Rencontre citoyenne avec les candidats au Centre communautaire de Val-des-Lacs 

  • Publié le 28 sept. 2026 (Mis à jour le 28 sept. 2026)
  • Lecture : 17 minutes
Emmanuelle Verschaeve
Nataël Bureau (QS), France-Élaine Duranceau (CAQ), Alexandre Girard-Duchaine (PQ) et Felipe Morales (PLQ), candidats de Bertrand ont répondu aux questions des citoyens lors d’une rencontre à Val-des-Lacs. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve 
Nataël Bureau (QS), France-Élaine Duranceau (CAQ), Alexandre Girard-Duchaine (PQ) et Felipe Morales (PLQ), candidats de Bertrand ont répondu aux questions des citoyens lors d’une rencontre à Val-des-Lacs. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve 

Les municipalités de Val-des-Lacs et de Sainte-Lucie-des-Laurentides ont organisé, le 22 septembre dernier, une rencontre citoyenne avec les candidats aux élections provinciales de Bertrand. Les résidents de la circonscription étaient invités à soumettre leurs questions avant l’événement, dont plusieurs concernaient la protection de l’environnement. 

 

  • Comment comptez-vous reconnaître et appuyer la mobilisation exceptionnelle des organismes et des citoyens bénévoles qui travaillent depuis des années pour la conservation du territoire? 

France-Élaine Duranceau : « C’était une idée de notre gouvernement la protection de 30 % du territoire. Entre 2018 et 2026, on est passé de 10 à 18 % de protection, on est en ligne pour l’objectif de 30 % d’ici 2030. Je peux juste vous dire que je vais continuer ce que j’ai fait. J’étais à la soirée au Far Hills à Val-Morin quand le projet a été annoncé. Effectivement les Laurentides sont la région qui a déposé le plus de projets. Très concrètement, le mont Kaaikop à Sainte-Lucie était un endroit qu’on voulait protéger. Il y avait un comité bénévole qui s’est donné pendant des années et je les ai appuyés. Val-des-Lacs, qui cherche à faire reconnaître les terres publiques comme des aires protégées aussi. Ce qu’un député peut faire sur le terrain dans des dossiers comme ça, c’est d’appuyer les équipes locales, de faire le lien avec les ministères et de s’assurer que les choses avancent. Ma marque de commerce, c’est que quand je décide que je me mêle d’un dossier, c’est que je fais avancer les choses. C’est bien rare que j’ai un ‘Non’ comme réponse et ça me prend des raisons valables pour qu’on me réponde ‘Non’. Donc je vais continuer. » 

 Alexandre Girard-Duchaine : « Effectivement, il faut qu’on travaille notre terrain et il faut reconnaître le travail qui vient des groupes au lieu de recommencer toutes les démarches à Québec. […] On met un accent particulier sur la biodiversité du Sud du Québec, on est conscients des projets (40) qui ont été déposés dans la région. C’est majeur, c’est un élément distinctif et il faut bien sûr en prendre soin. Pour le projet de Val-des-Lacs, je vous garantis que si je suis élu député, je vais m’asseoir avec la municipalité et on va travailler fort pour pousser le dossier le plus loin qu’on peut et on va obtenir des résultats. Il faut soutenir les projets de conservation et intégrer la biodiversité. C’est une richesse à léguer aux prochaines générations et on va y arriver ensemble. » 

Felipe Morales : « Je suis content que Mme Duranceau ait mentionné son travail pour Kaaikop. En 2012, j’ai représenté la coalition du mont Kaaikop et on a obtenu une injonction pour arrêter le sciage. Je partage les mêmes intérêts et les mêmes objectifs qu’Alexandre et Mme Duranceau et je compte représenter (ces sujets) avec la même intensité et la même férocité avec laquelle je les ai représentés en cour. » 

Nataël Bureau : « On a un objectif similaire à Québec Solidaire qui est de protéger 30 % du territoire du Québec et 30 % au sein de chacune des régions. Présentement, on voit de super beaux paysages, c’est une richesse, une forme de patrimoine qui participe à la qualité de vie de tout le monde. Je pense que c’est quelque chose qu’on doit protéger et ça doit se faire avec les acteurs locaux. Il y a un truc qui m’est cher dans la circonscription, c’est l’accès aux lacs et aux rivières. Souvent il y a des gens qui ont malheureusement acheté la maison du mauvais côté de la rue et qui n’ont pas accès à un lac. Les lacs au Québec sont 100 % publics, mais l’accès ne l’est pas. C’est une question d’équité. Les Laurentides sont une ancienne région de colonisation et je pense qu’on peut travailler pour favoriser l’accès à tout le monde sans faire n’importe quoi bien évidemment pour protéger nos lacs. Présentement j’ai accès à un lac et je pense que tout le monde devrait pouvoir en bénéficier, qu’il soit au centre du village ou au bord de l’eau. » 

  • Le gouvernement du Québec travaille depuis plusieurs années à l’élaboration d’une nouvelle cartographie des zones inondables reflétant davantage la réalité. Quelles actions concrètes proposez-vous pour mieux préparer le territoire, les municipalités et les citoyens aux changements climatiques? Êtes-vous favorables à une divulgation rapide et transparente de cette nouvelle cartographie des zones inondables afin de mieux préparer les municipalités? 

Alexandre Girard-Duchaine : « Sur la divulgation de la cartographie, c’est oui à une divulgation rapide et transparente. Actuellement le problème c’est que les municipalités sont informées après l’acceptation ministérielle, donc je pense ce sera une approche différente du gouvernement actuel. Concernant les changements climatiques, on va financer adéquatement les programmes contre l’érosion des berges entre autres choses, reconnaître les forêts, les milieux humides, les berges végétalisées comme des infrastructures naturelles qui nous permettent d’affronter les changements climatiques et d’intégrer davantage les risques climatiques dans l’aménagement de notre territoire. » 

Felipe Morales : « Sur la question de la cartographie, je suis d’accord avec Alexandre, car c’est une information vitale. Pour ce qui est des changements climatiques, nous allons prendre le programme québécois des infrastructures, nous allons doubler la quantité pour les municipalités pour qu’il y ait plus de ressources et nous allons investir pour que 80 % de ce programme soit dédié au maintien et à la réparation notamment des barrages. C’est indispensable que ces infrastructures soient adaptées aux changements climatiques. » 

Nataël Bureau : « Les changements climatiques m’inquiètent. L’année passée je ne savais même pas si j’aurai assez d’eau dans mon puits. Avec les feux de forêt, on n’était plus capables de respirer. Je pense qu’il faut prendre des mesures ambitieuses pour régler ça. On veut mettre un fonds de 500 M$ pour aider les municipalités à réparer leurs infrastructures, parce que la question n’est pas SI ça va arriver, mais QUAND ça va arriver. Il va y avoir des vies en jeu, alors il faut absolument se préparer. Il faut absolument être transparent et divulguer l’information. » 

France-Élaine Duranceau : « Concernant les cartes, on s’est engagé à les rendre publiques d’ici la fin 2026. On a manqué de temps en juin, mais on travaille ça pour finir d’ici la fin de l’année.  

C’est beau de s’inquiéter, on s’inquiète tous. C’est beau de promettre plein de choses, mais il faut financer. L’ancien fonds vert des libéraux est devenu le fonds pour les changements climatiques. Il y a 1,3 milliard là-dedans (construire des aqueducs, des berges…). Ce fonds est financé avec la taxe carbone. La même taxe carbone que le PQ veut couper. Pour moi c’est correct, mais il faudrait qu’il nous explique comment ils vont financer les belles mesures dont ils nous parlent. Je veux juste attirer votre attention là-dessus, parce qu’il faut bien prendre l’argent quelque part. L’autre chose c’est que les infrastructures c’est majeur. On est allé chercher de l’argent au fédéral ce qui va nous permettre d’avancer. Malheureusement ce que propose le PQ, il va falloir y réfléchir. Si on décide de se séparer, puis de se chicaner et montrer à tout le monde que ça ne fonctionne pas avec le fédéral, il va y avoir des répercussions sur le terrain. Il faut donc l’avoir en tête si on veut être pleinement transparent. » 

  • Quelles actions proposez-vous pour protéger les lacs, les cours d’eau et les milieux humides et soutenir de façon durable les citoyens et organismes qui travaillent à leur préservation? 

Felipe Morales : « Nous allons doubler le programme d’infrastructure dédié aux municipalités pour qu’elles aient plus de ressources. Je veux être certain que les municipalités aient leur juste part, mais aussi voir les mesures à prendre pour nettoyer les embarcations, pour faire des études scientifiques et faire les réparations nécessaires. » 

Nataël Bureau : « Je pense qu’il faut faire preuve de sensibilisation auprès de la population pour ces enjeux-là, parce qu’on parle des embarcations, mais ça va jusqu’au matériel de pêche. C’est souvent une chose que les gens ne connaissent pas et dans une optique de protection du territoire et d’accès au lac, on va pouvoir mettre des fonds et du soutien pour donner de l’information à ce niveau-là. On aimerait beaucoup donner du soutien à des organismes de transition écologique. On parle de 30 %, mais ça passe aussi par l’information à travers des comités citoyens. »  

France-Élaine Duranceau : « C’est une préoccupation et on a créé le fonds bleu pour ça, 500 M$ pour 2023 à 2028 pour soutenir les différents organismes sur le terrain. Loin de nous l’idée de vouloir centraliser ça au ministère de l’Environnement au contraire. Les gens sur le terrain, les bénévoles sont souvent les mieux placés pour intervenir. 40 organismes ont reçu une somme totale de 10 M$ et on a dit que l’on continuerait de les soutenir. Mes collègues l’ont dit et je suis d’accord là-dessus. Un exemple concret que j’ai soutenu : le projet du lac Papineau; on s’est occupé des suivis entre les ministères, parce que ce n’est pas toujours fluide et c’est le rôle d’une équipe de conté, donc du député de faire arriver les choses. » 

 Alexandre Girard-Duchaine : « Je pense que vous êtes venu chercher des réponses , alors je ne chercherai pas la chicane, je parlerai pas du référédenum et pour ce qui est de la taxe carbone, je voulais dire que c’est un gouvernement du PQ en 2012 qui a introduit le Québec avec le marché du carbone, alors je pense que Mme Duranceau va devoir faire ses devoirs. L’environnement est une partie de notre économie qui compte trois étapes : prévenir, mesurer, intervenir. Le myriophylle est déjà présent dans une quarantaine de lacs des Laurentides. On a un plan très détaillé à cet égard-là : rendre permanent le financement des infrastructures municipales, accorder davantage la priorité à l’entretien préventif, mieux protéger les sources d’eau potable, développer les outils régionaux. Le parti propose des redevances payées par les grands préleveurs industriels -désolé pour Olivier Primeau – parce que ces gens-là qui puisent notre eau propre et potable doivent être taxés. C’est notre richesse naturelle et on en a besoin. Concernant les milieux humides, les berges, les forêts sont des infrastructures naturelles très importantes. Notre engagement est toujours clair 30 % de conservation d’ici 2030. » 

  • Quelles actions concrètes mettrez-vous en place pour répondre aux besoins des familles [coût de la vie, logement] et à ceux des aînés qui souhaitent demeurer le plus longtemps possible dans leur maison? 

Nataël Bureau : « Pour les ainés, on propose du soutien à domicile pour que les gens restent chez eux le plus longtemps possible. On veut aussi favoriser le programme pour l’adaptation des maisons pour les personnes en perte de mobilité. Pour le coût de la vie en général, on propose un réseau d’épiceries publiques y compris dans des endroits qui ne sont pas nécessairement bien desservis pour pouvoir faire concurrence aux oligopoles. Pour le logement, on veut mettre de l’avant deux choses: augmenter la quantité de logements sociaux (50 000 durant 4 ans, dont 350 pour la circonscription de Bertrand); pour les plus jeunes, on voudrait amener un programme participatif de l’état pour aider les premiers acheteurs. » 

France-Élaine Duranceau : « On a annoncé la politique nationale de soutien à domicile le 29 janvier dernier. Les gens veulent vieillir chez eux et recevoir des soins à domicile, alors on s’est engagé à bonifier d’un million d’heures ces soins-là. Ensuite, l’accès aux soins en première ligne : si on veut rester dans notre village et qu’on est loin des grands centres, on veut avoir accès à des soins de proximité. L’entente GMF qu’on a conclue va dans ce sens. Notre entente avec les médecins omnipraticiens va aller dans ce sens également. On veut poursuivre le décloisonnement des professions, en offrant aux pharmaciens, aux infirmières, aux paramédics de pouvoir poser certains gestes médicaux. Les places en garderie sont importantes aussi. On en parlait au dernier mandat et on a livré ça à Sainte-Lucie, à Sainte-Agathe, Saint-Donat, Chertsey, Sainte-Adèle. » 

Alexandre Girard-Duchaine : « Notre approche est de permettre aux gens de rester dans leur communauté qu’ils aient 30 ans ou 80 ans. Dans la MRC des Laurentides, plus de 31 % de la population a plus de 65 ans. Le défi est à la fois dans les services et dans l’immobilier. La valeur foncière d’une maison unifamiliale est plus de 485 000 $ dans la MRC. Au 2e trimestre 2026, Ste-Agathe a été l’un des endroits au Québec où l’augmentation du prix a été le plus importante. Pour les ainés, le PQ propose une hausse de 50 % du budget pour les soins à domicile. Il faut arrêter d’investir dans la brique puis le béton et investir dans des soins. On veut bonifier le programme d’adaptation de domicile pour des maisons intergénérationnelles à hauteur de 10 M$ pour des subventions qui pourraient atteindre 10 000 $. On veut simplifier le crédit d’impôt pour l’accès aux services. Pour demeurer dans son village, il faut ajouter des services, des logements. La cible : 20 000 logements sociaux, 10 000 places en CPE sur 4 ans. » 

Felipe Morales : « Pour le parti libéral, notre chef a déjà annoncé que le meilleur endroit pour vivre et vieillir, c’est sa maison. Il annoncé 700 millions de plus pour le soutien à domicile. 80 millions sur 4 ans pour l’adaptation du domicile et élargir le programme d’aide à domicile. Pour ce qui est des familles, nous avons proposé de faire rembourser 36 % de la TVQ sur une maison neuve qui peut aller jusqu’à 10 000 $ et 30 000 $ pour les gens qui vont bâtir en multiplex. On veut aussi bonifier le régime québécois d’aide aux parents jusqu’à deux semaines pour que les jeunes familles qui s’établissent ici puissent avoir plus de temps avec leurs enfants et nous nous engageons à bâtir 100 000 nouveaux logements, dont 40 000 logements sociaux abordables. On veut rassembler les gens, réparer les routes, les infrastructures, bâtir des écoles et agrandir notre Centre de service pour ça redevienne un Centre hospitalier à Sainte-Agathe. » 

  • Les citoyens demandent une meilleure contribution à la vitalité de notre région notamment les propriétaires saisonniers qui souhaitent une plus grande participation. Comment répondez-vous à cette question ? 

France-Élaine Duranceau : « Pour moi, c’est davantage une question locale, parce que si on parle de résidents saisonniers, c’est par rapport à la municipalité dans laquelle les gens se trouvent. Moi comme députée, peu importe, mon rôle est de vous écouter et de vous aiguiller en recommandant par exemple des organismes, parce que j’ai un réseau. »

Alexandre Girard-Duchaine : « On doit reconnaitre que la vitalité de notre région repose sur toutes les personnes qui y contribuent. D’ailleurs, ce soir vous en êtes la preuve, vous contribuez par votre présence. Il faut avoir une bonne capacité d’écoute, être présent, travaillant, je ne cherche pas une médaille de député, c’est un permis de travail que je veux avoir. Chaque année, je veux faire un bilan du député, qui va être public répertoriant toutes les actions que j’ai faites. On va faire une assemblée citoyenne une fois par année on va inviter tous les électeurs pour permettre de les rencontrer. » 

Felipe Morales : « J’ai pris trois engagements de mon parti : rassembler, réparer, bâtir. Pour rassembler, je vais suivre l’exemple de Doug Ford, je vais donner mon numéro à tout le monde et je vais répondre à tous les appels. Je vais être présent souvent, une fois par année comme dit Alexandre, ce n’est pas suffisant selon moi. J’ai pris l’engagement accepté par mon parti de réparer la 117, la 329 et la route de Val-des-Lacs. Je vais travailler sans cesse pour que notre centre de service à Sainte Agathe redevienne efficace. J’ai eu une appendicectomie en 1988, j’ai été traité la nuit même et opéré le lendemain. L’année dernière, ma sœur a eu la même chose et elle a dû attendre trois jours sur le Fentanyl. C’est inacceptable et je veux croire que je suis capable de changer ça. » 

 Nataël Bureau : « Une bonne avenue pour les résidents saisonniers, c’est au niveau de la démocratie municipale et de faire en sorte qu’une bonne partie des budgets soient soumis à une participation aux affaires municipales que les gens soient là de manière permanente ou non. » 

  • Beaucoup de travailleurs temporaires travaillent dans notre région, participent activement à la vie de la région et souhaitent s’y établir de façon permanente. Qu’en est-il de ces travailleurs qui veulent rester et qui contribuent à la vitalité économique et sociale de la région? 

Alexandre Girard-Duchaine : « Au PQ, on veut une réduction globale de l’immigration temporaire et des seuils plus bas. Ceci dit, on veut sélectionner prioritairement les futurs immigrants économiques permanents parmi les travailleurs et étudiants temporaires qui vivent déjà au Québec et on veut remplacer les permis liés aux employeurs par des permis régionaux et sectoriels, ce qui serait tout à fait pertinent pour la région, car on a besoin de cette main-d’œuvre. On a besoin de mieux accueillir et intégrer nos gens, mieux répondre aux besoins notamment en logement, en français, en services publics et aussi en main-d’œuvre. On va donc s’assurer de mettre en place progressivement notamment la dépendance permanente à cette main-d’œuvre par davantage de productivité, d’automatisation, de robotisation lorsque c’est possible. On a besoin de mieux cibler les besoins et on pense qu’on va y arriver de manière humaine. On ne remet pas en question les personnes, c’est le modèle qu’on souhaite mettre de l’avant pour le faire de manière responsable au Québec. » 

Felipe Morales : « Excuse-moi Alexandre, mais ce que tu dis est impossible. Comment tu vas accepter des gens en réduisant les seuils et je te parle comme avocat d’immigration que je suis. Excusez Mme Duranceau, mais votre parti a toujours dit on va prendre moins pour en prendre soin, ce n’est pas vrai. Votre parti a tenu un discours de faire peur aux gens, que les immigrants ne vont pas s’intégrer, vont pas apprendre à parler français. Je suis la preuve vivante que l’immigrant est capable de s’intégrer en tout cas j’espère que vous le pensez. Le Parti libéral a déjà pris l’engagement de monter le seuil et on va faire rayonner le français et faire un Québec plus prospère et plus fort avec des gens issus de l’immigration. On va renverser le programme désastreux de la cancellation du programme d’expérience québécoise que la CAQ a annulé de façon arbitraire et cruelle. Plusieurs personnes, dont des enseignants, des infirmières, des médecins ont dû retourner en France et dans d’autres pays parce que c’était annulé. Le PL, avec confiance est capable de faire cette intégration. » 

Nataël Bureau : « Je crois qu’il faut favoriser l’intégration de l’immigration permanente, remettre en place le PEQ, mais de façon permanente; actuellement il est ouvert de façon temporaire après avoir été fermé. Nous on parle de créer un PEQ région pour régionaliser l’immigration, car il y a un besoin criant de main-d’œuvre depuis des années en région et avec la francisation et un bon accompagnement on va pouvoir les intégrer à la société. En reconnaissant leurs diplômes, on va les mettre tout de suite au travail et c’est par le travail qu’on s’intègre. L’immigration, c’est utile et nécessaire, on n’a pas assez de croissance démographique. On considère souvent l’immigration, excusez-moi l’expression, mais comme du bétail. C’est des êtres humains et j’ai vu des familles pleurer parce qu’on a fermé le PEQ, alors qu’ils voulaient s’installer. Je suis content que le programme soit de nouveau ouvert, mais il faut éviter que ce genre de drame se reproduise. » 

France-Élaine Duranceau : « L’immigration est essentielle et encore plus en région. Ça prend un équilibre entre la protection de la langue le français qu’on veut conserver, notre capacité d’accueil et de l’autre côté notre besoin de main-d’œuvre. Il faut prioriser l’immigration en fonction de nos besoins. La clé, c’est la francisation, la régionalisation. En 2018 on était à 18 % de régionalisation et en 2025 à 36 %. On n’est pas d’accord sur les seuils : le libéral c’est la porte ouverte à tous et le PQ, ce n’est pas crédible sur un plan économique; pour un gars qui vient de la chambre de commerce (Alexandre Girard-Duchaine), il y a un paquet d’entreprises qui vont avoir des enjeux avec ça. Pour ce qui est du PEQ, il a été reconduit deux ans et il y a un nouveau programme, le PSTQ qui va permettre de prioriser l’immigration en fonction de ceux qui sont déjà ici, qui parlent déjà français et qui répondent en priorité à nos besoins sur le plan économique. A la CAQ, on essaie d’avoir une approche pragmatique et non dogmatique. » 

  • Avec l’intérêt croissant pour les minéraux critiques, la réforme du régime forestier, les projets énergétiques et l’accélération des processus d’autorisation, quelles limites êtes-vous prêts à imposer afin de protéger les zones habitées, les sources d’eau potable, les écosystèmes sensibles et la santé des citoyens et comment comptez-vous assurer une consultation significative des communautés concernées par ces projets? 

Nataël Bureau : « J’aborderai deux sujets à ce niveau-là : la foresterie et la minière. La foresterie peut être un secteur d’avenir si c’est fait de manière durable, si on investit pour pouvoir travailler le bois localement au lieu de le prendre aux EU et créer des emplois tout en respectant l’environnement. Ça va se faire en partenariat avec les différentes régions, les municipalités et surtout les Premières Nations. C’est très important. On veut absolument interdire le droit de remblayer des lacs. Il y a eu des autorisations pour y mettre des résidus miniers. Une fois que c’est fait, le lac est fini pour toujours. On va moderniser la loi sur les minières, puis on va travailler au niveau des redevances des minières. On va investir ces sommes-là dans les services publics, puis dans la protection de l’environnement et surtout dans les milieux d’où on extrait ces ressources-là. » 

France-Élaine Duranceau : « Le Québec est la juridiction dans le monde où les règles sont les plus rigoureuses par rapport à l’environnement. Donc, quand on parle d’accélérer des projets, il faut réduire des délais administratifs. C’est important qu’il y ait un équilibre dans tout ça et c’est surtout important de consulter en amont la population. Il faut s’assurer de la santé de la population que le milieu habité ne soit pas touché. C’est une ligne rouge à ne pas franchir représentant les conditions de base. Ensuite il faut s’asseoir ensemble et comprendre ce que les différents partis ont à proposer. Moi, peu importe, je représente les projets de Bertrand. Mon rôle est d’écouter ce que mes citoyens ont à me dire et de faire valoir leur opinion au gouvernement du conseil des ministres afin d’assurer qu’ils sont entendus. » 

 Alexandre Girard-Duchaine : « On va féliciter Mme Lacasse la mairesse ( de Val-des-Lacs) parce qu’on a fait un gros pas ce soir parce que j’ai rencontré la coalition au lac Sabine avec le maire Joé Deslauriers à Saint-Donat qui attendent des nouvelles depuis des années. Je suis content de savoir qu’ils vont pouvoir compter sur Mme Duranceau pour la suite des choses. 

Pour la forêt, le gouvernement a lui-même reconnu qu’une réforme était nécessaire l’avait déposée en avril 2025 et elle n’a jamais été adoptée. Le PQ propose de reprendre le travail avec les régions et les Premières Nations et de déposer un nouveau régime forestier avant fin 2027. Pour les mines, on propose que 10 % des redevances minières soient retournées aux régions productrices. On parle de 48 millions de dollars par année. Globalement, notre plan environnemental prévoit que la biodiversité demeure un critère de décisions publiques on veut que les régimes forestiers reposent davantage sur la gestion écosystémique, l’adaptation climatique, les droits autochtones ainsi que davantage d’informations sur les autorisations environnementales pour qu’elles soient rendues publiques. Ligne rouge : santé publique, eau potable, évaluation scientifique des impacts, protection des milieux écologiquement sensibles, respect des lois des Premières Nations et consultation des communautés avant que la décision soit pratiquement irréversible.» 

Felipe Morales : « C’est sûr que je suis d’accord avec tout ce que disent les autres candidats, mais je vais traiter avec vous l’autre côté de la médaille. Dans les prochaines années, on va être appelé à revoir notre modèle économique parce qu’il y aura des changements. Pour moi on vit dans un paradis qu’on va garder tel quel. Mais je ne veux pas vous mentir en vous disant qu’il y aura de la pression, qu’il n’y aura pas des gens pour pousser leurs intérêts. Vous pouvez être certains que je vais me battre comme mes collègues ici pour défendre toutes les valeurs. » 

  • Vous n’êtes pas préparés à cette question, mais que pouvez-vous faire pour aider la grande pauvreté et l’itinérance? 

Felipe Morales : « Le parti a pris un engagement de verser 60 M$ pour pallier l’itinérance. Nous voulons bâtir des logements abordables. On veut rémunérer les stages pour que les gens qui vont travailler dans les endroits publics soient payés. On veut aussi aider les ainés à rester à domicile ce qui va réduire leurs frais et créer et créer de l’emploi pour la personne qui va s’en occuper. Une approche solidaire et communautaire pour travailler ensemble et réduire les coûts. » 

Nataël Bureau : « On veut mettre en place un ministère de l’Itinérance pour avoir une approche concertée avec toutes les ressources publiques pour s’attaquer à ce problème-là. Pour les organismes communautaires, on a toujours dit qu’on voulait mettre de l’avant leur travail plutôt que de rendre des comptes à l’état. La majorité des personnes en situation de pauvreté et d’itinérance le sont actuellement pour des raisons économiques. J’en ai vu ici qui dorment dans leur voiture. C’est des problèmes de logement, de coût de la vie et on veut mettre en place 25 000 logements sociaux, 25 000 retirés du marché privé, c’est 350 unités à Bertrand. Je suis convaincu que c’est insuffisant, mais c’est un bon pas dans la direction pour un premier mandat. C’est quelque chose sur quoi on doit travailler tous ensemble. Ça me touche beaucoup et ça peut arriver à tout le monde. » 

France-Élaine Duranceau : « Je vais répondre plus spécifiquement pour le comté. S’il y a un projet dont je suis fière, c’est le projet de LA HUTTE qui va voir le jour à l’automne prochain à Sainte-Agathe parce que quand j’étais ministre de l’Habitation, je constatais qu’il y avait de l’itinérance dans la région. Ce n’est pas tout le monde qui a voulu embarquer dans ce projet-là et j’ai réussi à rallier les gens. Il y avait un problème, je l’ai pris à bras le corps et l’année prochaine il va être réglé avec des gens du communautaire hyper compétents qui s’occupent de LA HUTTE à Saint-Jérôme, un modèle qui fonctionne très bien et j’ai hâte de savoir ce que mon collègue du PQ va en dire parce qu’on n’a pas eu la chance de parler de ce projet-là. Plus globalement, notre gouvernement a augmenté entre 2018 et 2026 de 1 G$ à 2,2 GS$ les sommes aux groupes communautaires. Je suis toujours restée à l’écoute pour soutenir les banques alimentaires et les organismes communautaires. Dans une société comme la nôtre où on a un large filet social, je pense que ces situations-là ne devraient pas arriver et il faut être dans l’action. » 

Alexandre Girard-Duchaine : « Je vais vous répondre tout de suite Mme Duranceau; je n’ai pas envie de faire de la politique ultra partisane sur un sujet qui est profondément humain. Bravo pour LA HUTTE, c’est une ressource qui était absolument nécessaire dans notre région et je suis capable de dire que c’était nécessaire parce que l’itinérance a tellement augmenté dans les huit dernières années que la réalité c’est qu’on en avait vraiment besoin. Alors tant mieux, c’est une ressource qui arrive. Ceci dit, le coût de la vie augmente et il y a un paquet de promesses. Tout le monde promet beaucoup de choses, mais il faut revenir à l’essentiel : aux services publics, à se loger, à se nourrir. Nous on promet 100 M$ pour l’aide et la sécurité alimentaire. Je ne peux pas accepter comme citoyen et comme candidat du PQ qu’il y a un enfant sur deux qui rentre à l’école en disant ressentir la faim. C’est beau de couper des rubans, mais il faut investir dans les soins, dans les gens. Ce n’est pas moi qui invente « Le communautaire à boutte », ça fait des années qu’ils se battent pour avoir du financement stable. Peut-être que le financement a augmenté, mais clairement pas au niveau des besoins et au financement stable, récurrent et à la mission. Pour ce qui est de l’itinérance, notre chef Paul St-Pierre Plamondon a clairement dit que c’est le premier ministre qui allait porter ça à bout de bras avec cœur et conviction. »  

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