« Je suis prêt à passer à une autre étape de ma vie » 

  • Publié le 15 avr. 2026 (Mis à jour le 17 avr. 2026)
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Photo gracieuseté - Freestyle Canada
Photo gracieuseté – Freestyle Canada

Après onze ans au cœur de l’équipe nationale de ski de bosses, Gabriel Dufresne participé à sa dernière compétition le 28 mars. Le Joliettain affirme que, tout au long de son parcours, il a livré le meilleur de lui-même et que c’est ce qui lui permet de tourner la page plus facilement. « Je me remercie d’avoir toujours donné mon 110%, car je peux, aujourd’hui, me retirer sans regret. » 

Depuis maintenant vingt ans, l’athlète se levait, chaque jour, avec l’objectif précis de progresser et de devenir le meilleur skieur qu’il pouvait. « C’est ce qui va me manquer le plus, d’avoir un but relié à ma passion et une motivation. Je ne suis pas inquiet, je vais en trouver d’autres, mais c’était une grosse partie de ma vie et c’est ce qui me définissait un peu en tant que personne. » 

Au fil des années, l’amour que Gabriel Dufresne nourrissait envers sa discipline ne s’est jamais atténué. « La passion a toujours été là, autant chez le petit gars de 9 ans qui rêvait de coupes du monde et de Jeux olympiques que chez l’athlète de 29 ans, qui avait un peu plus mal au dos, mais qui ne sautait jamais un entraînement. »  

En parallèle de cette grande fierté, liée à ses efforts et à sa passion, Gabriel a admis qu’il ressent toutefois certaines déceptions par rapport à ses résultats et à des opportunités qu’il n’a pas été en mesure de saisir. Il évoque notamment le fait de ne pas avoir réussi à monter sur le podium lors des différentes coupes du monde et de ne pas avoir pu participer aux Olympiques.  

« Ça n’a malheureusement pas fonctionné, mais ce n’est pas en raison d’un manque d’efforts ou de préparation. Mon grand-père disait qu’il vaut parfois mieux être chanceux que bon! J’ai l’impression d’avoir été bon, mais pas toujours très chanceux! » 

Des souvenirs et des liens précieux 

Parmi les étapes marquantes de son parcours, le Joliettain se souvient de l’appel qui a tout changé en 2015. Âgé de 18 ans, on lui annonçait qu’il avait été sélectionné pour intégrer l’équipe canadienne. « C’était un moment spécial et un gros accomplissement! D’autant plus qu’il s’agissait un peu de ma dernière chance. Si je n’avais pas fait l’équipe cette année-là, je crois que j’aurais accroché mes skis. » 

Lors de cette première saison au sein de l’équipe nationale, il a eu l’opportunité de participer à la Coupe du monde et celle-ci était encore plus significative, puisqu’elle se déroulait à Val Saint-Côme, là où tout a commencé pour Gabriel. « C’était incroyable de vivre cela devant ma famille et mes amis. » 

Il conserve aussi de précieux souvenirs de sa première finale en simple à la Coupe du monde de Mont-Tremblant et de sa victoire inattendue en NorAm, en 2017, alors qu’il était malade et que la météo n’était pas du tout favorable.  

Au cours des années, il a également tissé des liens très forts avec ses coéquipiers. « Des gars comme Pascal-Olivier Gagné, Marc-Antoine Gagnon et Mikaël Kingsbury sont devenus des meilleurs amis pour moi. Par moments, nous passions plus de temps entre nous qu’avec nos propres familles. »  

Mikaël Kingsubry a également agi à titre de modèle pour Gabriel et l’a pris sous son aile dès l’arrivée de ce dernier au cœur de l’équipe canadienne. Ensemble, ils ont fait le tour du monde à une dizaine de reprises et ont vécu des tonnes d’histoires. Ce sont donc deux piliers du ski de bosses canadien, mais aussi deux grands amis, qui ont vécu en 2026 leur ultime tour de piste.  « Je savais depuis longtemps que ce serait sans doute ma dernière année, je suis prêt à passer à une autre étape de ma vie. » 

Boucler la boucle en beauté 

Cette saison a été particulière, puisqu’elle a été marquée par un grand nombre de compétitions annulées ou altérées par des conditions météorologiques difficiles. Par exemple, à Val Saint-Côme, la pluie et le brouillard se sont invités sur les pistes et les compétiteurs ont dû patienter près de deux heures avant la course.   

« Je crois que c’est l’aspect de mon sport qui me manquera le moins! De devoir skier à la pluie battante, à -35°C, ou quand la piste devient une patinoire et que chaque bosse ou atterrissage fait mal! » Gabriel a ajouté que cette année avait été, presque entièrement, ponctuée par ce genre de conditions météorologiques extrêmes qui forçaient les athlètes à prendre plus de risques.  

La dernière compétition s’est déroulée le 28 mars au mont Saint-Sauveur dans le cadre des Championnats canadiens. Énormément de spectateurs s’étaient déplacés pour l’événement et Gabriel a pu profiter d’une ambiance survoltée pour skier, une dernière fois, avec ses coéquipiers. Le Joliettain a effectué l’une de ses plus belles descentes en simple en carrière. Il s’est classé en deuxième position, derrière Mikaël Kingsbury et devant Julien Viel. « J’ai tellement eu de plaisir avec ces deux gars-là dans les dernières années que c’était comme la cerise sur le sundae de conclure ma carrière en partageant un podium avec eux et devant mes proches en plus! Je n’aurais pas pu demander mieux. » 

Au cours des prochains mois, Gabriel se consacrera à ses études en administration et envisage de s’impliquer en tant qu’entraîneur.  

Photo gracieuseté – Pierre Paradis
Photo gracieuseté – Freestyle Canada

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