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21 mai 2019

Élise Brouillette - ebrouillette@lexismedia.ca

Pierre Courtois écope de 81 mois de prison

Pierre Courtois

©Photo archives - L'Action

Le tragique accident s’est déroulé sur la 158.

JUSTICE. Au Palais de justice de Joliette, le vendredi 10 mai, Pierre Courtois a été condamné à 81 mois de prison pour l’homicide involontaire de son ex-conjointe, Sylvie Deshaies.

En raison de sa détention préventive, le septuagénaire restera 48 mois, soit quatre ans, derrière les barreaux.

Le 5 juillet 2017, sur la 158 près de Saint-Jacques, la voiture dans laquelle prenaient place la victime et l’accusé est entrée en collision avec un camion dans un face à face. Le véhicule aurait bifurqué de sa trajectoire et l’impact a été violent, si bien qu’il a pris feu.

M. Courtois a été en mesure de sortir de l’habitacle, mais la victime, âgée de 50 ans, n’a pu s’en extirper.

Initialement accusé de meurtre au premier degré, le 30 avril 2019, Pierre Courtois a finalement plaidé coupable d’homicide involontaire causé par un acte illégal.

Rappel des faits

Selon les faits rappelés dans le jugement rendu le 10 mai, Pierre Courtois et la victime Sylvie Deshaies se sont rencontrés en novembre 2016. Leur relation a évolué très rapidement si bien que Mme Deshaies déménage chez M. Courtois au début du mois de mai 2017. Une vie commune qui sera toutefois de courte durée, environ deux semaines.

Leur séparation fut turbulente. Plusieurs appels ont été logés au 911 et M. Courtois a d’ailleurs, dans un geste impulsif, causé des dommages au véhicule de la victime dans le contexte de leur différend financier.

Le 29 juin 2017, un appel téléphonique logé par une tierce personne met en communication M. Courtois et Mme Deshaies. Ces derniers se réconcilient. Mme Deshaies indique qu’elle retirera la plainte pour méfait à l’égard de sa voiture. L’exposé conjoint des faits rapporte ce qui suit : « La victime désire ensuite le revoir et lui offre de l’accompagner au chalet de ce dernier à Chibougamau ce qu’ils feront du 29 juin au 3 juillet 2017. Elle affirmera à ses proches qu’elle avait décidé de lui offrir son amitié considérant qu’il était suicidaire. »

Le 4 juillet 2017, la veille des événements, Pierre Courtois et Sylvie Deshaies semblent heureux, en soirée, il l’invite à passer chez lui pour voir son nouveau divan. Mme Deshaies remarque alors un réaménagement fait par Hélène Neveu, une dame avec qui Pierre Courtois s’est présenté en public à quelques reprises. Elle prend alors les objets appartenant à cette dernière et les place dans le garage.

À 23 h 30, M. Courtois se présente chez Mme Deshaies. Il est sobre. Elle a 207 mg% d’alcool dans le sang. Un conflit éclate au sujet de Mme Neveu. Mme Deshaies est furieuse et devient agressive. Une altercation s’ensuit. Selon l’exposé des faits, à un certain moment lors de cette altercation, la victime tombe ultimement face première contre le sol. Au moment où il la retourne, Pierre Courtois constate qu’elle saigne beaucoup du visage et qu’elle est inconsciente.

Paniqué, le contrevenant place la victime dans le coffre de sa propre voiture. ll quitte les lieux et, toujours paniqué, se range sur le côté de la route et appelle sa fille Martine Courtois. Il lui dit que Mme Deshaies est dans le coffre de la voiture et qu’il s’apprête à se suicider lorsqu’un camion passera devant lui. Selon l’exposé conjoint des faits, M. Courtois est « hors de contrôle, désorganisé, il crie et il est en pleurs au point où sa fille n’arrive à déceler ce qu’il lui dit avant plusieurs minutes ».

Sur les lieux de l’appel, M. Courtois place la victime à l’avant, côté passager. Selon le rapport d’autopsie, sa ceinture de sécurité est alors attachée. Au moment où M. Courtois reprend la route, Mme Deshaies est vivante mais semi-consciente et somnolente. Les parties conviennent qu’à partir de ce moment, Pierre Courtois sait que Mme Deshaies est vivante.

M. Courtois conduit encore 15 minutes sur la route 158, dans la nuit. Ensuite, volontairement, il fonce face à face dans un camion remorque qui venait en sens inverse.

Un violent incendie éclate dans la voiture. Le contrevenant sort de la voiture, la contourne, brise la vitre côté passager d’un coup de coude et se brûle les bras. Incapable de sauver Mme Deshaies, il se couche sur le sol à côté de la voiture, côté conducteur et répète : « Pourquoi je ne suis pas mort. »

Mme Deshaies était vivante lors de la collision. Selon le rapport d’autopsie, c’est l’asphyxie qui est la cause de la mort.

Commentaires

21 mai 2019

Yanick Dumulong

Les ''suicide by truck'' s'accumulent sur la 158 et ailleurs. Ca mérite beaucoup plus que cette tape sur les doigts de 5-6 ans. Il a volontairement mis la vie du camionneur a risque et n'a aucune accusation pour ca. En plus la SAAQ, grâce au no fault, va l'indemniser a l'os, même si un acte criminel a été commis. C'est moi ou 6-7 ans c'est rendu la norme quand on tue quelqu'un?

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