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Persévérance scolaire

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14 février 2024

Sarah Yergeau - syergeau@medialo.ca

Persévérance et fierté au sein de la famille Odyssée

Dépassement de soi

Odyssée 2024 CJE

©Photo Médialo - Sarah Yergeau - L'Action

Molly Geoffroy, Natacha Lépine et Bruno Ayotte, entourés des étudiants de la cohorte Odyssée.

Un retour sur les bancs d’école après plusieurs années d’abandon et une famille à considérer peut s’avérer impressionnant, voire irréaliste pour un parent qui désire poursuivre ses rêves.  Le projet Odyssée du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de D’Autray-Joliette calme toutes les vagues tumultueuses que ce périple pourrait engendrer en offrant, entre autres, une garderie pour les enfants, un service de transport, des ateliers de développement parental et des opportunités uniques d’aller à la rencontre de soi-même et des autres.  

Lors des portes ouvertes du mardi 6 février dernier, L’Action s’est imprégné de l’effet Odyssée : une ambiance vivante et dynamique au sein d’un groupe partageant une belle chimie dans un local lumineux et apaisant, propice à l’apprentissage. Le directeur général du CJE de D’Autray-Joliette, Bruno Ayotte, est fier de ce projet, rendu possible grâce à la participation du ministère de l’Éducation, du Centre multiservice des Samares et du Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales. « On est vraiment content de ce projet, qui est d’ailleurs un projet coup de cœur au Carrefour. » 

M. Ayotte soutient que de nombreux outils ont été mis en place afin de permettre la rétention de la clientèle. « L’idée est de se dire : « Comment peut-on faire revenir les gens qui ont lâché l’école et qui désirent reprendre les études en enlevant tous les freins possibles? En se mettant dans la peau de l’adulte, dans sa réalité, on est conscient que le parent doit trouver un endroit pour son enfant pendant qu’il est à l’école, que c’est une préoccupation. » 

En effet, le directeur général du CJE confirme qu’une garderie de 12 places, située juste à côté de l’école des parents, a été mise en place pour l’occasion, allégeant d’autant plus le quotidien des étudiants. Ces réflexions ont amené la mise en place des autres services d’activités de développement parental, de bénévolat, de cuisine collective et de promotion d’une saine hygiène de vie. 

Un fonctionnement stimulant, motivant et encourageant 

 Odyssée, tel que mentionné par M. Ayotte, est un tremplin, une étape préalable à un retour à l’école à temps plein. En effet, la programmation est répartie sur quatre jours par semaine, dont deux jours à l’école avec l’enseignante, soit les mardis et vendredis. « Deux journées de six heures de travail chacune, c’est parfait pour un retour progressif, sachant qu’on les prépare à aller à l’Envol et que l’horaire est similaire », commente leur enseignante, Molly Geoffroy.  

Elle explique que la matière à l’honneur est le français uniquement. « Les étudiants apprennent à leur propre rythme dans les cahiers d’apprentissage de l’Envol. Étant donné qu’on est associé à cet établissement, les examens se passent là aussi, donc ils ont la chance d’aller visiter l’école en même temps. » 

Au sein d’une même cohorte Odyssée, pouvant accueillir jusqu’à 15 personnes, tous les niveaux du secondaire sont confondus, créant ainsi une synergie de groupe où les gens évoluent ensemble, se découvrent et se complètent dans leurs forces, tout en se soutenant mutuellement.  

 Une approche multidisciplinaire et accrocheuse  

Ces sessions d’études, d’une durée de 21 semaines, sont pensées en fonction de divers ateliers permettant aux participants d’acquérir un bagage personnel et professionnel complet.  

Natacha Lépine, intervenante en persévérance scolaire au CJE, a donné un aperçu complet des activités du programme. « La programmation varie de semaine en semaine pour aller chercher les intérêts de tous, c’est une approche multidisciplinaire dans laquelle on veut faire ressortir les forces des participants. »  

Ces derniers sont amenés, entre autres, à prendre part à des ateliers dédiés au développement parental. « C’est certain qu’on reconnaît que les participants détiennent toutes les compétences parentales nécessaires pour bien s’occuper de leurs enfants, c’est plus comme un ajout de ressources, un supplément d’informations pour les aider. On vient travailler la discipline positive, en se demandant qu’est-ce qu’on peut mettre en place à la maison pour faciliter leur rôle de parent. » 

Par exemple, Natacha Lépine a dévoilé qu’ils bâtiront leur propre jeu de société au cours des prochaines semaines. « Le parent va pouvoir jouer avec son enfant afin de l’aider à développer son langage. C’est ce genre d’activités qu’on met de l’avant pour faciliter le travail à la maison avec l’enfant. »  

De plus, il y a des activités vouées à faire sortir les étudiants de leur zone de confort.« On est allé faire de la natation afin de les sensibiliser à l’importance de prendre soin de soi, d’avoir une bonne hygiène de vie et de découvrir de nouvelles choses. »  

Ce qu’elle souhaite par-dessus tout, c’est que les étudiants « touchent à tout » afin que lorsqu’ils quittent le programme, ils aient l’impression d’avoir découvert plein de choses et que l’objectif qu’ils se sont fixé soit réel et qu’ils aient envie de le poursuivre.  

Parmi les activités se positionnant en tant qu’outil facilitateur, la cuisine collective est très appréciée des participants, qui demandent d’ailleurs d’en faire une fois aux deux semaines plutôt qu’une fois par mois. « Juste de venir ici, à l’école, sans avoir à penser à faire un lunch parce qu’il y a des plats dans le congélateur, ça enlève une charge importante aux étudiants. Ça s’applique aussi dans un contexte où le parent n’a plus grand-chose chez lui et n’a pas le temps de passer à l’épicerie, il peut partir avec de la nourriture d’ici afin d’avoir un souper de prêt pour toute la famille, c’est là expressément pour ça. »  

L’intervenante en persévérance scolaire annonce que de nouvelles initiatives de bénévolat planent dans l’air, en plus de ce qui a déjà été fait par le passé.  

Odyssée remplit également un volet d’adaptation sociale et de travail d’équipe, dans l’optique de réapprendre à côtoyer l’autre, en sortant du cadre limitant qui a tendance à n’identifier la personne que comme un parent. « Quand on est mère, on s’isole plus, on a moins de temps pour socialiser. On est des personnes à part entière, pas juste des mères ou des étudiantes », témoigne Trycia, une participante au projet Odyssée.  

 Les administrateurs du programme ont à cœur le bien-être des étudiants et le démontrent en leur laissant de l’espace pour qu’ils se reposent et prennent soin d’eux. « Les lundis, les étudiants sont en congé.  Je leur dis que la garderie est ouverte, que leurs enfants seront entre bonnes mains et de prendre du répit », soutient Natacha Lépine.  

Cette dernière confirme que tout est offert aux étudiants, de la garderie au service de transport, en passant par les cahiers scolaires et les activités connexes.  

Lorsque les étudiants sont prêts à quitter le programme pour poursuivre à l’Envol, le lien avec le CJE sera maintenu entre le participant et l’organisme communautaire.  

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