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01 mai 2021

Projet de loi 59 : Non aux reculs à nos droits!

Lettre ouverte

J’ai été victime d’un accident de travail il y a quelques années. Ça a été un vrai parcours de combattante pour passer au travers du système. Aujourd’hui, je me sens directement interpelée par le projet de loi 59 déposé par le ministre du Travail, Jean Boulet.

Il faut le vivre pour savoir à quel point il est compliqué de se faire indemniser par la CNESST et d’avoir accès aux traitements pour s’en sortir. Oui, on sait qu’on y a droit, que le régime est là pour du monde comme moi qui ont abimé leur santé au travail, ça ne rend pas ça facile pour autant.

Tout est remis en question… Le jugement de notre médecin, le fait que ce soit bel et bien arrivé au travail, les traitements prescrits, la durée de l’arrêt… L’employeur conteste agressivement nos droits et on doit se défendre au Tribunal. Imaginez l’énergie que ça prend quand on est déjà occupée à retrouver notre santé! Quand ce n’est pas l’employeur, c’est la CNESST qui conteste. Dans tous les cas, on se retrouve devant un Tribunal. Quand on est malade ou blessé, c’est la dernière chose dont on a besoin.

J’ai goûté à cette médecine épouvantable, suite à un accident d’auto sur l’autoroute pour me rendre à une réunion de travail en 2013 et par la suite à des aggravations de ma santé suite à mon retour au travail, j’ai du aller devant les tribunaux à plusieurs reprises de 2013 à 2019, j’ai gagné la reconnaissance de mes diagnostics et la plupart de mes demandes mais cela m’a couté cher financièrement, en énergie et j’ai malgré tout perdu mon travail, des revenus et des avantages sociaux et on a tenté de salir ma réputation.

Loin d’améliorer les choses, le projet de loi no 59 du ministre Boulet va les rendre encore pire. Nous aurons encore moins de recours pour être indemnisé et avoir accès à l’aide nécessaire pour aller mieux. Cette prétendue « modernisation », c’est plutôt une opération de démolition des droits des victimes, pour que les employeurs paient moins de cotisations à la CNESST. Mais ce sont nous, les travailleurs, qui en payons le prix, on paie avec notre santé.

La réforme rendra plus difficile la reconnaissance de plusieurs maladies du travail. Elle réduira l’accès à l’assistance médicale et fera reculer le droit à la réadaptation des travailleuses et travailleurs. 

Le projet de loi est actuellement à l’étape de son étude détaillée.  Les travailleuses et travailleurs sont tous concernés par cette réforme. Le gouvernement et le ministre du Travail et tous les élus doivent comprendre que ce projet de loi est totalement inacceptable dans sa forme actuelle. Il doit être modifié radicalement ou abandonné entièrement.

Il est inhumain de sacrifier les victimes de lésions professionnelles pour permettre au patronat de faire des économies.  Il faut se rappeler qu’avant d’être blessé ou rendu malade par notre travail, nous avons contribué à la prospérité de notre entreprise et de la société.  Comme travailleuse ou travailleur accidenté ou malade, nous méritons mieux qu’une réforme qui nous laisse sur le carreau!

Anick Perreault ex-candidate aux élections provinciales 2018

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