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24 février 2020

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

La main-d’œuvre qualifiée : un défi de taille

Municipalités en milieu rural

Mairie

©(Photo l'Action - archives) - L'Action

La pénurie de main-d’œuvre n’affecte pas que les entreprises, de nombreuses municipalités peinent à trouver et à retenir de la main-d’œuvre qualifiée. Le défi s’avère d’ailleurs particulièrement complexe pour plusieurs municipalités en Matawinie, qui doivent redoubler de créativité afin de combler leurs besoins. 

Longtemps perçues comme des employeurs convoités pour leurs conditions salariales et de travail, de nombreuses municipalités ont aujourd’hui de la difficulté à combler leurs besoins de main-d’œuvre et celles situées en milieu rural semblent souffrir d’un problème d’attraction. «Pour un poste affiché, on ne reçoit plus beaucoup de C.V. Si on en reçoit le tiers de ce qu’on recevait avant, c’est bon» souligne d’ailleurs Audrey Boisjoly, mairesse de Saint-Félix-de-Valois. «On continue d’offrir de bonnes conditions, mais la main-d’œuvre est beaucoup plus mobile qu’avant» poursuit-elle.  

Saint-Félix-de-Valois, comme la plupart des municipalités de la MRC, éprouve de la difficulté à recruter, mais surtout à retenir des ressources humaines spécialisées. Selon la mairesse, les municipalités à proximité de Montréal sont excessivement attractives et beaucoup de travailleurs perçoivent le fait de travailler pour une municipalité de région comme un tremplin vers une municipalité plus importante. La municipalité peut investir beaucoup en formation, mais bien souvent, après quelques années et un peu d’expérience emmagasinée, ce même travailleur quitte vers un autre employeur. Plusieurs municipalités doivent ainsi innover pour combler leurs besoins de personnel.  

C’est dans ce contexte que pour certaines tâches d’expertise, des municipalités préfèrent avoir recours à de la sous-traitance. «Dans certaines situations, si on veut remplir nos obligations, nous n’avons pas le choix d’aller vers la sous-traitance. Le coût est plus élevé de chercher une ressource, de la former et ensuite de la voir partir» poursuit la mairesse Boisjoly. Le fait d’être un tremplin vers d’autres municipalités peut également être un avantage, c’est le cas pour les Services d’incendie. Beaucoup de jeunes pompiers, qui sortent de l’école, viennent faire leur classe à Saint-Félix, ce qui comble les besoins du Service d’incendie et évite à la municipalité d’investir dans la formation. 

Rechercher des gens du milieu 

Un peu plus au nord, Saint-Jean-de-Matha vit sensiblement les mêmes défis. Selon le maire Martin Rondeau, la pénurie de main-d’œuvre vécue actuellement dans la région amplifie les défis de recrutement pour les municipalités.  Les municipalités vivent beaucoup de maraudage de la part du privé, mais également de la part d’autres municipalités. Pour M. Rondeau, il est donc nécessaire de s’arrimer rapidement aux réalités actuelles du marché et c’est le virage qu’il a entrepris avec Saint-Jean-de-Matha au cours des dernières années. La gestion des ressources humaines a été entièrement revue afin de mieux encadrer le personnel et assurer une stabilité au sein de l’équipe. Les contrats des cadres de même que les conventions collectives ont été revus. « Si on ne faisait rien, la boîte allait littéralement se vider» souligne le maire.  

Saint-Jean-de-Matha a également orienté son recrutement vers des candidats du milieu, qui sont moins susceptibles de quitter pour d’autres municipalités après avoir acquis de l’expérience. Le maire explique que la municipalité ne recherche plus nécessairement le candidat parfait au niveau de l’expérience et des compétences pour un poste, mais celui le plus susceptible d’y rester pour un certain temps.  

M. Rondeau croit cependant que la mobilité de la main-d’œuvre est maintenant une réalité chez les jeunes générations et que c’est aux entreprises et aux municipalités de s’y adapter. Conscient qu’il sera de plus en plus rare de conserver le même personnel sur une longue période de temps, il plaide pour l’élaboration d’une mémoire corporative au sein de la municipalité où l’information et les connaissances sont documentées et non plus seulement stockées dans la tête des cadres comme ça se fait souvent dans plusieurs milieux municipaux.  

Miser sur les attraits du milieu 

La Haute-Matawinie n’y échappe pas. La problématique semble toutefois moins importante que dans les municipalités du sud de la MRC, des municipalités comme Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints recrutent essentiellement de façon locale. Le principal défi reste le recrutement de la main-d’œuvre pour les industries en forte croissance dans le secteur. Réjean Gouin, maire de Saint-Michel-des-Saints, explique que sa municipalité mise sur les attraits du milieu et la qualité de vie pour attirer et retenir du personnel de qualité. «Ce qu’on peut offrir ici, c’est un milieu de vie axé sur la nature et le plein air. Beaucoup de gens recherchent ça. Notre nouveau directeur général en est l’exemple. Il a accepté un salaire moins avantageux pour venir vivre dans un milieu comme le nôtre.» 

M. Gouin est cependant conscient qu’avec le développement économique des prochaines années à l’afflux de travailleurs supplémentaires, les besoins de la municipalité vont probablement croître et le défi de main-d’œuvre dans l’appareil municipal risque de faire surface.  

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