Saint-Félix-de-Valois veut moins d’études et plus d’actions

La route 131 (Photo Médialo - Jason Joly)
La route 131 (Photo Médialo – Jason Joly)

Malgré des années de discussions et de rencontres, Saint-Félix-de-Valois se désole qu’aucune action concrète n’ait été entamée par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) pour accroitre la sécurité sur la route 131. L’accident impliquant deux véhicules et un autobus survenu le 10 septembre dernier a ravivé les inquiétudes. La Municipalité demande donc que l’organisation cesse de se concentrer sur les études et qu’elle passe à l’action.

« Nous les avons, les données! Nous voulons que les équipes se mettent en action pour qu’un projet soit déposé et que les fonds [nécessaires soient investis] », insiste Audrey Boisjoly, mairesse de Saint-Félix-de-Valois.

À la suggestion du MTMD, la Municipalité avait mandaté, en 2019, la firme WSP afin qu’elle évalue la fluidité de certaines intersections sur son territoire. Le travail des ingénieurs s’est avéré encore plus poussé : « Ils ont étudié tout notre territoire, pas seulement les routes du ministère des Transports. »

La firme a effectué des comptages à divers moments de la journée dans le but de connaitre le débit véhiculaire. Les intersections de la route 131 avec le chemin Barrette, la rue Principale (route 345) et le chemin de la Côte du Domaine (route 348) ont été identifiées comme plus passantes. Bien que la circulation y était fluide à l’époque, WSP projetait que des enjeux étaient à prévoir dans le futur. L’intersection avec le chemin Barrette a d’ailleurs été notée comme accidentogène par l’étude.

Mme Boisjoly explique qu’avec le développement de la municipalité et la croissance du nombre d’automobilistes, le débit en est impacté. Ce dernier a aussi un effet sur la sécurité puisque le risque d’accidents augmente avec une plus grande présence d’usagers sur les routes. En attendant plus longtemps aux intersections, ils peuvent devenir impatients et tenter des manœuvres impulsives ou dangereuses. « L’étude a ressorti qu’à Saint-Félix, les accidents étaient plus graves », rapporte la mairesse.

Recommandations

Avec toutes les données récoltées, WSP a élaboré quelques propositions pour améliorer la situation, telles que de réduire la limite de vitesse du nord du rang Frédéric au Metro.

La firme a également suggéré d’éliminer la bretelle en direction nord entre la route 131 et le chemin Barrette. Ces travaux auraient été moins couteux et auraient pu se faire rapidement pour régler une partie du problème. La Municipalité n’a toutefois pas suivi cette proposition puisque cela changerait ses plans imaginés pour l’aménagement de la voie de contournement espérée dans ce secteur. Saint-Félix-de-Valois désire plutôt implanter un carrefour giratoire à cette intersection, estimant qu’il contribuerait à conserver la fluidité de la circulation et à améliorer la sécurité routière.

La Municipalité souhaitait que le travail de WSP puisse convaincre le MTMD de prendre en compte les enjeux identifiés sur la route 131 et d’agir en conséquence. « On ne peut pas recevoir ce rapport et ne rien faire! », déclare Audrey Boisjoly. Elle soutient que le conseil est allé au-delà de son mandat en commandant l’étude puisque cette tâche aurait dû être prise par le Ministère : « Il est conscient depuis des années qu’il y a des accidents sur ses routes. Il reçoit des rapports, mais il n’est pas proactif. »

Alors qu’aucun projet prévu par le Ministère ne se dessinait à l’horizon, Saint-Félix-de-Valois a décidé de réaliser l’une des recommandations du rapport. En 2024, l’administration a envoyé une demande auprès de l’organisation gouvernementale afin de réduire la limite de vitesse de 90 km/h à 70 km/h sur une portion de la route 131. « Le Ministère a accepté cette demande, mais c’est la seule action qu’il a prise », note Mme Boisjoly.

Par la suite, la mairesse a multiplié les discussions avec des représentants du MTMD et la députée de l’époque, mais elle déplore que rien de concluant ne soit sorti de ces échanges. L’accident survenu le 10 septembre a ravivé ses inquiétudes par rapport aux enjeux qui touchent à la 131. « C’est dommage puisque j’ai l’impression que ça prend toujours un événement grave pour peut-être faire bouger les choses », confie Audrey Boisjoly.

L’élue affirme en terminant qu’elle continuera de faire pression et de sensibiliser le Ministère à l’urgence d’agir sur cette route pour éviter que d’autres incidents malheureux du genre ne se reproduisent.

Des interventions nuiraient à la fluidité selon le Ministère

 Questionné à savoir si des projets sont prévus à moyen ou long termes à l’intersection de la 131 et du chemin Barrette, le ministère des Transports et de la Mobilité durable confirme que non. La raison est que d’ajouter des arrêts ou de changer la signalisation en place viendraient nuire à la fluidité de la circulation.

Nathalie Nolin, qui agit comme porte-parole de l’organisation, indique que cette décision résulte d’études poussées, et notamment d’une grande analyse réalisée en 2025 qui visait à étudier la route 131 dans son ensemble.

Durant ces travaux, l’intersection avec le chemin Barrette a été prise en compte. « Nous admettons qu’il y a un défi de circulation pour les usagers qui sont en provenance du chemin Barrette et qui souhaitent accéder à la 131 en direction sud », informe Mme Nolin. Elle nuance toutefois que le Ministère ne considère pas cette jonction comme accidentogène : « Le taux d’accidents à cette intersection est inférieur à la moyenne des routes similaires. Nous nous basons sur des données et elles nous disent que la sécurité n’y est pas compromise. »

La porte-parole rappelle qu’une mesure a toutefois été entreprise par le Ministère en acceptant la demande de Saint-Félix-de-Valois afin de réduire la limite de vitesse dans ce secteur. « Donc, il y a quand même eu des changements pour répondre à cet enjeu et à la demande de la municipalité », souligne-t-elle.

Pour ce qui est de l’implantation d’un carrefour giratoire à l’intersection, Nathalie Nolin indique que cette option n’a pas été confirmée : « Nous ne partons pas à l’avance avec une idée préconçue. Nous faisons une analyse et nous essayons de voir toutes les solutions et la meilleure est choisie par rapport à la sécurité et au débit de circulation. »

Ainsi, au-delà de l’abaissement de la vitesse, le Ministère ne planifie aucun autre projet concernant la configuration de l’intersection.

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