Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique Rabaischocs.com

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

cliquer pour fermer

Actualités

Retour

21 octobre 2020

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

Préposés aux bénéficiaires : l’organisme Les Maisons d’à côté interpelle Québec

L’augmentation des salaires dans le réseau public vide l’organisme de ses ressources

Les Maisons d’à côté

©(Photo Christian Belhumeur-Gross) - L'Action

L’une des résidences de l’organisme

Les mesures mises de l’avant par Québec afin de combler la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans le réseau public, dont l’augmentation du salaire d’entrée à 26$/H, créent certains effets collatéraux négatifs dans le réseau privé ainsi que dans le milieu communautaire qui peinent à suivre financièrement Québec et assistent à l’érosion de leur main-d’œuvre vers le public.  

Parmi les nombreux organismes et ressources alternatives touchés par la pénurie de préposés aux bénéficiaires, l’organisme Les Maisons d’à côté, situé à Joliette, est particulièrement touché. Cet organisme communautaire autonome est composé de deux résidences accueillant des personnes de tout âge vivant avec un handicap physique. Déjà fortement touché avant la pandémie par la pénurie de main-d’œuvre, la situation de l’organisme s’est exacerbée depuis la mise en place de bonifications financières dans le secteur public au point d’entrainer de possibles ruptures de services et de compromettre sa mission. « Avant la pandémie, c’était déjà difficile de retenir du personnel, l’attrait du public était très fort, maintenant, c’est encore pire » souligne Gaétane Lefebvre, directrice de l’organisme.  

Un organisme communautaire tel que les Maisons d’à côté ont des ressources financières fort limitées et dépendent essentiellement d’un financement public. Ils peuvent difficilement compétitionner avec le public en matière de salaire et de conditions de travail. Les mesures mises de l’avant par le gouvernement du Québec afin de s’attaquer à la pénurie dans les CHSLD et dans le milieu de la santé telle que la prime Covid ainsi que le salaire d’entrée majoré à 26$/h pour les préposés aux bénéficiaires ont créé une pression importante pour les organismes communautaires et les ressources alternatives. L’organisme en question indique d’ailleurs avoir récemment perdu des préposés au profit des CHSLD vu les meilleurs salaires offerts. Face à cette situation alarmante, l’organisme s’est adressé directement au premier ministre de même qu’au PDG du CISSS Lanaudière, Daniel Castonguay, afin de plaider pour obtenir un meilleur financement et ainsi pouvoir offrir des salaires équivalents à leurs préposés. Ces deux appels sont demeurés sans réponses. « Si on n’a pas de financement supplémentaire, c’est la survie de notre organisme qui est en jeu. Ces gens qui vivent dans nos résidences vont quitter un milieu de vie actif et vont se retrouver en CHSLD, un milieu totalement inadéquat pour eux » clame Mme Lefebvre.   

Adaptation nécessaire  

Face à une telle situation, l’organisme a dû s’adapter rapidement. Dès le début de la pandémie, le conseil d’administration des Maisons d’à côté a décidé, malgré des finances serrées, d’octroyer à son personnel une prime Covid, comme c’est le cas au public. « On s’est dit à ce moment-là, on n’a pas le choix, on va l’offrir à nos employés afin les garder et on fera les démarches par la suite pour être remboursés par Québec. Ça fait plusieurs mois et on a toujours aucun signal positif du gouvernement » souligne la directrice. Selon cette dernière, cette mesure, qui place l’organisme dans une situation précaire, a permis d’atténuer la situation temporairement, mais le 26$ de salaire de base au public annoncé au début de l’été a eu un effet dévastateur.  

Afin de combler les départs et le manque de personnel, l’organisme a dû avoir recours à des solutions peu orthodoxes comme l’embauche d’étudiants avec aucune expérience. 

Mme Lefebvre souligne avoir eu des discussions avec le CISSS de même qu’avec des fonctionnaires du  Programme de soutien aux organismes communautaires (PESOC) qui se sont montrés compréhensifs de la situation, or la question du financement supplémentaire relève du Conseil du Trésor.  

Véronique Hivon assure l’organisme de son soutien 

Bien au fait du dossier, la députée de Joliette à l’Assemblée nationale, Véronique Hivon, assure l’organisme de son plein soutien. « C’est vraiment un énorme enjeu et on les soutient entièrement. C’est une situation humanitaire où des personnes de grandes vulnérabilités risquent de perdre des services » précise-t-elle. Selon la députée le gouvernement est responsable de la présente situation et fait preuve d’une grande méconnaissance du rôle et de la mission d’un organisme comme Les Maisons d’à côté. Elle entend d’ailleurs faire écho aux revendications des Maisons d’à côté auprès des ministres Lionel Carmant et Christian Dubé. 

Parallèlement au cri du cœur des Maisons d’à côté, l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec a profité de la sortie d’un rapport indépendant sur la charge de travail des préposés aux bénéficiaires dans les ressources alternatives pour demander au gouvernement de corriger les écarts salariaux avec le public. Le rapport en question fait état d’une charge de travail dans ce milieu équivalente et même supérieure à celle dans les CHSLD. L’Association juge donc « injustifiable » l’écart de salaire pour les préposés en ressources alternatives alors que ce milieu est également financé à 100% par le public. 

Quelle place occuperont les produits d'artisans locaux dans vos achats des Fêtes?

Proposer votre sondage Voir les résultats

Propulsé par votre hebdomadaire local

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web Joliette - Caméléon Média