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29 janvier 2019

Mélissa Blouin - mblouin@lexismedia.ca

Elle retrouve sa voix à travers le Krav Maga

Agression sexuelle et violence conjugale

©(Photo L'Action- Mélissa Blouin)

Jennifer Venne a développé une passion pour le Krav Maga et veut continuer de s’améliorer.

AUTODÉFENSE. En août dernier, Jennifer Venne a été agressée sexuellement par le meilleur ami de son conjoint de l’époque. Pour elle qui avait déjà vécu de la violence conjugale, tourner la page n’a pas été chose simple, mais elle s’est équipée. Grâce à la psychothérapie et au Krav Maga, elle retrouve peu à peu celle qu’elle était avant ces agressions et elle veut partager son histoire afin d’aider d’autres femmes.    

« Aucune femme au monde ne devrait avoir peur de parler ou avoir honte de ce qu’elle a vécu, jamais! J’ai décidé que je tournais la page en trouvant des bons outils pour moi qui me font travailler autant sur l’aspect psychologique que physique. » 

Jennifer a commencé les cours de Krav Maga, une technique d’autodéfense, en septembre et elle est tombée en amour avec le sport. « Ce n’est pas axé sur la compétition, mais sur des situations concrètes de la vie qui peuvent arriver n’importe quand. Comme les situations sont toujours différentes, il faut réfléchir rapidement et ça me vide la tête.»   

Au départ, elle a dû passer à travers un cheminement difficile puisque de se mettre ainsi en situation d’agressions lui faisait revivre les événements de son passé. Elle a commencé à faire des cours privés à Joliette, puis a intégré les cours de groupe en s’excluant toutefois de quelques exercices. « La semaine dernière nous devions faire face à des agressions par étranglement et j’ai trouvé ça très difficile. »  

Grâce à l’instructeur, Lucien Crelier, mais aussi aux autres élèves qui ont été très patients et compréhensifs, Jennifer est arrivée à faire la technique complète. « Oui, ça ramène des choses pas évidentes, mais ça permet de les nettoyer et d’y faire face. Parfois tu penses que tu es soignée à cause de la psychothérapie, mais il y a toujours des ombres, des résidus de peur, alors ça m’aide énormément», a ajouté la femme de 40 ans.      

Une grande différence 

Avant de subir de la violence conjugale, il y a environ cinq ans, Jennifer se définissait comme une tête forte. Par la suite, graduellement et sans s’en rendre compte, elle est devenue plus fragile et plus soumise. Elle ne se reconnaissait plus. « Pendant des années, je disais oui à des choses auxquelles j’aurais voulu dire non et j’endurais des conversations ou des situations dans lesquelles je n’étais pas bien. » 

Le Krav Maga l’a aidée à se retrouver et même à améliorer le caractère qu’elle avait avant ses agressions. « Maintenant, je n’endure plus longtemps. Si je ne suis pas bien dans une conversation, je vais juste m’en aller. Il y a beaucoup de notions qui se sont imprégnées dans ma tête dès le premier cours, comme le principe d’éviter les conflits.» 

M. Crelier a d’ailleurs expliqué que c’est ce qui fait la force du Krav Maga. « On analyse beaucoup l’évolution d’une agression, comment elle commence. Plus tôt tu arrêtes le problème, mieux c’est et on te donne les outils pour faire face à tous les problèmes. Peut-être que tu auras juste à faire une déviation et à t’éloigner ou peut-être que tu devras frapper dépendamment de l’ampleur de l’agression. »  

Il ajoute que dans beaucoup de cas, comme de l’intimidation chez les jeunes par exemple, le simple fait de crier «laisse-moi tranquille, ne me touche pas» peut suffire: « J’ai extrêmement de difficulté à juste faire parler mes élèves». 

«C’est vrai, ç’a été difficile pour moi aussi, mais j’ai retrouvé ma voix», conclut Jennifer.  

« On entend des histoires qu’on ne voudrait jamais entendre» 

Lors du dernier séminaire de Krav Maga pour femmes, quand l’instructeur a demandé qui avait déjà subi une agression, la moitié des mains se sont levées. « Et ça c’est sans compter celles qui n’ont pas osé lever la main, le problème est vraiment pire qu’on le pense», mentionne Lucien Crelier. Ce dernier travaille en collaboration avec l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) et dit recevoir un nombre d’appels ahurissant. « C’en est effrayant. Je commence à avoir peur et à désespérer des hommes. On entend des histoires qu’on ne voudrait jamais entendre.» Il souligne que le Krav Maga donne des outils de défense dans l’objectif d’éviter d’être figé par la peur lors d’une agression. Le sport vise seulement à aider ceux qui le pratiquent. « Les femmes sont toujours un peu plus motivées dans les cours, car elles savent malheureusement que tôt ou tard elles risquent de se faire agresser. »  

Commentaires

1 février 2019

Gilles Vermette

Bravo a toi. moi quand je pratique le Krav Maga avec une nouvelle élève et que je vois qu'elle n'y met pas tous son cœur. je lui chuchote a l'oreille " celui qui va vouloir te violer va avoir ma corpulence ou celle des autres homme du groupe, mieux vos que tu blesse l'orgueil de ton partenaire entrainement ou que tu te blesse mais que tu comprenne pourquoi et comment. pour ensuite dans une vrai situation passer de victime potentiel a rester une femme saine et sauf" Gilles IMI système Montréal

2 février 2019

Jennifer Venne

Merci Gilles pour ton commentaire. Effectivement, vaut mieux apprendre, et surtout comprendre, en exercice avec son groupe ou son instructeur, les signaux, les “warning” précédant les situations. J’apprends à analyser, à écouter mon intuition et surtout, sans être paranoïaque, à être vigilante.

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