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13 octobre 2020

Élise Brouillette - ebrouillette@lexismedia.ca

Des milliers d’heures de création pour des sculpteurs de Rawdon

Sur la route de ces artisans

Luc Poirier

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Le sculpteur Luc Poirier devant son projet des 9 dernières années.

Luc Poirier, Pierre Turgeon, Micheline Coutlée et Michel Lévesque, des sculpteurs de Rawdon, ont dévoilé, en rencontre avec L’Action, leurs récents projets ainsi que leurs œuvres en cours. Au nombre de celles-ci, l’immense murale sur laquelle Luc Poirier travaille depuis neuf ans.

De son propre aveu, Luc Poirier fonctionne par défis. Après avoir étudié aux Beaux-arts avec spécialisation en sculpture 3D, il s’est tourné vers l’enseignement. Un milieu qu’il a adoré, mais qui l’a éloigné de la sculpture.

« Après 12 ans sans sculpter, je me suis dit qu’il fallait que je m’y remette ou alors que je vende mes ciseaux », raconte-t-il.

Le sculpteur aime les projets de taille imposante. À sa retraite, il a entrepris la sculpture d’un orignal qui lui a pris deux ans et demi, soit 2000 heures. Il lui reste une centaine d’heures de travail pour que l’œuvre soit totalement achevée.

Il y a neuf ans, il a commencé un immense projet de murale, sculptée dans du tilleul, avec une aigle et ses deux petits aiglons au cœur de leur nid et l’aigle mâle qui arrive, poisson en bouche, pour les nourrir. Quelque 9500 heures de sculpture plus tard, Luc Poirier confie qu’il lui restait trois ans de travail pour parachever son œuvre. Toutefois, des problèmes de santé font en sorte que ce délai sera plutôt de quatre ans. « J’ai l’habitude de travailler en atelier 6 heures par jour, sept jours par semaine. J’ai toujours l’objectif de travailler une trentaine d’heures par semaine. »

Le dessin initial de cette murale date de 25 ans. À l’époque, Luc Poirier savait qu’il voulait donner naissance à une sculpture de cette ampleur, il a toutefois hésité entre plusieurs thèmes, soit un voilier en pleine mer, des chevaux sauvages ou le nid d’aigles. « La murale est quasiment identique à l’esquisse d’origine, à l’exception que le nid a été allongé. » L’aigle mâle a été réalisé à l’échelle. La femelle et les aiglons sont d’environ deux fois leur grosseur réelle. Questionné au sujet de l’élément qui lui a donné le plus de difficultés, Luc Poirier répond sans aucun doute qu’il s’agit des aigles. « Ils ne donnent pas droit à l’erreur. Puisque je n’ai pas d’aigle empaillé, je me fie à des photographies. »

Soulignons qu’il a été possible de voir le sculpteur travailler en direct sur l’une ou l’autre des pièces de la murale lors du Festival des artisans de Sainte-Marcelline-de-Kildare ou au Salon des métiers d’art de Repentigny.

Luc Poirier souligne que depuis le début de sa démarche, il n’a jamais parlé de vendre cette sculpture. Une fois terminée, elle devra toutefois quitter l’atelier pour prendre place dans un lieu qui saura l’accueillir. « Au départ, je pensais l’exposer avant de la vendre, mais dû à sa taille et à son poids, la sculpture est composée de 40 pièces, ce ne sera pas possible. J’aimerais qu’elle puisse être installée dans un endroit important. » Mentionnons qu’il est également possible d’admirer une œuvre de Luc Poirier sur les murs du Centre hospitalier de Lanaudière.

Des sculptures monumentales

De son côté, Pierre Turgeon a été inspiré et a commencé à sculpter alors qu’il travaillait sur la construction de maisons en bois rond. Sa conjointe, Micheline Coutlée, fait équipe avec lui. Elle s’attarde surtout aux détails et à la finition. Depuis 13 ans, le couple est spécialisé dans la sculpture à l’aide de scies mécaniques et d’outils électriques (chainsaw carving), un procédé plutôt rare au Québec.

Pierre et Micheline sont les auteurs des cinq sculptures que l’on peut admirer au parc Nichol à Rawdon, dans le secteur des jeux d’eau. Pour ces œuvres, les artisans sculpteurs ont sculpté à même des troncs d’arbres enracinés. Oursons, grenouilles, tortue, libellule et héron agrémentent, grâce à eux, le parc et viennent enjoliver les traces laissées par la coupe des arbres. « On voulait quelque chose de ludique, qui s’harmonisait avec la nature et les enfants », explique Micheline Coutlée. Le grand défi des sculptures au parc a été le temps. En effet, elles ont été réalisées en moins de deux mois, à raison d’une sculpture par semaine.

Le couple confectionne des sculptures monumentales, essentiellement sur commande, dans des billots de bois. « Nous avons établi beaucoup de contacts avec des élagueurs », notent-ils. Leurs œuvres remplissent donc toute une mission écologique. Leur inspiration leur vient de la faune et de la biodiversité, afin d’éveiller les gens à la nature qui les entoure.

Le couple a notamment été engagé par la Ville de Montréal pour des œuvres, dont des bancs de parc, à proximité du Métro Saint-Michel. La population a pu rencontrer Pierre et Micheline lors de diverses démonstrations, au Festival des artisans par exemple. Chaque année, ils sculptent aussi la glace au Festival Saint-Côme en glace. Lors de la dernière édition, ils furent les auteurs des chiens de traîneau.

Le couple prend part à de nombreux événements, que ce soit en Ontario, à Mont-Tremblant, en Gaspésie ou à Sainte-Luce-sur-mer, où, au cimetière, on peut admirer une croix celtique, œuvre de ces deux artisans, qui fut érigée en 2014 en mémoire des victimes de l’Empress of Ireland, naufrage survenu en 1914.

Sculpter sur des panaches d’orignaux

Quant à lui, Michel Lévesque, qui sculpte depuis les années 70, est bien connu pour ses sculptures de bois sous formes de tableaux et ses œuvres à l’effigie de différentes espèces d’oiseaux et d’animaux. Par le passé, il a remporté plusieurs rubans et premières places au Concours québécois de sculptures d’oiseaux du Salon Expert, Chasse, Pêche et camping. « J’ai commencé à sculpter j’avais 12-13 ans. C’est là que j’ai commencé à travailler le bois. J’ai toujours aimé ça jouer avec des outils. »

En entrevue avec L’Action, Michel Lévesque dévoile qu’il travaille depuis peu sur une sculpture d’outarde. Parmi ses créations récentes, il nous présente aussi une belle truite arc-en-ciel. Toutefois, le Rawdonnois nourrit de nouveaux projets. D’une part, il souhaite s’initier à la sculpture sur pierre en compagnie de l’artiste Lucie Nadeau de Sainte-Marcelline-de-Kildare. « Je n’en ai jamais fait et j’aimerais vraiment essayer. »

Il souhaite également faire appel à une artiste de la Mauricie pour commencer à sculpter sur des panaches d’orignaux, une technique peu commune, mais qui répond parfaitement à sa passion pour la faune. Sa curiosité pour cette forme de sculpture lui est venue lors de visites dans des pourvoiries, alors qu’il a pu admirer de telles œuvres.

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Micheline Coutlée et Pierre Turgeon devant une de leurs œuvres au parc Nichol.

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Après avoir sculpté diverses espèces d’oiseaux, Michel Lévesque compte s’initier à la sculpture sur panaches d’orignaux.

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Michel Lévesque, Micheline Coutlée et Pierre Turgeon au cours de la tournée de leurs œuvres.

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Le sculpteur Luc Poirier.

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Le sculpteur s'aide de photographies dans la création de ses aigles.

Commentaires

15 octobre 2020

Paul Savignac, professeur et peintre

Est-ce possible d'entrer en contact avec toi? Je suis en ancien étudiant du temps de Luc Legris.

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