Le transport scolaire devrait être géré par le gouvernement, avance l’IRIS

  • Publié le 6 sept. 2024 (Mis à jour le 29 avr. 2025)
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Des milliers d’élèves continueront d’être privés chaque jour d’un service essentiel à leur fréquentation scolaire tant et aussi longtemps que le gouvernement du Québec confie 99% du transport scolaire à des entreprises à but non lucratif, prévient une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Près de 7000 élèves en moyenne sont privés de services de transport scolaire chaque jour depuis 2022.

« La hausse des bris de services n’est pas étrangère aux conditions de travail difficiles qui sont en deçà de la moyenne des industries du même secteur », explique Colin Pratte, chercheur à l’IRIS et auteur de l’étude.

Malgré un rapport de 2011 du Vérificateur général du Québec qui signalait les risques posés par une industrie dont la quasi-totalité des contrats de service est conclue sans appels d’offres, rien n’a été fait par le gouvernement pour y remédier. Dix entreprises de transport scolaire détiennent aujourd’hui 40 % du marché et certaines d’entre elles sont détenues par des fonds d’investissements privés étrangers.

Financer différemment le transport scolaire

« Tout indique que rapatrier au public le transport scolaire permettrait d’offrir aux élèves du Québec des services plus fiables et plus sécuritaires », poursuit Colin Pratte.

Les primes salariales offertes par le gouvernement depuis 2020-2021 n’ont pas permis d’éviter une hausse des bris de services dans les dernières années. En revanche, des projets pilotes de transport scolaire opérés directement par les centres de services scolaires ont permis de diminuer jusqu’à 95 % des bris de service causés par un manque de personnel.

Des études menées aux États-Unis ont également démontré que les risques d’accident sont une fois et demie plus élevés si les services de transport scolaire sont fournis par des transporteurs privés.

Projet pilote dans Lanaudière

Colin Pratte souligne dans le rapport le projet pilote effectué dans le Centre de services scolaire des Affluents et des Samares, dans Lanaudière. Ces derniers avaient été particulièrement affectés par les bris de service durant l’année 2022-2023.

Par exemple, le CSS des Affluents, dans Lanaudière, possède depuis peu quatre autobus et en loue un cinquième, qui peuvent être conduits par six chauffeuses et chauffeurs directement embauchés par le CSS. Cette initiative est financée par le ministère de l’Éducation du Québec.

Durant l’année scolaire 2023-2024 et en date du 21 mai 2024, la quantité de bris de service rapportés a fondu à 324, soit une diminution de 95 % par rapport à l’année scolaire 2022-2023, explique-t-il.

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