Un drame à 28 semaines et un appel à l’information sur le cytomégalovirus

(N'Focus Productions - Internationally Awarded Wedding Photography - Dory Chamoun)
(N’Focus Productions – Internationally Awarded Wedding Photography – Dory Chamoun)

Rares sont ceux qui connaissent vraiment les impacts liés à l’infection à cytomégalovirus. Jonathan Beauchemin et Anabel Potvin, jeune couple de Mascouche, peuvent maintenant en témoigner. 

En avril 2025, Anabel Potvin apprend, lors d’une échographie de morphologie à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, qu’une anomalie est décelée. « Un des fémurs du bébé était 1 mm trop petit et a sonné la cloche aux spécialistes », mentionne Jonathan.  

Leur histoire se poursuit à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Après une panoplie de tests, les amoureux mascouchois apprennent, à la 21e semaine de grossesse, qu’Anabel est porteuse du cytomégalovirus, connu sous le nom de CMV. Une femme sur 200 peut être porteuse, lui a-t-on appris. C’est tout un choc, d’autant plus qu’outre la fatigue, elle est à l’époque asymptomatique. « Si j’avais été à l’urgence en pleine grossesse en leur disant que j’étais fatiguée, on m’aurait dit que c’était normal et d’aller me reposer », pense-t-elle.  

Les spécialistes de la santé leur suggèrent d’attendre jusqu’à 28 semaines avant de prendre une décision, mais à mesure que les tests s’accumulent, l’espoir d’une vie sans complications pour l’enfant s’effondre. Selon les résultats obtenus, le couple doit se résigner à arrêter la grossesse à 28 semaines.   

Conscientiser malgré l’amertume  

Anabel et Jonathan souhaitent sensibiliser les gens à l’infection. Ils éprouvent une certaine amertume de ne pas avoir été informés sur celle-ci.   

« Lorsqu’on est enceinte, on fait tellement de prises de sang! S’ils détectaient [le virus] à la première prise de sang, j’aurais pu prendre mes antiviraux et mon bébé serait correct aujourd’hui », déplore Anabel.  

« Le meilleur moyen de prévenir, c’est d’informer. Si tu m’avais dit que c’était dangereux, quand on est enceinte, de boire dans le verre de quelqu’un, je ne l’aurais pas fait », poursuit-elle.  

Conscient des conséquences liées au CMV, le couple lanaudois a toujours en tête d’agrandir sa famille. « Notre garçon, à 28 semaines, on l’a tenu dans nos bras. […] Ça nous a confirmé que notre histoire ne s’était pas finie de la manière qu’on aurait souhaité et qu’on veut vraiment un enfant », mentionne Anabel.  

(N’Focus Productions – Internationally Awarded Wedding Photography – Dory Chamoun)

300 km pour conscientiser 

En septembre prochain, le pompier local s’est donné le défi de courir le long de la route 138 sur une distance de 300 km, du Château Frontenac à Québec à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal.  

Jonathan n’est pas à son premier grand effort physique, lui qui possède à son actif plusieurs Ironman. « Je voulais trouver un événement qui rassemble le monde. Je voulais quelque chose qui sort de la norme pour ramasser le plus d’argent et avoir une belle visibilité », explique-t-il.  

L’invitation est lancée à tous. Les participants ont la possibilité de courir une partie de la distance parcourue par Jonathan.  

Campagne de sociofinancement 

Le 11 février, les deux Mascouchois ont entrepris une campagne de sociofinancement pour aider aux recherches sur cette maladie.   

L’engouement se fait sentir depuis. En moins de 36 heures, ils ont amassé plus de 3 000 $, et de nombreuses familles leur ont écrit en privé pour les remercier de leur contribution. Les fonds récoltés seront distribués à CMV Canada. Il est possible de suivre leur aventure sur le site de CMV Canada. Le couple a également créé des pages sur ses réseaux sociaux. 

L’infection en détail  

L’infection à cytomégalovirus est une infection fréquente due à un herpèsvirus responsable d’une grande variété de symptômes : soit elle est asymptomatique, soit apparaissent une fièvre et une fatigue (identiques aux symptômes de la mononucléose infectieuse), soit se manifestent des symptômes sévères affectant les yeux, le cerveau ou d’autres organes internes.  

Ce virus est transmis par contact sexuel ou non, par l’intermédiaire de sécrétions biologiques.  

La plupart des personnes sont asymptomatiques, mais certaines ont de la fièvre et des frissons, et les patients immunodéprimés peuvent présenter de graves symptômes, dont la cécité.  

Le cytomégalovirus peut provoquer une maladie grave chez les nourrissons infectés avant la naissance.  

La détection peut être faite par mise en culture d’un échantillon de liquide biologique, tel que les urines. Souvent, il n’est pas nécessaire de suivre un traitement, mais dans les cas d’infections sévères, on peut utiliser des médicaments antiviraux.  

Si une femme enceinte est infectée, elle peut transmettre l’infection au fœtus durant la grossesse, ou le bébé peut la contracter au cours de l’accouchement.

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