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26 février 2018

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Un premier programme pour contrer la prostitution à Joliette

PRÉVENTION. Un organisme de Joliette venant en aide aux adolescentes et aux femmes victimes d'agression sexuelle a récemment reçu une subvention du gouvernement qui lui permettra de mettre en place un premier programme pour contrer la prostitution.

Grâce à cet argent, ce sera la première fois que le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (Calacs) Coup de Cœur de Joliette développera un programme pour s'attaquer à cette forme de violence sexuelle.

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« C'est vraiment une bonne nouvelle pour nous, parce que sans cet argent, il aurait été impossible de mettre de l'avant un tel projet en parallèle de notre mission de base. Cela permettra de payer les effectifs nécessaires », explique Delphine Huard, intervenante au Calacs Coup de cœur.

En tout, le gouvernement a distribué 1 M$ pour 19 projets, dont celui du Calacs Coup de cœur.

Pour la survie

Cet organisme venant en aide aux femmes et aux adolescentes de 12 ans et plus utilisera les 50 000 $ octroyés par le gouvernement québécois afin, dans un premier temps, de dresser le portrait de la prostitution à Joliette. Pour ce faire, il rencontrera, en mars, de 30 à 40 acteurs du milieu, dont du personnel de centres jeunesse, de centres d'emploi, de maisons de jeunes, d'écoles, ainsi que des policiers et des travailleurs de rue.

« Nous voulons analyser la situation, savoir comment [la prostitution] se manifeste dans le nord de la région, indique Delphine Huard. Cela ne se manifeste pas nécessairement dans un contexte de gang de rue. C'est plus de la prostitution de survie, selon le peu que nous avons entendu jusqu'à maintenant. »

Prévenir et intervenir

Puis, dès la collecte de données terminée et analysée, le Calacs mettra sur pied un programme adapté pour aider les femmes et les adolescentes victimes d'exploitation sexuelle et aussi pour faire de la prévention.

« Notre but sera de prévenir la prostitution ou d'intervenir s'il y en a qui la vive déjà », explique Delphine Huard.

Par exemple, des rencontres de groupe pourront être organisées dans des centres jeunesse avec des adolescentes susceptibles d'en être victimes ou de le devenir.

Delphine Huard espère que le programme pourra être mis en place en avril ou en mai prochains.

Dans les écoles

Les élèves d'écoles secondaires pourront aussi en bénéficier puisqu'un volet sur l'exploitation sexuelle devrait être ajouté à ceux déjà abordés dans des écoles secondaires de la région par des intervenants du Calacs Coup de cœur.

Ces rencontres avec les élèves ont lieu par le biais du programme Empreinte déployé depuis peu à travers des écoles de la province. La prévention des agressions à caractère sexuel, les mythes s'y rattachant et les comportements à avoir y sont entre autres abordés.

Plus de dénonciations

Cette subvention survient à un moment où les dénonciations de femmes et d'adolescentes victimes de violence sexuelle sont en hausse. Par exemple, entre mars 2016 et mars 2017, 103 dénonciations avaient été faites au Calacs Coup de Cœur. Or, entre mars 2017 et janvier 2018, il y en avait déjà 120.

« Heureusement que le gouvernement a [aussi] déployé un fonds d'urgence. Cela nous a permis d'embaucher une intervenante pour répondre à la demande supplémentaire », indique Delphine Huard.

Selon elle, outre le changement social, la vague de dénonciations initiée par le mouvement international #MoiAussi a inévitablement eu des répercussions sur la hausse des dénonciations.

« La demande a quadruplé en quatre semaines et elle est restée », soulève-t-elle.

Un problème social

Par ailleurs, Delphine Huard se réjouit que la violence sexuelle soit passée d'un problème individuel à un problème de société au cours des dernières années.

« Les victimes ne sont plus autant culpabilisées et la honte n'appartient plus aux victimes. Les préjugés envers elles ont glissé vers les agresseurs. Pour nous, enfin c'est positif, ça incite les femmes à en parler et à ne pas rester seules », ajoute-t-elle.

Elle espère d'ailleurs que, parmi les 25 M$ annoncés en décembre 2017 par le gouvernement provincial pour aider les victimes d'agression et de harcèlement sexuels et poursuivre les efforts de prévention, une somme soit attribuée aux différents Calacs du Québec.

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