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28 septembre 2021

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Un manque de reconnaissance qui consterne la communauté atikamekw

Racisme systémique

commémoration

©Jason Joly - L'Action

Lors de la journée de commémoration de la mort de Joyce Echaquan, le mari de la défunte, Carol Dubé, a déclaré quelques mots à la foule réunie.

« Le gouvernement a le devoir de reconnaître le racisme systémique », a déclaré le chef de la communauté atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa. Ce discours, qu’il a tenu le 28 septembre lors de la commémoration de la première année du décès tragique de Joyce Echaquan, a été vivement soutenu par d’autres invités qui ont pris la parole au cours de cette journée.  

Des représentants de la communauté atikamekw ont prononcé des discours de soutien à la famille de Joyce lors de la commémoration, mais ils ont aussi voulu souligner l'importance de reconnaître le racisme systémique. Paul-Émile Ottawa, le chef de la communauté atikamekw de Manawan, a d’ailleurs voulu transmettre un message clair au gouvernement du Québec : « Cette obstination à refuser d'admettre l’existence du racisme systémique représente une grande peine. »

Paul-Émile Ottawa

©Jason Joly - L'Action

Le chef de la communauté atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, souhaite que le gouvernement reconnaisse le racisme systémique.

Constant Awashish, le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, a ajouté que le décès de Mme Echaquan a ouvert les yeux à plusieurs : « Joyce a permis l’éveil collectif. Elle a permis de démontrer à la population générale qu’il existait des traitements inadéquats face aux premières nations. » Il avoue être déçu que le gouvernement ne reconnaisse pas le racisme systémique. Pour lui, il s’agit d’« un mauvais signal » qui est interprété par les communautés autochtones comme « une non-reconnaissance de [leur] situation. »

Constant Awashish

©Jason Joly - L'Action

Constant Awashish, le Grand Chef du Conseil de la Nation Atikamekw.

L’avocat de la famille, Me Patrick-Martin Ménard, a aussi voulu dénoncer la non-reconnaissance du racisme systémique par le gouvernement. « Il n’a pas pris non plus d’engagement pour adopter le Principe de Joyce. Ce serait deux mesures qui pourraient être prises pour refléter la volonté politique », mentionne-t-il. Comme défini par le Conseil de la Nation Atikamekw, « le Principe de Joyce vise à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle ».

Rappelons qu’à pareille date l’année dernière, Joyce Echaquan a perdu la vie au CHDL de Joliette. Dans une vidéo, la mère atikamekw, alors hospitalisée, s’était filmée en détresse. On peut y entendre l’infirmière et la préposée aux bénéficiaires en charge de la patiente tenir des commentaires déplacés et l’insulter.

Une commémoration émouvante

La cérémonie de commémoration s’est tenue le 28 septembre dans un chapiteau fermé qui n’était accessible qu’à la famille et aux proches. Barbara Flamand, l’agente de liaison en sécurisation culturelle pour la communauté atikamekw de Manawan, est venue offrir ses condoléances à la famille de la défunte. Celle-ci travaillait en tant qu’interprète auprès des membres de la communauté atikamekw à l’hôpital de Joliette. Avec beaucoup d’émotions dans la voix, elle a accepté de partager un court commentaire : “Jamais je ne vais accepter le racisme systémique. J’ai démissionné de mon poste.”

À la suite de la cérémonie, le mari de Mme Echaquan, Carol Dubé, s’est adressé à tous : « Les mots n’arrivent pas à décrire l’état dans lequel nous sommes depuis quelques jours. » Aux côtés de sa fille, il a pris le temps de remercier les personnes qui le soutiennent, lui et sa famille. Il a également voulu donner de l’espoir pour l’avenir : « Il faut donner un sens à cet événement tragique. Il faut que l’ignorance fasse place à la réconciliation. »

La mère de Joyce Echaquan a rédigé un texte dans lequel elle explique que la disparition de sa fille est encore douloureuse et que « le chagrin est encore immense ». Marie Wasianna, la fille aînée de Joyce, a également produit un texte touchant dans lequel elle exprime être encore en colère à propos des circonstances entourant le décès de sa mère: « Sa fin était tellement injuste. Je n’ai pas envie d’être ici. Je voudrais être en famille. Je voudrais que ma mère soit encore avec nous. »

L’infirmière radiée

Selon des informations rendues publiques le 28 septembre, l’infirmière du CHDL, Paule Rocray, qui a insulté Joyce Echaquan dans la vidéo enregistrée par la défunte, a été radiée par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec pour une période d’un an. Devant le Conseil de discipline, Mme Rocray a plaidé coupable de violence verbale et de négligence en n’évaluant pas correctement l’état de santé de Joyce Echaquan.

Pour la famille de Joyce Echaquan, la radiation d’un an n’est pas suffisante. De plus, elle trouve déplorable que la décision ait été annoncée le jour du premier anniversaire du drame.

 

 

©Jason Joly - L'Action

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