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Atelier de poterie de Rawdon : générer la beauté de ses dix doigts

Photo gracieuseté
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Créer des pièces uniques, sentir la matière se modifier sous ses doigts au rythme de son inspiration; c’est ce qui fait vibrer l’artiste céramiste André Lacroix depuis maintenant 50 ans. En plus de ses activités de création, le propriétaire de l’Atelier de poterie de Rawdon consacre beaucoup d’énergie à l’enseignement depuis les 15 dernières années afin de transmettre son savoir-faire, mais surtout sa passion contagieuse pour la poterie.  

Dès l’adolescence, André Lacroix savait qu’il gagnerait sa vie en créant des objets. Rationalisme oblige, il s’est d’abord dirigé vers une formation de machiniste où il apprenait à façonner des pièces d’avion avec le métal. Mais, encore aux études, la lassitude le gagne déjà face à la rigidité du médium.  

« J’avais un petit questionnement à savoir si je voulais faire ça toute ma vie. Et un jour, j’ai vu une démonstration de tournage de poterie à la télévision. J’ai compris que ce que j’aimais, c’était de transformer la matière et que le médium de l’argile était beaucoup plus spontané et probablement que ça me conviendrait mieux », raconte l’artiste.  

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Parcourir le monde grâce à l’art 

C’est là que tout commence. Le jeune André Lacroix n’a alors que 17 ans. Il s’inscrit à un cours de poterie dans une école privée et le constat s’impose à lui : il en fera une carrière. Si avoir l’audace de croire que l’on pourra vivre de son art est souvent perçu aujourd’hui comme de la pure rêverie, ce n’était pas différent à l’époque. Néanmoins, André Lacroix se réjouit d’avoir eu des parents qui le supportaient dans ses projets.  

Ainsi, au tournant de l’âge adulte, l’artiste se retrouve à L’Isle-aux-Coudres, où il bâtit son propre atelier avec un ami rencontré durant sa formation. Il y fabrique et vend des pièces uniques durant quatre ans. « Entre-temps, j’ai fait ma technique collégiale en céramique. J’ai suivi des formations par de grands maîtres américains, japonais et français. De fil en aiguille, ça m’a amené à travailler dans différents ateliers à Montréal, à Granby. J’ai par la suite fait du développement international où j’ai travaillé au Rwanda et en Haïti », mentionne André Lacroix.  

Ce qui l’anime à perdurer depuis si longtemps dans le domaine? « La beauté, répond-il spontanément. Produire quelque chose qu’on trouve beau, un bel objet que les gens vont apprécier et qu’ils seront prêts à payer pour. Voir qu’il y a de la reconnaissance pour le travail qu’on a fait, c’est très valorisant. » 

De l’unicité dans son décor 

Quant à son style, André Lacroix se considère comme un artiste touche-à-tout. Il crée autant des pièces utilitaires que d’autres, sculpturales. Il admet toutefois avoir un penchant pour les œuvres de gros format. Il utilise en moyenne de 3 à 10 kilos d’argile par pièce. « Si je devais décrire mon travail, je dirais que j’aime le mouvement, la texture et les formes pures », ajoute le céramiste.  

Si ses pièces ont trouvé leur chemin vers les foyers de ses nombreux acheteurs au fil des ans, André Lacroix estime que c’est en raison de l’unicité de chacune d’elle. « Je pense que quand on fait une pièce avec soin, avec concentration, sans tomber dans l’ésotérique, on y met son énergie, on y met tout son savoir-faire et ça se dégage dans une pièce. Une pièce qui est tournée à la main va dégager quelque chose de différent d’une pièce qui va avoir été moulée. On peut voir le mouvement du tournage, on peut voir les traces des doigts », décrit-il. C’est selon lui ce qui fait que les gens aiment tant ajouter ses créations à leur décor.  

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La créativité sans borne 

Ce qui inspire l’artiste à créer? Essentiellement la nature foisonnante qui entoure son atelier. Chaque pièce ouvre la porte à la suivante, évoque-t-il également : « L’inspiration vient souvent de la dernière pièce. Ça nous amène à imaginer comment la pièce aurait pu être différente si elle avait été faite d’une façon différente. Et on a envie d’en produire une autre pour aller voir ». 

« La plus belle pièce, c’est toujours la suivante », lance l’artiste pour décrire l’excitation qui le motive toujours à pousser plus loin sa créativité.  

C’est cette frénésie qu’il se tâche de transmettre à ses élèves jour après jour. « De connecter les gens à leur capacité de sentir et de vibrer avec le feeling qu’ils ont entre les doigts, de voir une lumière dans leurs yeux qui dit : “Wow! C’est moi qui ai fait ça”. C’est toute une transmission de bonheur. C’est ça qui est fabuleux. » 

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