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07 décembre 2020

Étudiant Cégep de Joliette - infolanaudiere@lexismedia.ca

La malédiction d’une cohorte

Reportage

Par Léa Bagdadi

Regarder tous les matins sa robe de bal jamais portée avant de s’installer devant son ordinateur n’est certainement pas ce qu’un jeune adulte s’imagine comme entrée aux études post-secondaires. C’est malheureusement la situation des finissants du secondaire de la cohorte 2019-2020.

« Au début de la pandémie, j’avais beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi tout le malheur arrivait à notre cohorte. Mais au fond, aujourd’hui, je réalise qu’on va être les seuls à avoir vécu ça, et le fait que je n’aie pas lâché malgré les conditions me rend un peu fière » avoue l’étudiante en soins infirmiers du Cégep régional de Lanaudière à Joliette, Béatrice Boisjoly. Tout ce qui caractérise la fin du secondaire, que ce soient des voyages, des concours ou simplement des rites de passage tel que le bal de fin d’année, les finissants de l’année 2019-2020 ne les ont pas accomplis. « C’est comme si on n’avait pas bouclé la boucle et qu’il manquait toujours quelque chose », confie Rosalie Lemieux, étudiante en sciences de la nature au même cégep.

Alys Champagne, qui étudie présentement en commercialisation de la mode au Collège Laflèche, raconte que sa graduation a duré 4 minutes. « On arrivait avec notre voiture, on sortait, on prenait nos choses, on prenait des photos et c’était fini. » Aucun dernier au revoir aux amis moins proches, aucun rituel du lancer du mortier. « C’était vraiment décevant », affirme-t-elle. La signature des albums ne s’est pas déroulée comme la jeune femme l’imaginait. Tous les albums étendus en ordre alphabétique sur les tables de la cafétéria, les élèves passaient un à un, signant au passage ceux dont le nom les inspirait. « En une heure, t’as pas le temps de faire les textes que tu veux », avoue Alys, déçue. Rosalie confirme qu’elle a manqué énormément de choses qui auraient marqué la fin de ses études secondaires. « Tu sais, vivre ses derniers cours, sa dernière journée, pleurer tout le monde ensemble parce qu’en fin de compte, on aime ça le secondaire », dit-elle tristement.

Après cette fin un peu brusque, les étudiants n’ont pas eu une rentrée au cégep plus reposante. Précipités dans un horaire mélangeant cours synchrones, asynchrones ou présentiel, ils ont eu peu de temps pour se familiariser avec leur nouvel environnement. « C’était plus dur au début de la session parce que le cégep était quelque chose de nouveau pour moi, tout le monde était désorganisé et c’était difficile de se créer des habitudes, une routine », affirme Rosalie. Il est difficile de garder en vue ses objectifs une fois laissé à soi-même sans repère, seul devant un ordinateur. « Des cours entiers à devoir lire la matière par soi-même et apprendre tout seul, c’est tellement pénible », ajoute l’adolescente de 17 ans.

Avec l’arrivée au cégep arrivent aussi les longs travaux. Normalement, l’adaptation est difficile; elle l’est encore plus cette année. « On passe environ sept heures par jour à écouter des cours, après il faut faire nos travaux, ce qui ajoute un autre trois heures. 10 heures d’ordi par jour, c’est vraiment intense », souligne Alys. Être toujours à la maison n’est vraiment pas reposant et demande beaucoup de concentration. « J’ai de la misère à m’arrêter de travailler », admet Béatrice. Les deux étudiantes avouent que leur heure de coucher dépasse régulièrement 23h et ce, à cause de leurs longs travaux qu’elles ne terminent pas. Le sommeil des filles en est donc grandement affecté, car le lendemain, elles se lèvent juste à temps pour leur cours du matin.

Les étudiants de première année n’ont pas d’autres choix que de s’habituer, même si tout cela leur fait beaucoup de peine. « Je crois que, pour tout le monde, c’est difficile, surtout pour la santé mentale, mais je sens qu’on va s’en sortir », espère l’aspirante infirmière Béatrice.

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