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03 mai 2022

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Collaborer pour garder les enfants vulnérables dans leur famille

Ma famille, ma communauté

Ma famille, ma communauté

©Photo gracieuseté - L'Action

Sébastien Trudel, Maison Oxygène de Joliette, Lionel Carmant, Madeleine Dionne, coordonnatrice provinciale de « Ma famille, ma communauté », Isabelle Sawyer, Maryse Poupart, présidente-directrice générale du CISSS de Lanaudière, Christian Pelletier, directeur du programme jeunesse du CISSS de Lanaudière et Annie Plante, directrice générale adjointe du CISSS de Lanaudière.

Réduire le déplacement des enfants vers les familles d’accueil. Voilà l’objectif du programme « Ma famille, ma communauté » qui a été inauguré le 2 mai au Centre André-Hénault et qui sera bientôt mis en marche dans la MRC de Joliette. La coordonnatrice régionale du projet, Isabelle Sawyer, a présenté les objectifs et les étapes de cette initiative au sein de laquelle la protection de l’enfant est considérée comme « une responsabilité collective ».

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière a déployé le programme « Ma famille, ma communauté » qui s’adressera d’abord aux enfants âgés de 6 à 11 ans. Mme Sawyer explique que le CISSS et plusieurs intervenants se sont entendus pour dire que cette tranche d’âge était à prioriser puisqu’elle représente 37% de la population totale des enfants dans la MRC de Joliette. Toutefois, puisqu’il y a de multiples signalements dans Lanaudière et que le nombre de cas par 1000 enfants dépasse le taux de la province, les organisateurs du projet comptent élargir le service pour inclure éventuellement les jeunes de 18 ans et moins.

Isabelle Sawyer énumère les objectifs principaux du programme qui sont de réduire le nombre d’enfants qui subiront des placements et de réduire la durée de ceux-ci. La coordonnatrice souhaite aussi empêcher le plus possible la séparation de fratries dans des centres d’hébergement différents et favoriser les placements dans des lieux près du domicile familial. « Nous voulons garder l’enfant dans son milieu, mais si nous devons le déplacer, nous voulons qu’il puisse rester à la même école, avoir les mêmes amis et les mêmes activités », spécifie Mme Sawyer.

Prises de décisions en équipe

Le programme « Ma famille, ma communauté » compte mettre en marche quatre stratégies pour atteindre ses objectifs. La première étape est de mobiliser des partenaires provenant des différents milieux ou organismes en prenant en compte les besoins des enfants et des familles vulnérables.

Les partenaires auront ensuite comme devoir de chapeauter des prises de décisions en équipe (PDÉ), soit des rencontres entre les parents de l’enfant et divers intervenants. Ces réunions d’une durée de deux heures seront organisées dans le but de discuter des préoccupations, des forces et des solutions à mettre en place pour améliorer la situation familiale et la sécurité de l’enfant. D’autres personnes-ressources pourraient aussi participer à ces discussions. « Dans une situation où il y a de la violence dans le couple, un organisme spécialisé en violence conjugale pourrait venir nous parler des impacts que la violence peut avoir chez les enfants », explique Isabelle Sawyer. La coordonnatrice ajoute que le PDÉ doit se terminer par un consensus à savoir si l’enfant peut rester dans son milieu ou s’il doit plutôt être déplacé. Un réviseur de la DPJ fera donc partie de la rencontre et évaluera la situation au fil des discussions afin de rendre une décision définitive sur le placement ou non de l’enfant.

Mme Sawyer précise que, bien que « Ma famille, ma communauté » serve à éviter le retrait d’un enfant de son domicile familial, cette situation peut malgré tout se produire. Dans ce cas, la troisième stratégie du programme est de mettre en place un autre comité de partenaires qui sera responsable du recrutement et du soutien des ressources d’hébergement. Puisque, dans la MRC de Joliette, 71% des enfants de 6 à 11 ans sont déplacés à l’extérieur du territoire de leur famille, les organisateurs auront d’abord en tête de garder l’enfant dans sa communauté, en trouvant par exemple un membre de son entourage qui accepterait de l’héberger. Sinon, le comité cherchera une famille d’accueil située le plus près possible de son entourage, pour éviter à l’enfant d’être déraciné de son environnement. Isabelle Sawyer souligne que le déracinement peut mener à des réunifications difficiles : « Si un parent veut aller prendre une crème glacée avec son enfant, mais qu’il habite à une heure de route, ça devient difficile de faire ce genre de petits événements qui aident à la réunification. »

Finalement, un comité sera responsable de faire un suivi de toutes les démarches prises au cours du processus et d’évaluer si les objectifs du programme ont été atteints. Présent lors de l’inauguration, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, s’est dit « charmé » par ce programme. Alors que seules deux régions du Québec ont déployé « Ma famille, ma communauté » sur leur territoire, le ministre est satisfait de voir Lanaudière s’ajouter à cette liste. « Chaque enfant mérite d’évoluer et de grandir dans un environnement sécuritaire, bienveillant et stable pour son développement », indique M. Carmant. Ce dernier a tenu à remercier les différents milieux pour le soutien qu’ils apporteront aux familles : « Le projet sera sans aucun doute un grand succès aux bénéfices des enfants de la région et de tout le Québec. »

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