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15 septembre 2021

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Les précisions des promoteurs n’atténuent pas le scepticisme

Beaulieu-sur-lac

Séance d'info

©Jason Joly - L'Action

Environ 150 personnes se sont réunies lors de la séance d’information du 8 septembre 2021.

Lors d’une séance d’informations regroupant près de 150 personnes à Saint-Jean-de-Matha le 8 septembre, les promoteurs de Beaulieu-sur-lac ont souhaité présenter officiellement leur projet immobilier. Malgré ces indications, les citoyens présents sur place sont restés sceptiques et peu impressionnés par la présentation.

Le projet résidentiel Beaulieu-sur-lac prendrait place à Saint-Jean-de-Matha et à Saint-Damien, à proximité des lacs Mondor et Noir. La Municipalité de Saint-Jean-de-Matha a décidé de mettre de l’avant un règlement pour limiter les projets dit intégrés dans une certaine zone et pour interdire des résidences principales ou secondaires à servir d’établissements d’hébergement touristique. Le maire Martin Rondeau, qui était présent à la séance d’information, a assuré que ni lui ni son équipe ne prendraient part aux discussions.

Désir de transparence

Le président du projet, Simon Longpré, et la directrice du développement et du concept, Marina Longpré, ont participé à la séance pour introduire leur projet plus officiellement. Selon M. Longpré, ils ont reçu des critiques dénonçant un manque de transparence, d’où l’idée de faire une séance d’information.

Promoteurs

©Jason Joly - L'Action

Les promoteurs et experts du projet Beaulieu-sur-lac ont assisté à la rencontre pour répondre aux commentaires et préoccupations de la population.

Ainsi des clarifications sur le projet ont été apportées, principalement du côté de Saint-Jean-de-Matha. Ce dernier donnera accès à 155 unités de logement. Les habitations de différents styles, soit des mitoyennes et des bâtiments de cinq logements, seront regroupées en trois quartiers. Puisque leur projet permettrait de conserver 91% de l’espace naturel, l’équipe désire aussi aménager des sentiers en forêt ainsi que des petits bâtiments de détente, une salle communautaire ainsi qu’une aire commune avec piscine et autres services récréatifs.

L’urbaniste Guillaume Gilbert affirme que plusieurs études ont été faites afin, entre autres, d’évaluer les pentes abruptes qui sont sur le site et d’identifier les éléments naturels comme les milieux humides ou hydriques. Même si les études de sol en vue de l’installation des fosses septiques n’avaient pas encore été faites, M. Gilbert assure qu’ils ont suivi les normes en vigueur pour la planification du projet : « Nous avons analysé le cadre réglementaire qui est en vigueur notamment au niveau des distances à respecter. » Malgré tous ces éclaircissements, quelques parts d’ombres ont contraint les citoyens à faire la queue pour poser leurs questions.

Accès aux lacs

L’une des préoccupations les plus urgentes des citoyens concernait un accès au lac Noir qui avait été annoncé par les promoteurs pour les futurs occupants des résidences. Les entrepreneurs avaient acquis un terrain sur la rive du lac, mais des citoyens s’inquiétaient de voir une augmentation du nombre de bateaux ou autres embarcations à moteur sur le lac. « Ce n’est pas dans notre intention de faire une marina privée ou de céder des droits de passage », précise Simon Longpré. Le président a continué en disant qu’à la suite de plusieurs commentaires, son équipe et lui avaient convenu de mettre en vente le terrain. Michelle Beaudoin, une résidente du lac Noir, était sceptique à propos de la vente : « Je veux avoir une preuve ou une suite à votre idée de vendre le terrain. » Simon Longpré s’est empressé de répondre à la résidente : « Nous ne pouvons pas vous le prouver pour l’instant, mais nous allons mettre le terrain en vente. Ce n’est pas des paroles en l’air ».

Questions citoyens

©Jason Joly - L'Action

Pendant près de deux heures, les citoyens de Saint-Jean-de-Matha et de Saint-Damien ont pu questionner les entrepreneurs et faire part de leurs inquiétudes.

Solvabilité

Une citoyenne qui réside près du lac Noir est également venue questionner les promoteurs, principalement sur leur solvabilité. Elle a d’ailleurs demandé à la Municipalité si des vérifications avaient été faites sur ce point. « Il y a certaines rumeurs alors il faudrait clarifier. Parce que, s’il y a une faillite, qui pensez-vous devra défrayer les coûts. » Les rumeurs en question concernaient des personnes associées au projet ayant eu des problèmes financiers dans le passé. L’un d’eux, Olivier Gaudet, un jeune homme de 27 ans, aurait déclaré une faillite de 20 millions de dollars en 2018.

Simon Longpré avoue que M. Gaudet fera partie du projet en tant que gérant de construction. « M. Gaudet était jeune, il a fait des erreurs, mais j’arrive à pardonner ». Il ajoute aussi que le roulement du projet ne le mettra pas en faillite : « Le projet est fait en plusieurs phases. Ce n’est pas un projet où l’on va commencer à creuser 150 unités pour finalement manquer de fonds. »

Michel Milot, président de l’Association de protection du lac Mondor, se dit peu impressionné de la séance d’information : « Tout ce qui a été présenté, je n’ai pas été étonné ou surpris. J’ai entendu ce que je pensais entendre. » Quant au maire de Saint-Jean-de-Matha, Martin Rondeau, il a précisé à l’assemblée que son équipe et lui ne prendront pas de décision à propos du référendum. « Le conseil municipal n’a pas pris sa décision et il ne compte pas prendre de décision maintenant », a déclaré le maire en ajoutant qu’il prendrait des notes en entendant les préoccupations des citoyens.

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