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29 mars 2022

Mélissa Blouin - mblouin@lexismedia.ca

«Une fois assis sur la luge, il n’y a plus de différences»

Les athlètes poursuivent la tradition

Hockey luge

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Les joueurs Gwendal Trebaol-Houle, Sébastien Barbé et Alexis Auclair en présence des élèves de la concentration hockey et de leur enseignant Robert Chamberland. Les athlètes Simon Bénard et Jean-François Huneault étaient aussi présents, mais ils sont absents sur la photo.

Pour une troisième année consécutive, des joueurs élites de hockey sur luge étaient présents à la patinoire Bleu Blanc Bouge de Joliette afin d’initier des jeunes à leur sport. Cette année, ce sont plus de 250 élèves de l’école secondaire Barthélemy-Joliette qui ont pu essayer les luges sur glace ou les luges à roulettes. Cet événement se tenait le 22 mars dans le cadre du carnaval, où plusieurs activités étaient proposées aux jeunes. 

« C’est mon événement coup de cœur de la journée! Il y a vraiment un grand côté inclusif avec le parahockey, tout le monde peut y participer et tout le monde est égal. Nous avons deux élèves en fauteuil roulant à l’école et une fois assis sur la luge, il n’y a plus de différences entre personnes», a commenté la coordonnatrice aux activités parascolaires, Marie-Pierre Lafond.  

Cette dernière a également tenu à souligner la grande générosité des membres du club Parahockey Montréal qui ont accepté de venir passer une journée complète avec les jeunes. Parmi les joueurs présents se trouvaient quelques-uns des meilleurs athlètes du pays. C’est notamment le cas d’Alexis Auclair qui fait partie de l’équipe du Canada et qui est passé tout près d’aller représenter la nation lors des Jeux paralympiques de Pékin.  

«J’ai été retranché de l’alignement quelques jours avant le départ. Ç’a été difficile, j’ai pris des petites vacances pour me remettre les idées en place, mais là je finis la saison avec l’équipe du Québec et nous nous préparons pour le Championnat canadien qui se tiendra au mois de mai », a commenté l’athlète de 23 ans en entrevue avec L’Action.  

Il a ajouté que les événements d’initiation dans les écoles sont importants et qu’ils contribuent à augmenter la visibilité de son sport qu’il juge trop méconnu. «Lorsque j’avais 16 ans, je n’avais jamais entendu parler du hockey luge jusqu’à ce qu’une autre personne avec un handicap me le fasse découvrir et j’ai tout de suite eu la piqûre! C’est donc toujours plaisant de partager notre discipline avec de nouvelles personnes! » 

L’initiateur de cet événement Sébastien Barbé, qui est membre du club de parahockey, mais aussi éducateur spécialisé à Barthélemy-Joliette, a ajouté que personne n’est à l’abri d’un incident et que le fait de connaître cette activité physique peut changer bien des choses. «Quand tu es sportif et que tu as un accident ou une blessure, tu peux avoir l’impression que ta vie s’arrête, mais de savoir qu’il existe une vie sportive même après, ça peut amener un certain réconfort et une motivation. » 

Il a donné en exemple l’histoire de Vincent Boily, un jeune qui venait de signer un contrat avec l’Océanic de Rimouski dans la LHJMQ quand un accident de motoneige a brisé ses rêves. « Je crois qu’il ne voulait rien savoir du parahockey au début, mais il a finalement essayé et il a trippé! Il a retrouvé l’ambiance de la chambre de hockey, le sentiment de marquer un but et un nouveau rêve, celui de participer aux Jeux paralympiques. »  

M. Barbé a continué en évoquant qu’il peut aussi s’agir de blessures plus mineures comme dans son cas, alors qu’il a dû subir une opération aux ligaments croisés. «C’est à cause de cela que j’ai commencé. Aujourd’hui, je suis rétabli et je pourrais jouer au hockey debout, mais j’aime trop l’équipe et le parahockey pour arrêter. » 

Parahockey

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Changer la vision des jeunes 

En matinée, ce sont des groupes complets qui ont découvert le hockey sur luge dans le cadre de leur cours d’éducation physique, dont trois classes d’adaptation scolaire. Les élèves de la concentration hockey ont aussi eu la chance de revêtir leur équipement et de disputer une partie en fin d’avant-midi.  

« J’avais regardé un peu de matchs avant de venir jouer et ce n’est pas du tout comme je pensais, c’est plus difficile! Je pensais que je serais au moins capable de lever la rondelle», a plaisanté Alexis Proulx après son match. Son coéquipier, Félix Bellemare, a ajouté que ce n’était vraiment pas évident de contrôler la rondelle, d’avancer et de garder son équilibre.  

Une chose faisait toutefois l’unanimité au sein des joueurs de la concentration hockey: ils ont tous aimé l’expérience et veulent la retenter dans l’avenir. 

L’école secondaire Barthélemy-Joliette, par l’entremise de Sébastien Barbé, a été la première à faire venir le Club pour une activité d’initiation il y a trois ans. Depuis, l’initiative s’est répandue et les membres de parahockey Montréal sont invités dans une dizaine d’écoles par année. Un nombre qui augmentera probablement une fois que la situation pandémique s’atténuera. «Demain, nous allons à la rencontre de futurs professeurs d’éducation physique! » 

Ces sorties représentent aussi un bon moyen de financement pour le Club. Il faut préciser qu’une seule luge peut coûter entre 600 et 700$.  

Lors de l’événement, c’est une vingtaine de luges que les membres avaient amenée. Depuis cette année, le club de Montréal a également pris l’initiative d’adapter une dizaine de luges avec des roulettes puisque ce ne sont pas toutes les écoles qui ont accès à une patinoire.  

«C’est plus facile de contrôler les luges à roulettes, elles sont plus stables et font moins travailler le bassin. Je crois que les jeunes se découragent moins vite avec celles-ci », a commenté Jean-François Huneault qui fait aussi partie de l’équipe du Canada. Ce dernier était responsable des luges intérieures pour la journée et il a remarqué que la vision des élèves changeait après avoir essayé le sport. « Ils découvrent que c’est vraiment forçant dans les bras et ils sortent d’ici avec une opinion plus positive! » 

Luge

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Carnaval 

En après-midi, c’est dans le cadre du carnaval de l’école que tous les jeunes ont eu accès au parahockey. En effet, ils pouvaient participer aux activités de leur choix. Structure gonflable, match de hockey entre élèves et professeurs, jeux de tic-tac-toe et de puissance 4 géants, concours de souque à la corde, DJ et tire sur la neige, il y en avait pour tous les goûts. «Ça fait une quinzaine d’années qu’on fait le carnaval, mais nous n’avions pas pu le faire depuis deux ans en raison de la pandémie, alors c’est bien de retrouver cette tradition », a commenté le technicien en loisirs, Mario Cloutier.  

Marie-Pierre Lafond a ajouté que l’événement vise à amener un peu de folie et de motivation pour les jeunes. «On arrive à un moment où ils ont besoin d’un petit boost d’énergie! C’est aussi une belle façon de les récompenser, de créer des liens entre eux et de leur donner la possibilité de connaître les enseignants sous un autre angle! » 

Carnaval

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Un club à Joliette ? 

La Ville de Joliette a été la première au Québec à avoir une patinoire de la Fondation des Canadiens qui était adaptée pour les personnes handicapées. «Nous avons les installations, nous avons le budget et la demande est là, alors pourquoi ne pas implanter un Club à Joliette », se questionne Sébastien Barbé. Pour le moment, Lanaudière ne détient pas encore de club, les amateurs de ce sport doivent donc se déplacer à Montréal ou à Laval pour le pratiquer. Toutefois, des démarches auraient été entamées pour la fondation d’un tel club à Joliette. Cela reste à suivre! 

Parahockey

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

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