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08 mai 2017

Caroline Morneau - infolanaudiere@lexismedia.ca

Être autonome malgré la déficience intellectuelle

Un immeuble à logements qui offre du soutien

©Photo TC Media - Caroline Morneau

ACCOMPAGNEMENT. Avant l'âge de 30 ans, Annik Jeannotte n'avait jamais quitté le foyer familial. Présentant une légère déficience intellectuelle, elle requiert de l'accompagnement au quotidien, mais sait se montrer autonome. Aujourd'hui, elle vit en appartement. Elle n'avait besoin que d'un petit coup de pouce pour voler de ses propres ailes.

Le concept de Défis-Logis Lanaudière est simple. L'organisme offre aux personnes présentant une déficience intellectuelle ou encore un trouble du spectre de l'autisme la possibilité d'avoir leur autonomie, tout en bénéficiant d'un accompagnement.  

Un bloc à logements situé sur la rue Marie-Curie à Saint-Charles-Borromée peut accueillir, depuis 2015, 11 résidents requérant du soutien dans leur quotidien. Chacun a son propre appartement.

Ce qui différencie l'immeuble des blocs réguliers, c'est la présence d'au moins un surveillant, 24 h sur 24, afin de répondre aux urgences. Des programmes de subvention auxquels Défis-Logis a accès permettent de réduire le coût des loyers. Et les locataires bénéficient, eux aussi, d'un coup de main du gouvernement.

« On est comme une petite communauté. Tout le monde s'entraide. Les résidents ont leur intimité, mais en même temps, ils bénéficient de l'accompagnement dont ils ont besoin. On les aide dans leurs tâches et on leur donne des outils qui favorisent leur débrouillardise », explique la coordonnatrice, Catherine Déry.

Annik, par exemple, dispose d'un calendrier personnalisé chez elle qu'elle peut consulter pour se rappeler sa routine chaque jour.

« Si on ne m'aide pas, je peux oublier des choses sur le feu. Je dois prendre des moyens pour ne pas oublier mes tâches de la journée », explique-t-elle, ajoutant qu'elle a aussi des contraintes sur le plan physique.

« De temps en temps, les intervenants passent voir les résidents pour s'assurer qu'ils ont à manger dans leur frigo ou encore que le ménage est fait. Juste pour dire qu'ils ne sont pas laissés complètement à eux-mêmes. Mais en même temps, ce sont des adultes qui ont leur liberté », témoigne à son tour Mme Déry.

Outre les appartements, l'immeuble comprend une salle commune avec une grande cuisine. Les locataires peuvent s'y rencontrer et manger en groupe ou encore participer à des ateliers organisés par les intervenants.

Souvent, des sorties sont proposées. Chacun est libre d'y prendre part ou non.

 « Il y a des cuisines collectives, fait valoir la coordonnatrice. S'ils le veulent, les résidents peuvent aller faire leur épicerie en groupe, avec des intervenants qui les aident à bien choisir leur nourriture. On essaie de les accompagner le mieux possible pour qu'ils s'alimentent bien et qu'ils développent de bonnes habitudes de vie. »

Voler de ses propres ailes

Annik a maintenant 32 ans. Elle a grandi avec ses parents à Saint-Jean-de-Matha, avant d'emménager à Saint-Charles-Borromée, en 2015, via l'organisme Défis-Logis. Bien qu'elle soit très proche de sa famille, elle ressentait le besoin de voler de ses propres ailes, et aussi, de se rapprocher de son fiancé.

« La transition a été difficile au début. J'entendais des nouveaux bruits quand je dormais et j'ai dû m'habituer à vivre sans mes parents. Mais maintenant, ça va bien, j'aime être dans le comité des résidents et aider les autres. »

En effet, Annik s'implique beaucoup auprès de ses camarades. En plus de faire partie du comité des résidents, elle participe au jardinage, durant l'été, et invente des recettes imagées pour aider ceux qui éprouvent des difficultés avec la lecture.

« J'ai de bonnes connaissances en cuisine. Les autres aiment venir me voir pour me demander de l'aide et des conseils. »

Selon Catherine Déry, le concept proposé par Défis-Logis est de plus en plus répandu au Québec, mais plutôt novateur dans le nord de Lanaudière. Les places sont limitées, toutefois.

« On a dû refuser beaucoup de personnes par manque de place. Et c'est certain qu'on ne peut pas prendre de cas lourds. Il reste encore du chemin à faire pour bien intégrer les personnes qui ont une déficience dans la société, mais on est sur la bonne voie. Ce sont des gens qui ont tellement à offrir quand on leur en donne la chance. »

Pour plus d'information: Defis-logislanaudiere.org.

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