porté sur l’économie, l’éducation, le logement, l’environnement et la souveraineté.  

L’opinion des étudiants  

La réponse qui a suscité le plus de réactions dans l’auditorium est celle de Flavie Trudel, lorsqu’elle a déclaré que son parti souhaitait augmenter le salaire minimum à 20 $. Les jeunes ont acclamé cette proposition, qui a même su en convaincre quelques-uns, comme Emerique. « Aujourd’hui, ça m’a confirmé que je voulais voter pour Flavie Trudel. Elle est motivée et, avec son expérience, elle connaît mieux certaines choses que les autres candidats », a commenté l’étudiant de 17 ans.  

Naomi, étudiante en secondaire 5, penchait aussi vers Québec solidaire. « J’ai aimé leur désir de réduire l’écart entre les plus pauvres et les plus riches. » De son côté, son amie Charlotte a plutôt été attirée par l’idéologie du Parti québécois. « J’ai préféré leurs propositions, qui sont plus dosées et un peu moins de gauche. » Pour les deux jeunes filles, l’événement a servi à confirmer les partis vers lesquels elles s’identifiaient davantage et ceux qui semblaient plus éloignés de leurs intérêts et de leurs valeurs. « J’ai trouvé que Présence Québec avait moins d’idées concrètes, que ça tournait beaucoup autour de la connexion et des humains. Le candidat avait peu de choses à dire sur l’économie », a ajouté Charlotte.  

Un intérêt bien présent 

Une période de questions était réservée aux élèves et ces derniers se sont montrés très curieux et intéressés. Une dizaine de questions, portant notamment sur la dette du Québec, la souveraineté, l’intimidation dans les écoles et le droit à l’avortement, ont été posées aux candidats. Un élève a demandé à Mme Trudel comment son parti comptait augmenter le salaire minimum alors que le Québec était déjà largement endetté. La candidate a répondu que c’était en allant piger dans les poches des plus riches.  

Ludovick a demandé, de son côté, pourquoi le Québec n’augmentait pas le prix de son hydroélectricité plutôt que de hausser les taxes. « Nous avons beaucoup d’énergie verte et nous sommes la province avec le prix le plus bas. Même si nous l’augmentons un peu, nous aurons encore le plus bas prix. » En entrevue avec L’Action, l’adolescent a mentionné que ses parents parlent souvent de politique à la maison et que cela fait partie de la vie familiale, d’où son intérêt. Il a indiqué que son choix s’orientait vers le Parti québécois, même s’il n’était pas certain que la souveraineté soit une bonne option actuellement en raison de la situation économique avec les États-Unis.  

La période de questions s’est poursuivie avec l’intervention d’Antoine, 16 ans. Après avoir rappelé à Clodine Desrochers des dossiers comme SAAQclic, Northvolt, le Panier bleu et le troisième lien, l’élève a demandé si le Québec manquait de rigueur à faire les bons choix avec l’argent des contribuables. « Pourquoi le gouvernement trouve-t-il des milliards pour financer des projets risqués ou controversés, mais semble constamment manquer de moyens lorsqu’il est question de logements abordables, de santé, de services sociaux et de lutte contre l’itinérance ? »  

Cette question a été vivement applaudie par l’ensemble des élèves et Clodine Desrochers a admis que son parti avait connu de mauvais moments, mais qu’il y avait une réelle volonté d’éviter que cela se reproduise.  

Cette réponse n’a pas convaincu son interlocuteur. Antoine a plutôt mentionné qu’il avait aimé les propositions très concrètes du Parti québécois et du Parti conservateur. Il a également apprécié quelques suggestions de Sana Arfaoui en lien avec l’éducation.  

« C’est intéressant comme événement! Ça permet de voir la vision de certaines personnes parce que, par exemple, Clodine Desrochers n’est pas nécessairement Christine Fréchette dans sa façon de penser et de dialoguer! Ça invite aussi les jeunes à plus s’investir. Je suis en secondaire 5 et presque toute ma classe ne savait même pas ce qu’était l’axe de la droite et de la gauche! Ils seront donc moins dans le néant au moment d’aller voter. » 

Les jeunes seront d’ailleurs invités à une simulation électorale dans leurs cours du 28 septembre au 2 octobre. « Je remercie mes collègues de faire vivre aux élèves de Barthélemy-Joliette la campagne électorale. L’école est un milieu important pour former les citoyens de demain et le taux de vote des 18-24 ans a tendance à diminuer. C’est donc important que les jeunes aient envie de s’impliquer et de faire entendre leur voix », a terminé Mylène Morin. 

Photo Médialo – Mélissa Blouin

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