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11 Avril 2018

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Joliette était une plaque tournante de l'ancêtre du CN au début du 20e siècle

Onze anecdotes sur le Joliette d'autrefois

ANECODTES. Des parades d'animaux exotiques, une partie d'un cimetière construite sur un dépotoir, imprimerie de littérature obscène… Joliette a bien des secrets cachés. Le Journal L'Action a choisi de vous en révéler onze! Voici la neuvième.

Au début du 20e siècle, l'ancêtre du CN, le Canadien Nord, ne faisait pas que traverser la Ville de Joliette. Il y avait aussi fait construire ses usines de réparation, dont une rotonde permettant d'accueillir jusqu'à 15 wagons et locomotives.

Cet équipement imposant a créé un certain émoi chez les citoyens de la ville quand il fut installé près de la gare actuelle, sur des terrains marécageux ayant été drainés expressément pour sa venue. Si bien, qu'un journaliste de l'Étoile du Nord a en fait le sujet d'un article détaillé le 21 juillet 1910.

« Les travaux aux usines du Canadien Nord, commencés le 28 avril [1910], ont été poussés avec une telle activité qu'il nous est déjà permis d'admirer aujourd'hui leurs richesses et dimensions sur [un terrain] assaini, lequel, il n'y a que neuf mois, était couvert de forêt », est-il souligné dès le début de l'article de ce journaliste.

L'année précédant la construction des ateliers, la Ville de Joliette avait donné un bonus aux chemins de fer du Canadien Nord pour qu'il établisse des usines à Joliette.

« Progrès accompli »

Les travaux ont donné lieu à la construction d'une rotonde, appelée « round house »,  d'une dimension de 405 pieds par 90 pieds, d'une bâtisse, abritant les ateliers de réparation, de 100 pieds par 60 pieds et d'une chaudière de 41 pieds par 41 pieds.

La « round house » comprenait 15 espaces permettant d'accueillir 15 locomotives et wagons. Les ateliers étaient notamment pourvus d'une presse d'une puissance de 300 tonnes, d'une machine à boulons, d'une machine pour percer les roues des chars et de plusieurs autres machines.

Entre le début des travaux et la parution de l'article dans l'Étoile du Nord, il a été posé 343 000 briques et 2 000 verges cubes de béton.

Dans cet article, on n'hésite pas à qualifier la venue de ces équipements de « progrès accompli ».

Profitable

Selon Jean Chevrette, passionné d'histoire locale, la présence de ces usines aura permis d'apporter une certaine prospérité pour la Ville de Joliette. La compagnie de chemin de fer Canadien Nord a en effet embauché plusieurs travailleurs pour leur construction, ainsi que pour y travailler une fois les travaux terminés

« Il y a eu une création d'emplois et d'une certaine richesse aussi. Les travailleurs étaient des mécaniciens spécialisés avec de bons salaires », souligne Jean Chevrette.

Cent hommes permanents

D'ailleurs, dans l'article de l'Étoile du Nord, il est mentionné qu'un « grand nombre d'hommes sont à travailler pour la compagnie » pendant les travaux de construction et que la compagnie prévoyait alors employer « 100 hommes d'une manière permanente ».

« Trente familles doivent arriver bientôt de Shawinigan pour se fixer à Joliette dans le but de travailler aux usines », est-il ajouté dans l'article.

Dans la même édition, la compagnie Canadien Nord a fait paraître une publicité pour embaucher des travailleurs de Joliette. Dix hommes étaient demandés immédiatement pour travailler aux boutiques de réparation contre une rémunération de 1,75 $ par jour.

Les volontaires devaient se rendre sur les lieux mêmes des usines et demander M. Smith.

En 1919, le Canadien Nord a déplacé de ses ateliers de Joliette ailleurs dans la province. Une centaine d'emplois sont cependant demeurés  à Joliette.

Puis, en 1926, un incendie s'est déclaré aux usines du Canadien Nord. C'est ce qui marquera le début du déclin puis éventuellement la fermeture complète des ateliers.

Selon Jean Chevrette, une partie de la rotonde existe encore et est située sur le terrain de la coopération Profit d' Or, sur la rue Papineau.

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