Une campagne de sociofinancement pour préserver un savoir-faire unique 

Sara Venne, co-propriétaire d’Héritage Leuthard, Francine Brind’amour, conjointe de M. Leuthard, Antoine Leuthard, maître vinaigrier et cèdant, Annie Beaupré-Battisti, co-propriétaire d’Héritage Leuthard. (Photo gracieuseté)
Sara Venne, co-propriétaire d’Héritage Leuthard, Francine Brind’amour, conjointe de M. Leuthard, Antoine Leuthard, maître vinaigrier et cèdant, Annie Beaupré-Battisti, co-propriétaire d’Héritage Leuthard. (Photo gracieuseté)

L’entreprise Héritage Leuthard annonce le lancement de sa campagne de sociofinancement, en collaboration avec La Ruche. Cette dernière est initiée dans le but de préserver et de faire rayonner un savoir-faire artisanal transmis par le maître vinaigrier Antoine Leuthard, de Sainte-Marcelline-de-Kildare, à ses repreneuses Annie Beaupré-Battisti et Sara Venne.  

 La campagne de sociofinancement se déroule jusqu’au 22 décembre. Les entrepreneures souhaitent ainsi mobiliser la communauté et les amoureux du terroir autour d’un objectif clair : appuyer le transfert de l’entreprise artisanale et soutenir l’entrée en marché des premiers produits, prévue au printemps 2026. 

En entrevue avec L’Action, Annie Beaupré-Battisti raconte comment Sara Venne et elles nourrissaient le même intérêt pour la nature et les plantes. Les deux femmes ont grandi dans la région de Joliette, ont fréquenté les mêmes écoles et ont gravité dans les mêmes univers. 

Pendant la pandémie, elles ont loué une petite terre pour y faire différentes cultures. Annie Beaupré-Battisiti a aussi rencontré la propriétaire d’un complexe serricole de Contrecoeur, Les Arômes du Petit Côteau, où elle est allée prêter main-forte et qui n’avait pas de relève. Finalement, la Lanaudoise s’est porté acquéreuse de l’entreprise aux côtés de Sara Venne. « Ce fut notre première expérience en tant que repreneuses. » 

C’est au cours de la même période que les entrepreneures ont fait la connaissance d’Antoine Leuthard. « Ce dernier n’avait pas de relève non plus. Ça m’intriguait de savoir ce que c’était d’être maître vinaigrier. Je suis littéralement tombée en amour avec la place et le projet. » 

Toutefois, Mme Beaupré-Battisti était déjà engagée au sein du complexe de serres et n’était pas prête à s’investir dans une autre entreprise. Mais en juillet dernier, elle a su que M. Leuthard cherchait à vendre de façon rapide en raison de problèmes de santé. Elle a donc levé la main, il n’était pas question, pour elle, de laisser passer ce projet. 

« C’est vraiment une transaction humaine. M. Leuthard souhaite lutter contre la maladie le temps de transférer son savoir et nous, on veut qu’il ait le temps de nous dire ce qu’il veut nous dire tout en se sentant bien. » 

Dès le mois d’août, Annie et Sara se sont donc mises à expérimenter les lieux de cueillette, les méthodes et les façons d’entreposer les produits. « Je ne m’attendais pas à devoir le faire avec de si petits délais. » 

Mme Beaupré-Battisti explique aussi que l’un des défis est le fait qu’Héritage Leuthard avait cessé ses activités au cours des dernières années. « Il s’agit donc de reconquérir le marché, les stratégies de marketing sont différentes. » 

 

Par le biais de la campagne de financement, les entrepreneures souhaitent faire en sorte que le savoir du maître-vinaigrier demeure accessible, notamment à ceux qui auraient envie de réaliser le processus et de faire leur propre vinaigre. « On veut pouvoir donner aux gens l’occasion de vivre l’expérience et de perpétuer ce savoir. » 

Former des gens à la cueillette, accueillir des clientèles comme des écoles ou des nouveaux arrivants de même qu’avoir un espace pour faire de l’éducation font partie des projets. 

« Le vinaigre est réalisé à partir de produits sauvages. C’est une manière de sublimer ce que la forêt boréale a à offrir. Mais cela vient avec une façon particulière de cueillir pour protéger la nature. » 

Un autre objectif est de rendre disponibles des produits dès le printemps. « À l’époque, Héritage Leuthard avait des échos jusqu’aux États-Unis, au Japon ou en Arabie-Saoudite. Nous voulons relancer la marque dans la région et au pays, mais nous avons aussi des visées à l’international. » 

Des produits complémentaires faits à partir de vinaigre feront aussi leur apparition au cours de la saison 2026. 

Actuellement, trois emplois, dont deux à temps partiel, seront créés par le projet, mais au fil des mois, ce nombre devrait augmenter jusqu’à cinq employés à temps plein. « Nous voulons aussi laisser la place aux jeunes et collaborer avec le Cégep à Joliette et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Il y a beaucoup de passion dans Lanaudière et nous voulons utiliser ce bassin. » 

Annie Beaupré-Battisti confirme que l’entreprise mère demeurera à Sainte-Marcelline-de-Kildare, mais qu’une expansion est possible dans le territoire de la MRC de Joliette. 

Pour contribuer à la campagne de financement : https://laruchequebec.com/fr/projets/un-savoir-de-valeur.

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