Une fermeture émouvante pour l’entrepôt Sany

  • Publié le 4 sept. 2024 (Mis à jour le 29 avr. 2025)
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Au cours du printemps dernier, la compagnie américaine Imperial Dade Canada a fait l’acquisition de Superior Sany Solutions, prenant possession des entrepôts et des boutiques du même nom. Toutefois, à la suite d’une analyse de productivité, l’entreprise en est venue à la conclusion de fermer l’usine de Joliette et de remercier la vingtaine de personnes qui y travaillaient.

Depuis le 28 août 2024, l’entrepôt de Sany à Joliette est complètement vide. Stéphane Lapointe, président d’Imperial Dade Canada, assure que la boutique, sur la rue Saint-Charles-Borromée Nord, continuera toutefois d’opérer. Cette décision a été prise à la suite d’une étude qui a été faite pour analyser la capacité de productivité des cinq entrepôts, situés à Joliette, à Sherbrooke, à Trois-Rivières, à Montréal et à Québec. « On ne va pas le cacher, la pandémie a posé problème et les affaires ne vont pas très bien. Il nous est impossible d’avoir cinq entrepôts, alors, malheureusement, nous avons convenu de fermer celui de Joliette », explique M. Lapointe.

« Creuser notre propre tombe »

L’un de ces anciens employés, qui a accepté de se confier à L’Action sous le couvert de l’anonymat par peur de représailles, a dû quitter le travail qu’il occupait depuis plus de 10 ans. Il se rappelle qu’à la suite de l’acquisition par Imperial Dade Canada, cette dernière s’était faite rassurante. « La compagnie est venue nous voir pour nous dire qu’elle n’est pas du genre à fermer ses usines », informe l’employé, qui ajoute qu’elle souhaitait possiblement offrir de meilleures conditions de travail.

C’est au cours de la journée du 26 juin 2024 que les travailleurs de Sany ont été informés de la fermeture prochaine de leur usine. Cette nouvelle a pris de court la vingtaine d’employés joliettains qui se partageaient les postes de chauffeurs, de commis et de superviseurs d’entrepôts. « Ils nous ont dit que l’emplacement était meilleur à Montréal, que c’était beaucoup plus gros. Il y avait plusieurs travailleurs qui avaient la larme à l’œil. » Il poursuit en disant qu’aucun de ses collègues n’avait eu de propositions pour être transféré dans un autre entrepôt. Questionné sur le sujet, Stéphane Lapointe reconnait que « si des postes avaient été vacants, cela aurait été possible, mais qu’il n’y en avait pas ». Près de la moitié des employés de Joliette ont donc quitté leur fonction après cette annonce.

Durant les huit semaines et demie qui ont suivi, les employés « creusaient leur propre tombe », selon les propos de celui qui a accepté de témoigner, puisqu’ils ont dû déménager ou vider le bâtiment pour la fermeture. « Ç’a été difficile de travailler pendant deux mois intensivement. La compagnie a fait tellement de commandes, nous avons roulé comme jamais! Nous leur avons donné un coup de main pour nous mettre dehors nous-mêmes. »

L’ex-travailleur confie que pour lui et pour d’autres qui y œuvraient depuis près de 20 ans, le départ s’est avéré éprouvant. Il raconte que l’un de ses collègues a plus de 60 ans et qu’il a été particulièrement bouleversé par cette fermeture, lui qui souhaite continuer à travailler. « Mais ç’a été difficile pour tout le monde. Beaucoup disaient que malgré tout le travail qu’ils faisaient à la fin, ils n’ont pas eu de remerciements ou de compensations ». Seuls ceux qui comptaient dix ans et plus d’ancienneté ont pu bénéficier d’une semaine de vacances par année travaillée.

Alors que de son côté il s’est possiblement trouvé un nouvel emploi, l’employé espère le meilleur pour ses collègues. « Je souhaite bonne chance à tous. J’ai été très heureux de travailler avec eux. Je ne sais pas si je vais trouver une autre belle gang comme celle-là. »

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