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13 novembre 2020

Élise Brouillette - ebrouillette@lexismedia.ca

Une murale à la mémoire de Joyce Echaquan

Musée d’art de Joliette

Eruoma Awashish

©Photo gracieuseté - L'Action

L’artiste atikamekw Eruoma Awashish est l’auteure de la murale.

À la suite de la mort tragique de Joyce Echaquan, survenue le 28 septembre dernier, le Musée d’art de Joliette (MAJ), en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière, a invité l’artiste attikamekw Eruoma Awashish à venir créer une murale au MAJ.

Réalisée in situ du 9 au 13 novembre, l’œuvre d’Eruoma Awashish s’intitule Mackwisiwin [La force]. Une fois complétée le 13 novembre, elle pourra être observée au Musée ainsi que depuis la rue pour une durée d’au moins un an.

« Comme le Musée est situé à l’entrée de la ville, cette murale est l’une des premières choses que verront les gens en arrivant à Joliette, précise Jean-François Bélisle, directeur général et conservateur en chef du Musée d’art de Joliette. Nous pensons qu’en tant qu’institution culturelle, nous devons poser des actions concrètes afin que soit entendue la voix des Premières Nations et que se rétablisse le dialogue entre les cultures. »

 « C’est la famille de Joyce que je représente sur cette murale, commente Eruoma Awashish. J’ai choisi un vert lime vibrant pour le fond, je voulais que ce soit lumineux. Dans la souffrance, on grandit et on s’élève. Il faut se servir d’épreuves comme celles de la mort de Joyce pour s’élever, grandir, évoluer, cheminer et ne plus vivre des choses comme celles-là. Par son décès, Joyce a semé quelque chose qui va pousser à l’intérieur de nous et que j’appellerais l’éveil. Avec cette murale, je voulais apporter de la lumière, faire ressortir la beauté. »

« Cette murale au Musée d’art de Joliette nous rappelle l’importance du travail de collaboration avec les Premières Nations. Elle dit aussi, haut et fort, que plus jamais ne peut se produire une tragédie comme celle vécue par Joyce Echaquan et sa famille, indique Caroline Proulx, députée de Berthier, ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de Lanaudière. Nous avons tous un rôle à jouer pour renforcer les liens qui unissent tous les citoyens de Lanaudière. Nous devons former une communauté tissée serrée, où chacun se sent épaulé et soutenu. Je travaille et continuerai de travailler en ce sens. »

« Au nom du Bloc Québécois, je tiens à remercier le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière et le Musée d’art de Joliette pour cette initiative, souligne Gabriel Ste-Marie, député fédéral de Joliette. Il est à souhaiter que la tragédie vécue par Joyce Echaquan, son conjoint et leurs sept enfants, ainsi que toute leur communauté, permette une prise de conscience qui va contribuer à changer les mentalités et les lois et à accorder des chances égales de développement aux Atikamekws et aux Premières Nations. »

« Je remercie le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière et le Musée d’art de Joliette pour cette magnifique initiative de créer une murale à la mémoire de Joyce Echaquan, ajoute Véronique Hivon, députée de Joliette à l’Assemblée nationale. Je suis confiante que cette œuvre permettra de favoriser l’établissement d’une relation plus étroite entre la communauté joliettaine et celle de Manawan, et plus généralement avec la nation atikamekw et les Premières Nations. Cette œuvre d’art sera là pour nous rappeler que nous avons le devoir d’agir pour réparer les erreurs du passé et éviter de futures tragédies. Par cet ours, symbole du porteur de la médecine, donc porteur de vie, Eruoma Awashish fait ressortir l’importance, comme société, de prendre soin les uns des autres. Je dis « Mikwetc » à Madame Awashish. » 

Eruoma Awashish

Née en 1980 d’une mère québécoise et d’un père atikamekw nehirowisiw, Eruoma Awashish a grandi à Opitciwan. Sa démarche artistique vise à créer des espaces de dialogues pour favoriser une meilleure compréhension des cultures autochtones, et créer des œuvres qui suscitent des réflexions sur l’identité et le sacré. La décolonisation du sacré est au cœur de sa pratique.

En 2019, Eruoma Awashish a participé à l’exposition collective d’artistes autochtones au Musée d’art de Joliette, De tabac et de foin d’odeur. Là où sont nos rêves, commissariée par Guy Sioui Durand et réalisée en collaboration avec le Collectif des commissaires autochtones.  

Dans la foulée du décès de Joyce Echaquan, Eruoma a cosigné une lettre ouverte au premier ministre Legault au sujet du racisme systémique, avec un collectif de 37 femmes. Profondément bouleversée par la mort de Joyce, Eruoma Awashish a imaginé une murale pour le Musée d’art de Joliette qui représente la force et la lumière afin que les Québécoises et les Québécois de toutes les cultures et de toutes les nations se parlent et s’éveillent.

Le jeudi 26 novembre à 12 h 30, Eruoma Awashish présentera une conférence en ligne d’une heure au sujet de sa pratique et dans laquelle il sera question de la réalisation de cette murale à la mémoire de Joyce. Cette activité organisée par le MAJ est gratuite. On doit s’y inscrire au bit.ly/conference-eruoma.

Une reproduction d’un portrait de Joyce Echaquan réalisé par Eruoma Awashish est également en vente à la Boutique du MAJ depuis peu (sur place au Musée ou en ligne). Les bénéfices de la vente de cette reproduction serviront à acheter du matériel d’art, des jeux éducatifs et des cadeaux aux enfants de Joyce Echaquan.

La murale Mackwisiwin [La force], est réalisée par Eruoma Awashish en novembre 2020 au Musée d’art de Joliette, avec la collaboration du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière et la contribution de députés provinciaux et fédéraux.

Eruoma Awashish

©Photo gracieuseté - L'Action

L’artiste atikamekw Eruoma Awashish est l’auteure de la murale.

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