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23 février 2020

Mélissa Blouin - mblouin@lexismedia.ca

Devoir partir pour poursuivre ses passions

Centre d’amitié autochtone

Marilou Adam

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Marilou Adam devant les plans du nouveau centre d’amitié autochtone qui sera construit dans les prochaines années.

Les emplois se font rares à Manawan puisqu’il y a peu de commerces et que les postes y sont déjà occupés par les mêmes employés depuis longtemps. Certains Atikamekw décident donc de quitter leur communauté et de s’installer en zone urbaine afin de retourner aux études et de se diriger vers un métier qui les passionne. 

Le centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) devient un point de repère pour ces autochtones qui s’installent à Joliette. Il offre une panoplie de services, notamment en lien avec la santé et le logement, et de l’accompagnement alimentaire, scolaire ou familial. Il détient également un programme de participation à l’emploi (PPE). 

«Chaque année, je suis stupéfaite de voir le nombre de personnes qui veulent se prendre en main et qui demandent de l’aide», a commenté la coordonnatrice en employabilité au CAAL, Marilou Adam.  

En 2019-2020 ce sont 2074 autochtones, référés par des organismes et les centres locaux d’emploi, qui ont sollicité ses services. «C’est intéressant de voir que l’on fait une différence et c’est vraiment ça ma paie, de revoir un individu quelques mois plus tard qui est épanoui dans son emploi.»  

Mme Adam se fait un devoir d’établir un plan d’action personnalisé pour chaque individu qui entre dans son bureau. «Ils n’ont pas tous les  mêmes besoins et je veux qu’en bout de ligne, ils soient capables d’atteindre leurs buts et qu’ils soient fiers d’eux.» Elle assiste elle-même à plusieurs formations sur l’employabilité afin de se tenir à jour, d’avoir continuellement les meilleures façons de faire et d’aider sa clientèle. 

La première phase du programme est basée sur la connaissance de soi. L’individu se questionne sur ses valeurs, ses intérêts, ses compétences et ses habiletés qui pourraient être favorables à un employeur. Tout cela se fait à travers des présentations, des conférences, des ateliers, des activités ou des questionnaires.  

Mme Adam peut également aider ceux qui viennent la voir en mettant à jour leur CV et en faisant des simulations d’entrevue. «Souvent, ils sont très réservés et s’ils n’ont jamais fait d’entrevues, ce n’est pas évident de se retrouver seul avec un employeur. D’autant plus qu’ils ont constamment la crainte d’être victimes de discrimination. » 

«Ça arrive plus souvent qu’on le pense » 

La coordonnatrice se rappelle un épisode qui l’a particulièrement attristée. Deux des jeunes femmes dont elle effectuait le suivi venaient d’avoir leur diplôme semi-spécialisé comme aide-cuisinière et souhaitaient travailler dans un restaurant de déjeuners.  

«Elles sont allées faire leur entrevue avec le cuisinier et tout s’est super bien passé. Celui-ci leur a dit qu’il était impressionné par leurs compétences et qu’elles étaient engagées. » Le lendemain matin, lorsqu’elles sont arrivées sur place, le directeur leur a annoncé que le poste avait déjà été comblé. Lorsqu’elles sont repassées devant le commerce, quelques heures plus tard, l’affiche annonçant le poste à combler avait été remise dans la porte.  

« Ça m’a jetée par terre, je ne pensais pas que ça pouvait être aussi flagrant et aussi gratuit. Quand j’envoie des personnes dans une entreprise, c’est parce que je leur fais confiance, je sais qu’elles sont efficaces, fiables et productives.» Heureusement, elle mentionne qu’en général, les employeurs ne s’arrêtent pas à la couleur de peau ou à la religion. 

Elle a ajouté que la plupart des gens des premières nations ont tellement été brimés longtemps quant à leur culture qu’ils ne veulent plus que cela se reproduise. C’est pourquoi, leur choix de métier est souvent dirigé en fonction de celle-ci et peut avoir un lien avec la famille, l’amitié ou le travail manuel.  

«Il y a de plus en plus de secteurs qui intéressent les autochtones et on organise souvent des journées d’observation ou des stages pour qu’ils puissent voir l’environnement de travail, les tâches et qu’ils décident s’ils sont prêts à retourner à l’école et à déménager pour poursuivre dans cette voie.» 

Le programme du Centre d’amitié autochtone s’échelonne sur un minimum de 26 semaines et peut aller jusqu’à un an. «C’est vraiment du cas par cas, mais je vise qu’après un an, les participants aient un travail à temps plein ou qu’ils soient retournés sur les bancs d’école.» 

Il y a ensuite un suivi de six mois qui est effectué pour s’assurer qu’ils soient bien intégrés dans leur milieu de travail et s’ils ont des lacunes, l’organisme peut fournir de la formation à ses frais. «Quand nous allons les voir dans leur milieu de travail, ils sont dynamiques et fiers, ce sont vraiment de belles réussites autant pour eux que pour moi!» 

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