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Chalet du Lac Arthur : l’art de s’intégrer au paysage

Photo Maxime Brouillet
Photo Maxime Brouillet

Avec le Chalet du Lac Arthur, le cabinet Ghoche Architecte a sublimé le concept d’habitat parfaitement intégré à son environnement. Compact et construit avec des matériaux durables, le projet sait se fondre dans la forêt de Lanaudière tout en offrant à ses habitants des espaces lumineux ouverts face au lac Arthur. Rencontre avec Rita Ghoche, l’architecte à l’initiative de ce chalet d’exception.  

Trouver le terrain parfait pour y faire construire la maison de ses rêves n’est jamais une tâche aisée. Alors, quand le terrain idéal se présente enfin, la famille, aujourd’hui propriétaire du Chalet du Lac Arthur, fait immédiatement appel au cabinet Ghoche Architecte. On est en 2020, en pleine pandémie, au cœur de la forêt de Notre-Dame-de-la-Merci dans la région de Lanaudière.

Respecter l’environnement 

Le terrain choisi est vierge de toute construction, un havre de paix à préserver. L’enjeu n’est donc pas de tout transformer, mais d’adapter l’habitat pour qu’il s’intègre parfaitement à l’environnement. «Le souhait, c’était vraiment de construire une maison parfaite pour une famille de quatre personnes sans forcément impacter la nature», explique l’architecte Rita Ghoche. 

Alors, dès les premières réflexions, la professionnelle décide de limiter volontairement l’empreinte au sol et de réduire le déboisement au strict minimum : assise du bâtiment, accès véhiculaire et fosse septique. «Le reste demeure intact et la densité des arbres, particulièrement du côté du lac, participe à cette volonté d’intégration», continue Rita Ghoche. 

Photos Maxime Brouillet

Une maison parfaitement camouflée 

La couleur du chalet de 3 000 pieds carrés découle, elle aussi, de cette approche. «Il était important que ce chalet s’intègre parfaitement et ne se voit pas.» Pour atteindre cet objectif, le cabinet fait le choix audacieux de noircir naturellement le bois de cèdre blanc du Québec par un procédé millénaire japonais : le yakisugi. Grâce à cette technique, vue depuis l’eau, la résidence se confond avec l’ombre des arbres. «Le bois est brûlé en surface puis stabilisé à l’aide d’une huile naturelle. En plus de l’avantage esthétique et écologique, cela protège la maison sur la durée tout en la rendant résistante aux UV.»  

De l’eau et de la lumière 

Si le choix de traitement du bois de construction est assurément novateur, l’architecture, quant à elle, repose sur la simplicité : un volume rectangulaire allongé posé sur une pente douce qui mène vers le quai.  

Côté orientation du bâtiment, pas de hasard non plus. «La vue sur le lac était déterminante, c’est pourquoi la course du soleil a influencé le positionnement final du chalet». Ainsi, une légère rotation a permis de maximiser l’apport solaire en début d’après-midi, permettant aux propriétaires de profiter, avec tout le confort possible, d’un maximum de luminosité intérieure. Une lumière garantie également par le choix de fenestration. «Ce budget était important, car il a permis de donner cet effet de grandeur et d’immersion dans la forêt sans obscurcir l’intérieur.» Résultat : des ouvertures généreuses encadrant la vue et transformant la nature en décor impressionnant. 

«Un cocon chaleureux» 

En entrant dans le Chalet du Lac Arthur, le visiteur comprend immédiatement où il met les pieds. Une entrée pensée pour la famille et donnant sur une salle de bain, le garage, une pièce de rangement et un bureau.  

Puis, s’en vient la pièce principale et son plan simple. Au centre, la cuisine en chêne blanc naturel structure l’espace avec ses armoires pleine hauteur et son îlot de 12 pieds. Autour, le salon et la salle à manger composent une aire ouverte pensée pour la convivialité. «Tout est assez grand pour recevoir, mais en même temps ça fait un cocon quand même assez chaleureux», explique encore Rita Ghoche.  

Dans le prolongement de la pièce de vie, une véranda moustiquaire permet d’habiter l’extérieur trois saisons par année. «Il fallait de larges baies vitrées ouvrantes pour effacer la frontière entre l’intérieur et l’extérieur durant l’été.» 

Le lac pour les parents, la terrasse pour les enfants 

À l’étage, la hauteur sous plafond atteint 16 pieds, amplifiant la sensation d’espace. Les deux chambres des jeunes adultes, aménagées sous la pente du toit, disposent chacune d’une mezzanine et d’une fenêtre triangulaire, mais surtout d’un accès au toit-terrasse. «La terrasse sur le toit est un refuge loin des parents.» La chambre principale profite, quant à elle, d’une ouverture incroyable vers le lac. 

Enfin, concernant le choix des couleurs, point d’obscurité. Et pour cause, l’intérieur adopte une palette très neutre : murs blancs, bois clair, planchers chauffants en béton poli. «La palette se voulait neutre pour laisser place aux œuvres d’art, aux plantes et au mobilier coloré.» 

Plus qu’une simple maison, le Chalet du Lac Arthur est un refuge, un lieu où le tumulte de la ville s’efface pour laisser place à la quiétude et à la nature.