Un retour attendu pour le groupe Illness

Illness fera son retour le 15 mai à Joliette. (Photo gracieuseté)
Illness fera son retour le 15 mai à Joliette. (Photo gracieuseté)

Après une absence de plus de 25 ans de la scène punk québécoise, la formation joliettaine Illness est de retour, au grand plaisir des fans. Le groupe vient de lancer un tout nouvel album, Resilience Road, et il sera en spectacle le 15 mai, au Centre culturel Desjardins. L’Action a eu la chance de recueillir les confidences du chanteur Maxime Bergeron ainsi que du guitariste et parolier David Veillette.

Le groupe Illness a vu le jour en 1996. Son premier album, True Values, paru en 1998, a permis à la formation de réunir une base de fans fidèles.

Les musiciens avaient envie de célébrer les 25 ans du groupe depuis un moment. Déjà, en 2022, Illness s’était produit au Sim’s Irish Pub pour deux dates à guichet fermé. Les artistes ont d’ailleurs été agréablement surpris par cet engouement du public. « Un seul show, j’aurais déjà été satisfait! Nous étions heureux de voir qu’Illness était toujours resté dans le cœur des gens », raconte Maxime Bergeron.

Au début, les musiciens n’avaient pas dans l’idée de composer de nouvelles musiques, mais ils racontent que la chimie était tellement présente qu’ils ont changé d’avis.

Ils se sont donc mis à écrire et à composer. Le défi était de demeurer près de ce qui était connu, tout en se permettant d’explorer. « Il y a de la nouveauté, mais aussi de la continuité et on retrouve l’identité d’Illness. »

David et Maxime faisaient partie du groupe original. Trois nouveaux membres se sont joints à eux pour la suite de l’aventure, soit Alexandre Rivest-Blais à la guitare, Francis Rivest à la basse et Ian Bouchard à la batterie.

David, qui est le parolier principal de la formation, explique que la formule demeure un peu la même qu’à l’époque : « Il s’agit d’un mélange d’histoires vécues et d’observations de la société dans laquelle on vit. On a toujours posé un regard critique sur le monde et voulu faire partie des bands engagés. »

L’artiste témoigne que c’est malheureux de constater que ce ne sont pas les sujets qui manquent pour inspirer le groupe. « À l’époque, l’ordre mondial, le génocide au Rwanda ou l’inefficacité de l’ONU faisaient partie des enjeux qui nous préoccupaient. Nous étions de jeunes hommes qui découvraient le monde et qui vivaient un désenchantement. »

David Veillette souligne que c’est un défi d’écrire des paroles qui seront livrées par quelqu’un d’autre. Il ajoute que Maxime et lui forment un tandem artistique hors pair. « Les textes sont volontairement abstraits pour que Max puisse se les approprier, tout comme le public. Il doit chanter mes mots, mais avec ses propres conflits intérieurs. Je ressens une grande fierté que ce soit lui qui interprète mes chansons. » De son côté, Maxime Bergeron s’est dit vraiment chanceux de pouvoir chanter ces textes-là.

« Tous les questionnements au sujet de la société sont tristement d’actualités. Maxime et moi, nous sommes tous les deux dans le domaine de l’enseignement et on constate que les familles en arrachent.  Ça nous donne envie d’encore avoir le poing en l’air pour les causes sociales », complète David Veillette.

 

Passion et authenticité

Le 15 mai, en plus de son nouveau matériel, Illness livrera sans aucun doute des classiques de son répertoire.

David Veillette souligne qu’il y a quelque chose de beau d’être encore là sur scène, à chanter et à revendiquer. « On souhaite que le monde devienne meilleur pour nos enfants, on propose une réflexion en fonction des générations futures. On est toujours capable de mordre dans la vie et de vivre de notre passion. On va chanter devant des jeunes qui ont l’âge qu’on avait à nos débuts, c’est hyper significatif. »

Parmi les pièces du nouvel album, il y a Nameless Graves. Illness a collaboré avec Minic Petiguay, qui œuvre au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière, et qui chante Apitamatisiwin, en introduction de la chanson.

« Ça faisait longtemps que je voulais écrire un texte pour dénoncer les difficultés vécues par les peuples autochtones », confie David. C’est sa visite d’un ancien pensionnat, ainsi que la découverte de centaines de tombes d’enfants disparus, qui ont été décisifs au sujet de l’angle abordé. « C’était important de bien faire les choses. »

Les artistes témoignent qu’ils ont eu la chance extraordinaire de rencontrer Minic Petiquay. « Cette collaboration a permis de donner une authenticité et une crédibilité au texte au-delà de ce que nous aurions pu espérer. »

David souligne que la journée d’enregistrement fut très éprouvante étant donné le sujet, qui touchait personnellement Mme Petiquay. « Pour elle, c’était une façon de donner une voix aux gens touchés par la disparition de leurs enfants. Il y en a des milliers qui ne sont jamais revenus dans leur famille. Nous avons un devoir de mémoire envers le peuple autochtone. Ce traumatisme a des répercussions sur plusieurs générations. »

À l’époque, Illness n’avait pas beaucoup eu l’occasion de voyager. Les musiciens mentionnent que cette fois, ils auraient envie d’aller plus loin et de présenter leur musique à l’étranger. « Nous sommes fiers de ce qu’on fait, avec Internet et les réseaux sociaux, le monde n’est plus aussi grand qu’avant, c’est permis de rêver. »

En terminant, les deux artistes expriment : « Nous nous présentons sur scène dans un esprit de bonté et de générosité. Il y a beaucoup de belles histoires, de passion et d’authenticité derrière la création de ces chansons. Nous sommes des gens qui parlons avec la tête et le cœur. »

@En:Le 15 mai, à 20 h, Illness lancera officiellement son nouvel album au Centre culturel Desjardins. Le groupe sera en spectacle, en plateau double, avec la formation GrimSkunk, qui est active depuis plus de 30 ans sur la scène du rock alternatif au Québec. Pour informations : www.spectaclesjoliette.com.

 

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